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Breguet - Les codes esthétiques de Breguet

Breguet Les codes esthétiques de Breguet

Voici un tour d'horizon détaillé de certaines des caractéristiques les plus emblématiques des montres Breguet, qui doivent leur existence à leur fondateur.

L'adjectif « intemporel », volontiers utilisé pour qualifier le design dans nombre de domaines, pourrait sembler inadapté à l'horlogerie qui produit des objets répondant à la définition de garde-temps. Cela dit, en ce qui concerne Abraham-Louis Breguet, fondateur de la marque éponyme, on peut sans hésiter parler d'esthétique hors normes, raffinée comme jamais dans l'histoire horlogère. Sa vision d'esthète a engendré des créations qui ont traversé deux siècles sans prendre une ride, en préservant tout ce qu'elles avaient de dynamique et d'essentiel. Mieux encore, ces choix esthétiques ont été mis à l'honneur — adoptés, imités ou copiés — par d'innombrables élèves et concurrents. Le vocabulaire artistique initié par le maître s'est souvent avéré si puissant que les suiveurs n'ont pas cherché à cacher leur source d'inspiration, bien au contraire ! Le nom de Breguet est cité en référence et les désignations de « chiffres Breguet », « aiguilles Breguet » et « cadrans Breguet » sont passées dans le langage horloger.

Malheureusement, nous manquons de traités, notes ou esquisses pour connaître avec précision les mécanismes de pensée qui ont présidé au développement de ses multiples signatures. Nous disposons cependant de quelques éclairages publiés dans ce qui est sans doute le tout premier des catalogues horlogers daté de 1822. Intitulé « Horlogerie pour l’usage civil, chronomètres portatifs, horloges marines et astronomiques, et autres instruments d'observation », il décrit en détail les modèles alors proposés à la clientèle d’Abraham-Louis Breguet. Le préambule nous donne un aperçu de sa philosophie en matière de design :

« L'élégance des formes, le choix et la proportion des filets ou moulures, l'effet de l'arrondi des bords de la boîte et du cristal méplat, la délicatesse du guilloché des cadrans et la légèreté des aiguilles, l'opposition du mat au brillant métallique, qui distinguent nos pièces, ne pouvaient être rendus par la gravure du trait et par le dessin géométral, toujours peu flatteurs. » Tout est de première importance dans les créations : l'élégance, le sens des proportions, la délicatesse et le raffinement.

Les aiguilles Breguet

Il est extraordinaire de rencontrer une telle sensibilité, propre à révolutionner les normes de son temps et à s'en éloigner radicalement. Prenons l'exemple des aiguilles « à pomme ». Aujourd’hui, c’est évident, tout le monde qualifie ce type d'aiguilles d'« aiguilles Breguet ». À l’époque, on avait coutume d'équiper les garde-temps d'aiguilles massives et très élaborées, de style baroque. De fines aiguilles en acier bleui ou en or, dotées d'une sphère délicate excentrée vers l’extrémité, représentaient un bouleversement complet des conventions. Dès lors que ce design fut créé par Abraham-Louis Breguet, ni lui ni son fils ne s’en écartèrent jamais.

Classique Chronométrie Ref. 7727

Classique Chronométrie Ref. 7727 © Breguet

Les motifs guillochés

S’il est vrai qu'Abraham-Louis Breguet n'a pas inventé le guillochage – il était déjà très apprécié et utilisé pour agrémenter une grande variété d'objets, y compris des pièces en bois –, il fut néanmoins le premier à le transposer sur le visage d'un garde-temps. Comme affirmé dans son catalogue, l'exécution de motifs guillochés impliquait une véritable « délicatesse ». 

Breguet No. 3448, vendue le 12 juillet 1820.

Breguet No. 3448, vendue le 12 juillet 1820. © Breguet

Réalisés sur des cadrans en argent ou en or, ces décors avaient deux raisons d'être pratiques : d'une part, ils amélioraient la lisibilité ; d'autre part, avec des motifs variés, ils pouvaient délimiter différentes zones ou secteurs pour l'affichage des indications de la montre. De plus, la subtilité des motifs guillochés permettait l'utilisation des aiguilles fines et sobres dites Breguet, le contraste entre elles et le cadran s'avérant pleinement suffisant.

