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Un bâtiment des plus audacieux prend forme sur le parvis de l'EPFL

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CONSTRUCTION / Le Rolex Learning Center est entré dans sa phasede bétonnage hier à l'aube. Une incroyable prouesse technique.
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EPFL: coulage de la coque de béton du Learning Center (photos Philippe Maeder).

ROLEX : Un bâtiment des plus audacieux prend forme sur le parvis de l'EPFL

CONSTRUCTION / Le Rolex Learning Center est entré dans sa phase de bétonnage hier à l'aube. Une incroyable prouesse technique.


SPECTACULAIRE: Vu du haut, le chantier du Learning Center ressemblait hier matin à une grande vague d'acier. D'ici dimanche dans la journée, l'opération de bétonnage (dont on voit les premières surfaces terminées tout à gauche de l'image) aura intégralement recouvert cette dalle, qui constitue le plancher principal du futur bâtiment. Il sera ensuite recouvert d'une structure metallique légère et toutes les parois seront vitrées.

S'ils avaient la capacité physique de retenir leur souffle durant plus de cinquante heures, ses responsables ne respireraient plus jusqu'à dimanche matin. Hier a démarré une phase cruciale de la construction du Rolex Learning Center de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, bâtiment hors normes à tout point de vue qui deviendra la carte de visite de l'institution. Tant pour Losinger, entreprise générale chargée de sa construction, que pour la présidence de l'EPFL, il est impératif que tout se passe bien ce week-end.

Depuis 5 h vendredi matin, des dizaines d'hommes casqués en tenues fluorescentes s'animent autour de gros tubes en caoutchouc d'où s'écoule une masse gris sombre. Tout l'effectif disponible du bâtisseur a été mobilisé: cent cinquante «compagnons», encadrés d'une trentaine d'ingénieurs, se relaieront jusqu'à dimanche à la mi-journée.

Sept cents camions

Ainsi a démarré le bétonnage de la «coque» principale de l'édifice. «Il doit se faire d'une seule traite afin de limiter les reports de charge et d'éviter des différences de teintes», explique Eric Maino, chef de chantier.

D'ici là, pas moins de sept cents camions bétonnières auront fait la navette entre les tours à béton de Holcim de Morges et Bussigny et le vaste chantier de Dorigny. Chacun contient 15 tonnes d'une pâte spécialement calculée pour cette réalisation. «Pour maintenir cette structure, nous avons dû poser un ferraillage extrêmement dense, jusqu'à 500 kilos par mètre cube, explique Alex Segovia, responsable de la communication. Il faut donc que le béton soit assez fluide pour se glisser entre toutes ces tiges et ces barres, puis qu'il devienne immédiatement stable.»

Technique médiévale remise au goût du jour

Mais le métal et les 80 centimètres de béton qui l'enrobent ne font pas tout. D'une portée maximale de 80 mètres mais extrêmement plate en proportion, la voûte principale ne pourrait pas tenir sans une technique éprouvée depuis le Moyen Age et réactualisée pour les besoins de la cause: celle des arcs à sous-tirants, que l'on peut apercevoir sous forme de tiges horizontales dans certaines églises de style roman.

Ainsi, d'énormes faisceaux de câbles, tendus comme des cordes d'arcs, seront fixés aux «pieds» de la coque, là où elle rencontre la dalle recouvrant le parking souterrain. Chacun sera chargé d'une tension de 500 tonnes, afin de maintenir la courbure de l'arche, au-dessus. «Au total, ce bâtiment compte l'équivalent de 12 ouvrages d'art de ce type, chacun devant être considéré comme un pont à part entière», illustre Eric Maino. Ceux-ci s'interpénètrent et s'entrecroisent jusqu'à former cette incroyable vague perforée de gros orifices, couleur de rouille hier encore, et qui dès lundi affichera les prémices de sa clarté minérale.

Il faudra ensuite «un petit mois» au béton pour qu'il durcisse totalement. C'est alors que les sous-tirants seront tendus et que les tables de coffrage seront prudemment retirées. Une autre opération sous haute tension – c'est le cas de le dire – qui laissera alors découvrir depuis le sol une géométrie inédite, dont un aperçu est visible sous la plus petite coque, réalisée au printemps, et adoptée par les ouvriers pour y installer leur cantine.
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SOURCE : 24 Heures (Suisse), 12 juillet 2008 (cliquez sur l'image ci-dessus pour découvrir le diaporama des travaux)…


 
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