Août 2007. Le plafond de la salle du premier étage réservé à la Fondation Lucien Baszanger vient de tomber. Des ouvriers casqués (on ne sait jamais…) s'activent. Il va falloir décrocher les tableaux jadis confiés par le bijoutier genevois. (DR)
Patatras! Une corniche se détache fin août au Musée d'art et d'histoire (MAH) et s'écrase sur le sol. Une étrange habitude. Au printemps déjà, un bout de plafond s'était détaché au Muséum d'histoire naturelle, peu avant l'inauguration d'une manifestation du cycle Tout peut arriver...
Au MAH, les choses tombent mal, si l'on ose dire. Il faut évacuer le premier étage, alors que le Musée Rath - son annexe - va entrer en rénovation. Le Musée de l'Horlogerie et de l'émaillerie ne renaîtra pas comme prévu en 2009. Le Cabinet des estampes fermera à nouveau pour travaux un de ces quatre matins.
Musée d'art et d'histoire
«Je suis un homme optimiste, mais il y a des moments où l'on désespère», avoue Cäsar Menz, directeur du MAH. En août, il pouvait sembler que seule la pièce abritant la Fondation Lucien Baszanger resterait fermée, le temps de déblayer les gravats. On sait aujourd'hui que l'étage entier menace ruine. «J'ai dû fermer 25 salles.» Pour les rouvrir, il faudra des crédits accélérés, que le Municipal devra voter. «La démarche est en cours. Ce sera cher.» «Idéalement», tout doit être terminé en mai 2008.
En attendant, c'est une catastrophe. «Je n'ai plus de locaux pour les beaux-arts.» Pour notre interlocuteur, c'est tout le travail entrepris depuis son arrivée en 1994 qui se voit compromis. «Nous avions passé de 127 000 à 195 000 visiteurs par an.» Cäsar Menz a donc sucré l'exposition Labyrinthe, prévue pour novembre. Les salles occupées jusqu'à dimanche par celle sur Gaza abriteront à la place quelques toiles des collections sous le titre de Patrimoine en danger. «N'oublions pas que nous possédons en ce domaine la seconde collection du pays après Bâle.» Avec Zurich, tout de même!
Musée Rath
Impossible d'organiser cette manifestation au Rath. En février, le bâtiment fermera ses portes jusqu'en mars 2009. Le lieu présente des problèmes de climatisation, de sécurité et d'accueil. Les premiers sont vitaux, si Genève veut s'adapter aux normes. «Pour l'instant, les assurances nous obligent à engager des gardes jour et nuit.» En 2009, le musée repartira sur un rythme allégé. Deux expositions par an au lieu de trois. La première saison sera réservée aux trésors (japonais) du Daijo-ji et à Giacometti. Cäsar Menz ratisse toujours aussi large...
Musée de l'Horlogerie
Un malheur n'arrive jamais seul. Deux non plus. Il devient toujours plus douteux que le Musée de l'Horlogerie et de l'Emaillerie, victime d'un casse en 2002, rouvre en 2009. On en arrive à «l'avant-projet après crédit d'études.» Il en faudra un autre, de construction cette fois, prévoyant une extension en sous-sol. Viendra ensuite la réalisation. On n'est pas encore sorti de l'auberge, alors que la Maison Tavel menace d'y entrer. Les politiques parlent de repenser le concept adopté il y a vingt ans. On n'en sait pas plus.
Cabinet des estampes
Habitué aux fermetures, le Cabinet des estampes va en connaître une troisième, alors qu'on lui recherche toujours une nouvelle tête susceptible de remplacer Christophe Cherix. Un «crédit d'étude» se penche sur le l'immeuble Napoléon III qui l'abrite. L'intérieur du 5, promenade du Pin subira un lifting. «Pendant ce temps, le MAH accueillera ses expositions, comme le fait déjà le Mamco.» Oui, mais où?
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Tribune de Genève / Etienne Dumont / www.tdg.ch