Le cadran et les chiffres Breguet

Les cadrans Breguet n'étaient pas tous guillochés. Quand les montres étaient dépourvues de complications, ils étaient souvent en émail blanc. Comme la fine gravure guillochée servait non seulement à orner le visage mais également à délimiter les zones attribuées aux complications, les cadrans en émail ne se retrouvaient généralement pas dans les montres qui offraient des fonctions additionnelles au simple affichage du temps. Celles qui en avaient bénéficiaient pour la plupart d'une autre signature de style : les chiffres Breguet. Contrairement aux modèles guillochés, pour lesquels le maître accordait la préférence aux chiffres romains, les modèles émaillés arboraient des chiffres arabes représentatifs d'un véritable savoir-faire. Avec une écriture légèrement inclinée, ni carrée ni cursive, à la fois subtilement fantaisiste et résolument déterminée, ils étaient très lisibles sans être trop imposants. L'horlogerie moderne n'a nul besoin de longs descriptifs pour définir des chiffres qui sont universellement connus sous le nom « Breguet ».

Les guichets Breguet et l'affichage décentré du temps

Afin d'éviter de surcharger le visage de la montre avec pléthore d'aiguilles, Abraham-Louis a également eu l'idée géniale et novatrice de recourir à de petits guichets pour certaines indications. Jusqu'alors ce mode d'affichage ne se rencontrait que sur des horloges, pour indiquer la phase de lune et d'autres fonctions astronomiques. Abraham-Louis Breguet a fait figure de pionnier, en adaptant la solution aux dimensions réduites d'une montre. Sur les créations de l'horloger, le guichet n'était pas réservé à la seule phase de lune, il a également été utilisé pour la date, le mois, le jour de la semaine et même pour l'ajustement du réglage de la montre.

Breguet No. 3833, vendue le 12 mai, 1823.

Breguet No. 3833, vendue le 12 mai, 1823. © Breguet

Dans le design des cadrans, Abraham-Louis Breguet avait en outre un penchant pour l’esthétique produite par l'affichage décentré du tour d'heures. À partir de 1812, nombre de ses créations les plus célèbres reflètent cette tendance qui sera accentuée par son fils. Cet excentrage du cadran, qui peut s'opérer vers le bas, le haut ou les côtés, permet une nouvelle disposition des différentes fonctions de la montre tout en créant une harmonie intéressante d'un point de vue visuel. Certains modèles des collections Breguet contemporaines ont hérité de cet ADN.

Classique Ref. 7337

Classique Ref. 7337 © Breguet

Les proportions et les cannelures

Sans que l'on puisse évoquer un élément de style à proprement parler, l'approche et la sensibilité d'Abraham-Louis Breguet ont aussi pour emblème les proportions du cadran et du boîtier, elles-mêmes en rupture avec les conventions. Diamètre maximal pour le cadran, largeur minimale pour la lunette... une manière de faire qui a non seulement amélioré la lisibilité, en offrant davantage d'espace aux indications, mais également allégé l'allure générale du garde-temps. La collection Classique actuelle adopte ce principe pour les mêmes raisons, tout aussi valables aujourd'hui qu’il y a deux siècles.

Classique Ref. 5157

Classique Ref. 5157 © Breguet

Les boîtiers n'ont naturellement pas échappé à l'œil avisé d'Abraham-Louis Breguet. On trouvait fréquemment des cannelures et des motifs guillochés sur les carrures et les couvercles de ses montres. Si ces décors renforçaient en toute logique l'attrait visuel, ils répondaient aussi à une réflexion plus profonde : ils facilitaient la prise en main du précieux garde-temps et minimisaient le risque qu'il glisse et tombe au sol. En même temps, ces motifs guillochés s'avéraient très efficaces pour prévenir des éventuelles traces de doigts. Bien que rares dans la collection Breguet d'aujourd’hui, les couvercles sont toujours guillochés dans l'esprit hérité du fondateur. Alors qu'il peut sembler moins important de veiller à la sécurité de la prise en main quand il s'agit d’une montre bracelet, les cannelures largement répandues sur les boîtiers des collections modernes opèrent toujours cette fonction, au-delà de la séduction qu'elles exercent par leur subtil raffinement.

Breguet No. 3537, vendue le 17 juillet 1821.

Breguet No. 3537, vendue le 17 juillet 1821. © Breguet

Abraham-Louis Breguet a-t-il imaginé que son style traverserait les époques ? Les raisons qui ont guidé ses choix demeurent valables et ce qui était délicat et raffiné il y a deux siècles l'est encore aujourd'hui. Mais il y a mieux. La pertinence des choix esthétiques et du vocabulaire de l'horloger sont tels qu'un seul regard suffit à saisir l'inimitable identité « Breguet ».

Breguet No. 4691, vendue le 13 octobre 1831.

Breguet No. 4691, vendue le 13 octobre 1831. © Breguet

La marque

Inspirée par un patrimoine exceptionnel d’archives, conservées en Suisse et à Paris, riche d’une tradition ininterrompue, la Maison Breguet innove sans relâche et se doit d’être toujours en avance sur son temps.

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