Jean-Frédéric Dufour est depuis le 1er juin le nouveau président et CEO de Zenith. Rencontre exclusive avec Bilan.
Bilan - 3 juin 2009
Michel Jeannot
Jean-Frédéric Dufour succède à Thierry Nataf à la tête de Zenith. Au bénéfice d'une très solide expérience des différents métiers de l'horlogerie, il dirigeait depuis 2001 le développement produit, montres et bijoux de Chopard.
Bilan - Le défi et les attentes sont de taille. Comment appréhendez-vous ces nouvelles responsabilités?
Jean-Frédéric Dufour - Je suis à l'image de l'alpiniste qui a déjà fait passablement de 4000 mètres et à qui l'on donne un sommet de 8000. J'ai l'équipement, mais c'est évidemment très différent!
Quelle mission vous a confiée LVMH pour Zenith?
Faire plaisir à ceux qui achètent nos montres en leur proposant des produits réussis. Et que Zenith soit à la fois une marque recherchée et rentable.
Quel regard portez-vous sur l'horlogerie actuelle?
Les apparences sont parfois trompeuses: aujourd'hui comme hier l'horlogerie est un travail de fond, de besogneux. Ceux qui réussissent dans cemétier se lèvent tôt et se couchent tard. Il faut garder le sens de la réalité: l'horlogerie, c'est de l'industrie et du tangible, pas du tertiaire ni du virtuel!
Quelles sont les forces de la marque?
Zenith est avant tout l'inventeur du mouvement chronographe automatique intégré. Ce n'est pas rien. Depuis 1969, ce joyau qu'est le mouvement El Primero est devenu une légende. Zenith n'a aucune concurrence sur ces faits historiques. Nous devons capitaliser plus encore là-dessus, car notre avenir est davantage dans le chronographe que dans la répétition minute.
Quels sont les atouts de la marque hors de ce mouvement légendaire?
L'autre force de Zenith, c'est évidemment sa manufacture et son ancrage au Locle depuis ses origines en 1865. Bien au-delà de ma personne, Zenith c'est des collaborateurs qui cumulent un impressionnant savoir-faire. Soyons réalistes: ce sont eux qui représentent la richesse et l'avenir de la marque. Enfin, le fait d'appartenir au groupe LVMH est un autre atout qui permet de s'appuyer sur un réseau de distribution extrêmement efficace et d'avoir une lecture particulièrement fine du marché.
Allez-vous tout remettre en question?
Evidemment non! Je ne veux pas faire de rupture car l'héritage est riche. Les marques de haute horlogerie légitimes doivent être traitées avec respect et douceur. Et leur message doit être clair.
Etait-ce une faiblesse ces dernières années?
Chacun doit reconnaître que la marque a été hypercréative et que cette dynamique lui a permis de gagner largement en notoriété. Le revers de la médaille est probablement une certaine dilution du message.
Comment y remédier?
Nous allons travailler sur les collections, les restructurer, affiner la distribution et adapter la communication.
On vous a catalogué comme un homme de Jean-Claude Biver, le patron de Hublot, autre marque du giron LVMH. Est-ce une réalité?
Je prends plutôt cela comme un compliment. Jean-Claude Biver est un grand monsieur, à l'image de mes autres modèles dans ce métier que sont ou ont été Günter Blümlein, Rolf Schnyder ou Karl-Friedrich Scheufele. Je respecte infiniment ces hommes de passion qui tous travaillent ou ont travaillé d'arrache-pied pour réussir. Pour autant, en dépit du profond respect qu'il m'inspire, Jean-Claude Biver ne va pas me dicter ce que je dois faire.
Michel Jeannot

Jean-Frédéric Dufour. "L'horlogerie est un travail de fond, de besogneux". DR
Jean-Frédéric Dufour succède à Thierry Nataf à la tête de Zenith. Au bénéfice d'une très solide expérience des différents métiers de l'horlogerie, il dirigeait depuis 2001 le développement produit, montres et bijoux de Chopard.
Bilan - Le défi et les attentes sont de taille. Comment appréhendez-vous ces nouvelles responsabilités?
Jean-Frédéric Dufour - Je suis à l'image de l'alpiniste qui a déjà fait passablement de 4000 mètres et à qui l'on donne un sommet de 8000. J'ai l'équipement, mais c'est évidemment très différent!
Quelle mission vous a confiée LVMH pour Zenith?
Faire plaisir à ceux qui achètent nos montres en leur proposant des produits réussis. Et que Zenith soit à la fois une marque recherchée et rentable.
Quel regard portez-vous sur l'horlogerie actuelle?
Les apparences sont parfois trompeuses: aujourd'hui comme hier l'horlogerie est un travail de fond, de besogneux. Ceux qui réussissent dans cemétier se lèvent tôt et se couchent tard. Il faut garder le sens de la réalité: l'horlogerie, c'est de l'industrie et du tangible, pas du tertiaire ni du virtuel!
Quelles sont les forces de la marque?
Zenith est avant tout l'inventeur du mouvement chronographe automatique intégré. Ce n'est pas rien. Depuis 1969, ce joyau qu'est le mouvement El Primero est devenu une légende. Zenith n'a aucune concurrence sur ces faits historiques. Nous devons capitaliser plus encore là-dessus, car notre avenir est davantage dans le chronographe que dans la répétition minute.
Quels sont les atouts de la marque hors de ce mouvement légendaire?
L'autre force de Zenith, c'est évidemment sa manufacture et son ancrage au Locle depuis ses origines en 1865. Bien au-delà de ma personne, Zenith c'est des collaborateurs qui cumulent un impressionnant savoir-faire. Soyons réalistes: ce sont eux qui représentent la richesse et l'avenir de la marque. Enfin, le fait d'appartenir au groupe LVMH est un autre atout qui permet de s'appuyer sur un réseau de distribution extrêmement efficace et d'avoir une lecture particulièrement fine du marché.
Allez-vous tout remettre en question?
Evidemment non! Je ne veux pas faire de rupture car l'héritage est riche. Les marques de haute horlogerie légitimes doivent être traitées avec respect et douceur. Et leur message doit être clair.
Etait-ce une faiblesse ces dernières années?
Chacun doit reconnaître que la marque a été hypercréative et que cette dynamique lui a permis de gagner largement en notoriété. Le revers de la médaille est probablement une certaine dilution du message.
Comment y remédier?
Nous allons travailler sur les collections, les restructurer, affiner la distribution et adapter la communication.
On vous a catalogué comme un homme de Jean-Claude Biver, le patron de Hublot, autre marque du giron LVMH. Est-ce une réalité?
Je prends plutôt cela comme un compliment. Jean-Claude Biver est un grand monsieur, à l'image de mes autres modèles dans ce métier que sont ou ont été Günter Blümlein, Rolf Schnyder ou Karl-Friedrich Scheufele. Je respecte infiniment ces hommes de passion qui tous travaillent ou ont travaillé d'arrache-pied pour réussir. Pour autant, en dépit du profond respect qu'il m'inspire, Jean-Claude Biver ne va pas me dicter ce que je dois faire.

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