Je viens de rencontrer Stanislas de Quercize, le grand patron depuis trois ans de Van Cleef & Arpels, cette marque mythique. Un homme qui, bien que né à Saint-Germainen- Laye, près de Paris, porte un nom qui évoque la France profonde, celle des chênes de

Stanislas de Quercize. Le grand patron de Van Cleef & Arpels renouvelle l'image de cette marque centenaire. (DR)
LES PROPOS DE GABRIEL
L'homme qui fonctionne à l'émotion
Un être au goût très sûr qui a donné une nouvelle vie à une marque prestigieuse, riche de belles traditions mais qui s'était un peu endormie. J'ai remarqué tout de suite que lorsqu'il en parle, ses yeux s'illuminent. Il vit vraiment une grande passion.Ses nouvelles montres ne sont pas simplement des montres. Parfaites sur le plan technique, elles ont de la poésie en plus. Il en est une, «Midnight in Paris», qui reproduit le ciel de Paris sur son cadran. Quel bonheur de se réveiller le matin et de découvrir le firmament à son poignet. Quant aux joyaux, Stanislas de Quercize a axé ses nouvelles collections sur le thème du rêve pour les femmes du monde entier. Un nouveau monde éblouissant de couleurs, tout peuplé d'animaux porte-bonheur, de fées, de libellules et de ballerines. La création me donne beaucoup d'émotions, m'a-t-il confié pudiquement. Y compris dans les montres pour dames car, me dit-il, près de 80% des femmes portent en fait des montres pour homme. Elles sont simplement de format plus petit! A chaque fois, Stanislas de Quercize choisit les meilleurs artisans et jette son dévolu sur les plus belles pierres, revisitant ainsi les grandes traditions de la maison. Croyez-moi, il ira loin. Depuis dix-huit ans, ce fidèle se sent à l'intérieur du groupe Richemont comme un poisson dans l'eau. «Une grande famille où chacun est compris et respecté.» Cet homme raffiné qui aime les mets délicats et les vins fins, a des goûts sélectifs. La photo et l'art contemporain.Je le sens riche intérieurement. Il pratique la voile parce que, m'explique-t-il, «tu fais avec ce que la nature te donne.» Et s'il court en solitaire, le matin au Bois de Boulogne, c'est parce que «ça lui lave la tête.» Habitant Paris, marié à une épouse qui fait dialoguer les religions, père de trois garçons de 18, 15 et 10 ans, Stanislas de Quercize aime aussi passionnément Verdi. Autant de forces intérieures qui l'aident à se renouveler dans sa créativité. Arpentant le monde, il ouvre sans cesse de nouvelles boutiques. Pour Genève, me glisse-t-il en conclusion, il veut de la grandeur. Le magasin est certes situé au coeur de la rue du Rhône, mais il est à la recherche d'un espace plus spacieux qui soit digne de la riche histoire de cette maison de la place Vendôme. Une aventure qui, prenant sa source juste en face du Ritz, avait commencé sous le signe de la passion entre une certaine Estelle Arpels et un certain Alfred Van Cleef. SOURCE : Tribune de Genève (29 mai 2008)
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