On connaissait les montres mécaniques à remontage automatique à rotor classique voici que Felix Baumgartner amorce l'ère de la turbine horlogère. La vitesse du progrès horloger ces dernières années a de quoi faire tourner les têtes comme la propagation d'une puissante vague creative. Découverte d'un concept futuriste. Par Vincent Daveau
L'horloger Felix Baumgartner, fondateur de la manufacture URWERK présente cette année au SIHH vient de finaliser la montre 202. Cette pièce qui dispose d'un affichage de l'heure grâce à un très ingénieux mécanisme rotatif à lecture numérique par tourelle et poursuite du chemin de fer des minutes grâce à un curseur télescopique, possède un secret: son mode de remontage.
Horlogerie pneumatiqueCertes, ceux qui connaissent déjà les réalisations de Felix Baumgartner diront que la belle complication permettant une lecture de l'heure originale n'est pas un développement nouveau. Ils ont raison, la complexité de sa nouvelle montre est ailleurs, cachée au coeur de la boîte hautement originale. En fait, l'innovation majeure de la montre 202 réside dans le système de régulation du remontage automatique. Première du genre, cette nouvelle URWERK est mue par un mécanisme à remontage automatique et non plus par le classique calibre à remontage manuel. Et le plus fou tient à ce que le remontage est intégralement contrôlé par le porteur de la montre grâce a une sorte de sas se trouvant au dos de la montre. Il donne accès a un mécanisme réglable en trois positions (neutre / soft / extrême), permettant de faire varier le rendement de la masse oscillante et, par effet, d'agir sur le remontage a proprement parler.Pour bien comprendre comment cela fonctionne, il faut avoir à l'esprit que le système de la URWERK 202 fait appel à deux minuscules turbines qui, couplées au rotor du module de remontage automatique, sont chargées de faire circuler l'air dans deux réservoirs. Dans cet assemblage, le sas a pour objet de réguler le débit d'air et de faire office de frein pneumatique de manière à ralentir ou stopper la rotation de la masse oscillante – évitant ainsi qu'un geste violent dans la pratique d'un sport comme le tennis, le golf ou le polo ne vienne endommager les composants. Cette astuce de régulation a la demande qui exploite la mise en pression de l'air dans des chambres garantit au rotor, même en position d'arrêt, un puissant amortissement et une sécurité en cas de choc.
La Revue des Montres - Mai 2008