Tribune des Arts - Juin 2009
Marie de Pimodan

Depuis le Néolithique, les hommes ont inventé toutes sortes de bateaux. Pour les besoins de la pêche, pour le commerce des marchandises, pour découvrir des terres inconnues, pour faire la guerre… Certains bateaux ont marqué leur époque. D'autres construits aujourd'hui marqueront celles de demain, comme autant de témoins de l'histoire des hommes et du yachting. Des voiliers classiques aux véritables bolides à moteur en passant par les yachts, le nautisme a toujours offert à ses adeptes une multitude de manières d'appréhender les mers, les lacs et les océans. Pour la plaisance ou pour la régate, par passion pour les vieilles coques ou par attachement au high-tech, les sensations marines ont mille visages.
Témoins de l'art de la construction navale d'une époque révolue, les bateaux classiques font encore vibrer le coeur des marins d'aujourd'hui. Nombre d'entre eux ont réussi à traverser les époques sans prendre ombrage de l'usure du temps. Autant de belles coques dont les odeurs de bois et de vernis, les lignes altières et les gréements évoquent des rêves d'un temps où la belle facture maritime était le fruit d'un travail exceptionnel d'ébénisterie et de plans ambitieux signés Nicholson ou Fife, pour ne citer que les plus illustres.
Les classiques réhabilités
Quelque peu délaissés au début des années 60 au profit de bateaux performants à l'image de ceux skippés par des régatiers aussi illustres que Tabarly, les voiliers classiques ont retrouvé leurs lettres de noblesse dans les années 80 même si leur réhabilitation complète prendra du temps. Grâce au travail de restauration de quelques passionnés, les classiques renaissent aujourd'hui de leurs cendres pour revivre des aventures maritimes dont les images laissent songeur. Parmi ces passionnés qui refusent de voir disparaître ce patrimoine vélique, la maison horlogère Panerai s'investit largement depuis quelques années. Après avoir donné son nom au Panerai Classic Yachts Challenge, la maison italienne a engagé un lourd investissement en 2007 dans la rénovation du voilier Eilean, un Fife de 22 mètres construit en 1936. «C'est passionnant mais il faut être prêt à faire des sacrifices en termes de temps et d'argent, explique Angelo Bonati, CEO de Panerai. Le jeu en vaut la chandelle quand on sait que ce travail va contribuer à sauver une pièce importante de l'histoire de la navigation».
Pratiques extrêmes
A l'opposé de l'esprit qui anime les amateurs de voile classique, le yachting compte parmi ses adeptes des passionnés de vitesse qui, plus que l'esthétisme, recherchent avant tout la performance. C'est le cas de ceux qui naviguent sur PowerBoat, les bateaux offshore les plus puissants du moment. La marque Cvstos vient d'ailleurs de signer un contrat de sponsoring avec l'écurie Veneta Marina pendant toute la durée des championnats du monde de PowerBoat et de Class One qui ont commencé en avril pour se terminer à la fin de l'année. Une pratique extrême que l'on retrouve également dans la voile. Qui aurait pu penser en effet qu'on pourrait un jour naviguer sur des bateaux volants? C'est pourtant possible, comme sur le voilier expérimental Mirabaud LX qui vient à peine de réussir une première en réalisant un vol sans coques.

De telles pratiques ne sont bien évidemment pas légion. La plupart de ceux qui souhaitent converser avec Eole pratiquent la voile de plaisance. Et certains privilégiés ont même parfois la chance de pouvoir concilier vitesse, high-tech et luxe sur d'extraordinaires voiliers modernes. C'est notamment le cas de Richard Mille qui a eu la possibilité de naviguer à bord du Faucon Maltais, un Perini Navi de 87 mètres, fer de lance de ce chantier italien instigateur de la Perini Navi Cup dont l'horloger visionnaire a été le partenaire en 2006 et 2007.
