Fondée il y a soixante ans, la PME basée à Clarens s'impose dans le monde du luxe. Tout en restant ancrée dans le marché romand.
Revue FH - 12 mars 2009 - No 5
24Heures
Patrick Monay
«L'autre jour, quatre camions sont partis à Kiev. Nous y avons monté une boutique, de A à Z, pour l'horloger Audemars Piguet. Il y avait 50 caisses de meubles et de matériel.» André Wider raconte cette anecdote avec une modestie bien vaudoise. Pourtant, elle démontre à elle seule l'ascension fulgurante de l'ébénisterie de Clarens. Fondé il y a soixante ans tout juste, cet atelier occupait une vingtaine de personnes en 1997, lorsqu'André Wider a succédé à son père, Waldimir. L'entreprise compte aujourd'hui 180 salariés, dont 60 à Genève et 40 à Morges. Elle forme une dizaine d'apprentis et annonce 35 millions de francs de chiffre d'affaires.
Versailles à Genève
Des bords du Léman aux rues chic de la capitale ukrainienne, le succès ne s'est pas bâti en un jour. Des employés compétents et fidèles, des directeurs qui sont avant tout des artisans, un solide réseau de partenaires, un souci permanent des attentes du client: «Cela ressemble à des évidences, mais c'est vraiment la base de tout», insiste André Wider. Avant de préciser l'importance des contacts noués au fil des ans: si sa PME a pu s'imposer dans le monde du luxe, c'est grâce aux jalons posés chez les parfumeurs, comme Clarins ou Yves Saint Laurent. Des marques présentes dans les grands magasins, où Wider a conçu et posé quantité de meubles sur mesure, des présentoirs, etc.
Le jeune patron (43 ans aujourd'hui) a ensuite su saisir les opportunités, au gré des rencontres. Comme ce riche client genevois qui vient de lui confier tous les travaux d'ébénisterie dans sa villa pour plusieurs millions de francs. «C'est Versailles, cet endroit!» lâche l'entrepreneur, presque incrédule. Père de deux filles, André Wider garde cependant la tête froide. Le luxe ne représente que 15% de son volume d'affaires annuel. Le reste de sa clientèle se compose d'hôtels, de magasins, de grandes sociétés, mais aussi de particuliers. «Nous avons pour principe de ne jamais refuser une commande, souligne le patron. Ici, on fait aussi bien un présentoir à 200 francs qu'une boutique à 3 millions.» Une diversité concrétisée en 2004 et 2006 par le rachat de deux entreprises en difficulté, à Genève et Morges. Depuis, chacune a doublé ses effectifs.
«A la merci de l'économie»
Cette large palette d'activités met-elle l'ébénisterie montreusienne à l'abri de la crise? André Wider reste prudent. «Nos carnets de commandes sont bien garnis pour les prochains mois. Mais nous sommes à la merci de l'économie, c'est vrai» D'ailleurs, Wider Sàrl ne s'appuie même pas sur un service commercial. Le patron préfère investir dans la technologie: il met en place depuis huit mois un système de dessin en 3D ultra-performant, pour ses techniciens. Encore un pari sur l'avenir.
24Heures
Patrick Monay

Un présentoir créé pour Girard-Perregaux (photo www.w-wider.ch)
«L'autre jour, quatre camions sont partis à Kiev. Nous y avons monté une boutique, de A à Z, pour l'horloger Audemars Piguet. Il y avait 50 caisses de meubles et de matériel.» André Wider raconte cette anecdote avec une modestie bien vaudoise. Pourtant, elle démontre à elle seule l'ascension fulgurante de l'ébénisterie de Clarens. Fondé il y a soixante ans tout juste, cet atelier occupait une vingtaine de personnes en 1997, lorsqu'André Wider a succédé à son père, Waldimir. L'entreprise compte aujourd'hui 180 salariés, dont 60 à Genève et 40 à Morges. Elle forme une dizaine d'apprentis et annonce 35 millions de francs de chiffre d'affaires.
Versailles à Genève
Des bords du Léman aux rues chic de la capitale ukrainienne, le succès ne s'est pas bâti en un jour. Des employés compétents et fidèles, des directeurs qui sont avant tout des artisans, un solide réseau de partenaires, un souci permanent des attentes du client: «Cela ressemble à des évidences, mais c'est vraiment la base de tout», insiste André Wider. Avant de préciser l'importance des contacts noués au fil des ans: si sa PME a pu s'imposer dans le monde du luxe, c'est grâce aux jalons posés chez les parfumeurs, comme Clarins ou Yves Saint Laurent. Des marques présentes dans les grands magasins, où Wider a conçu et posé quantité de meubles sur mesure, des présentoirs, etc.
Le jeune patron (43 ans aujourd'hui) a ensuite su saisir les opportunités, au gré des rencontres. Comme ce riche client genevois qui vient de lui confier tous les travaux d'ébénisterie dans sa villa pour plusieurs millions de francs. «C'est Versailles, cet endroit!» lâche l'entrepreneur, presque incrédule. Père de deux filles, André Wider garde cependant la tête froide. Le luxe ne représente que 15% de son volume d'affaires annuel. Le reste de sa clientèle se compose d'hôtels, de magasins, de grandes sociétés, mais aussi de particuliers. «Nous avons pour principe de ne jamais refuser une commande, souligne le patron. Ici, on fait aussi bien un présentoir à 200 francs qu'une boutique à 3 millions.» Une diversité concrétisée en 2004 et 2006 par le rachat de deux entreprises en difficulté, à Genève et Morges. Depuis, chacune a doublé ses effectifs.
«A la merci de l'économie»
Cette large palette d'activités met-elle l'ébénisterie montreusienne à l'abri de la crise? André Wider reste prudent. «Nos carnets de commandes sont bien garnis pour les prochains mois. Mais nous sommes à la merci de l'économie, c'est vrai» D'ailleurs, Wider Sàrl ne s'appuie même pas sur un service commercial. Le patron préfère investir dans la technologie: il met en place depuis huit mois un système de dessin en 3D ultra-performant, pour ses techniciens. Encore un pari sur l'avenir.