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Réouverture du Musée de l'horlogerie?

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Voilà cinq ans que cette clef de voûte dans la capitale mondiale de l'horlogerie est fermée. Pourtant, son activité n'a jamais cessé. Les Genevois s'impatientent…

Voilà cinq ans que cette clef de voûte dans la capitale mondiale de l'horlogerie est fermée. Pourtant, son activité n'a jamais cessé. Les Genevois s'impatientent…

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Le Musée de l'horlogerie et de
l'émaillerie, sis dans la maison
de Malagnou, exposait également
bijouterie et beaux-arts datant
du XVe au XXIe siècle..

Avec la finance, l'horlogerie de luxe apparaît aujourd'hui comme le fer de lance de l'économie genevoise. Durant ces dernières années, l'emploi y a crû trois fois plus rapidement qu'ailleurs: l'industrie horlogère genevoise affiche une croissance de plus de 175% depuis les années 1980. En outre, si la croissance globale de l'horlogerie suisse atteint un taux de 10,9% en 2006, celle du segment du haut de gamme – secteur privilégié des marques genevoises – dépasse le cap des 20%. En 2006, les statistiques mentionnent 13,7 milliards d'exportations horlogères helvétiques sur un total de 180 milliards. La situation est encore plus florissante à Genève, où horlogerie et bijouteriejoaillerie représentent aujourd'hui près de 50% des exportations genevoises totales.

Genève, son Jet d'eau, son Horloge fleurie et ses boutiques luxueuses alignant les enseignes prestigieuses de l'horlogerie: voilà l'image reflétée par le canton auprès des étrangers. Or, cette image correspond à une réalité: les enseignes sont celles des marques qui contribuent, depuis la fin du XVIe siècle, à forger la légende horlogère de Genève et de la Suisse. Mais dans ce paysage brillant, manque une perle: un musée d'horlogerie public. Or, ne faut-il pas souligner l'incohérence d'une cité internationale, basant sa renommée et sa prospérité sur l'horlogerie, qui ne puisse pas faire état, fièrement, de son patrimoine? Le client et le touriste se heurtent depuis cinq ans à une porte fermée! Pourtant, le Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie a trouvé, par la volonté de la Ville exprimée en 1969, un écrin digne de lui dans la maison de Malagnou qu'il occupe depuis trente-cinq ans.

Le citoyen, le client et le touriste attendent une réouverture, sachant que le musée présente une spécificité d'importance par rapport aux quelque trente institutions qui conservent en Suisse une collection horlogère: le corpus strictement horloger se double de trois collections originales, respectivement d'émaillerie, de bijouterie et de beaux-arts (miniatures et dessins), couvrant la période XVe-XXIe siècles.

La «Fabrique» réincarnée

Le Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie de Genève est un musée d'art, d'histoire et de société, qui traite du patrimoine horloger européen, tout en mettant l'accent sur la spécificité incontournable de la ville de Genève, autour de l'activité de sa «Fabrique». Malgré sa fermeture, en 2002, il voue son activité à l'accomplissement des missions qui sont dévolues à toute structure muséographique, à savoir collecte, conservation, restauration et valorisation des collections, dans un contexte de fonctionnement en réseau et de collaborations, notamment avec les acteurs de l'industrie horlogère suisse. En été 2007, la révision du projet scientifique et culturel s'est achevée, un nouveau parcours muséographique s'est dessiné, des plans se sont établis: reste à réveiller l'une des missions principales de l'institution muséale, qui, non seulement conserve, mais communique et expose les oeuvres «à des fins d'études, d'éducation et de délectation» (directives du Conseil international des musées - ICOM).
Le Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie de Genève est aujourd'hui un ouvrage référentiel créé par des historiens et des techniciens, avec le concours de la population, des créateurs et des entreprises. Ses oeuvres, conservées pour les générations actuelles et futures, doivent revenir à la vue du plus grand nombre, public genevois et international, interloqué par l'absence de cet établissement dans l'offre culturelle genevoise actuelle.
Gaston Martin

En attendant la réouverture du Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie de Genève,
le Centre international de documentation sur l'horlogerie (CIDH), 9, rue Ami-Lévrier
(tél. +41 22 906 85 85),
offre au public une importante bibliothèque consacrée à l'horlogerie ainsi que toutes
les informations sur les marques.

Tribune des Arts - No354 - Septembre 2007

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