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Le Musée de l'horlogerie fête ses 35 ans

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Avant de s'installer 15, route de Malagnou, les trésors issus de la Fabrique genevoise ont connu bien des «maisons d'accueil».

Avant de s'installer 15, route de Malagnou, les trésors issus de la Fabrique genevoise ont connu bien des «maisons d'accueil».

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La salle des émaux au Musée d'art et d'histoire en 1953. Seule une partie des collections du Musée de l'Ecole d'horlogerie est alors présentée dans ce modeste espace qui attire pourtant moult visiteurs.

Inauguré le 9 octobre 1972 dans les murs de la villa Bryn Bella de Malagnou, le «nouveau» Musée de l'horlogerie de Genève possède déjà à cette date une longue histoire. Celle-ci prend sa source à l'Ecole d'horlogerie, fondée en 1824 par les membres de la classe d'industrie de la Société des Arts. Née en 1776 et vouée au développement des arts et de la culture, cette dernière possède deux établissements dont elle prend grand soin: la Bibliothèque et le Conservatoire industriel. Dès 1834 en effet, la classe d'industrie a constitué un «musée» où nombre de machines, de modèles et d'échantillons divers sont exposés à la vue du public. Lorsque, en 1843, la classe remet au Conseil administratif une Ecole d'horlogerie dûment organisée, celle-ci est dotée d'un musée déjà important. Les collections du Musée de l'école sont présentées au public à partir de 1864 au Palais de l'Athénée, puis transférées en 1882 dans le bâtiment de l'Ecole d'horlogerie édifié en 1879 rue Necker. La Société des Arts remet à cette époque au Conseil administratif, à titre de dépôt, la plus grande partie des modèles constituant le Conservatoire industriel.

Le Musée de l'Ecole d'horlogerie, logé depuis 1904 au deuxième étage de la rue Necker et ouvert au public dès cette date, est aménagé en 1911 au premier étage. Il s'installe en fait dans les locaux abandonnés par le Musée des Arts décoratifs, lequel est réuni au Musée d'art et d'histoire, dans l'imposant bâtiment inauguré rue Charles- Galland en 1910.

Du Musée d'art et d'histoire à la villa Bryn Bella

Une décision du Conseil administratif du 23 novembre 1943 préconise le transfert du Musée de l'horlogerie (rue Necker) au Musée d'art et d'histoire, section des Arts Décoratifs. Seule une partie des collections est présentée dans un local unique, baptisé «salle des émaux». Même modeste, l'espace, qui contient également des bijoux, attire les visiteurs avides de connaître les fameuses histoires et chefs-d'oeuvre de la Fabrique genevoise. Cependant, l'installation d'un Musée de l'horlogerie à Genève s'impose comme mesure absolument évidente, eu égard à la mise en valeur minimaliste des collections au Musée d'art et d'histoire. En 1969, le Conseil administratif décide donc d'affecter la villa Bryn Bella (pro-priété de la Ville depuis 1954) à ces collections. Le 11 novembre, un crédit est voté par le Conseil municipal en vue de la rénovation de la demeure sise 15, route de Malagnou. En prenant la décision de transférer les collections d'horlogerie de la ville dans la villa Bryn Bella, on posait la question de la vocation de ce nouveau musée. Le vaste projet du Musée international d'horlogerie de La Chaux-de-Fonds (inauguré en octobre 1974) fait renoncer à envisager un musée général de l'histoire de la mesure du temps. On opte alors, avec pertinence, pour l'aménagement de la villa de style palladien en Musée de l'horlogerie, de la Fabrique et des émaux de Genève. En effet, jusqu'à cette époque, les collections d'horlogerie sont séparées des collections d'émaux et de miniatures. Les travaux débutent au printemps 1970 et le musée ouvre ses portes le 9 octobre 1972. De l'aube du XXe siècle jusqu'à 2003, Georges Hantz, A. Dufaux, G. Natermann, Eugène Jaquet, Dante Gibertini, Marcel Gauthey, Fabienne-Xavière Sturm et leurs collaborateurs sont les dépositaires successifs des précieuses collections du musée, qui ne cessent d'évoluer et de vivre. Mais en 2007, l'anniversaire de l'institution sera discret: double ironie de l'histoire et du sort, le public est invité à admirer, au Musée d'art et d'histoire, la superbe collection de bijouterie et d'émaillerie réunie au fil du temps. Le patrimoine collectif genevois ayant trait aux activités de la Fabrique locale est immense: reste à lui rendre l'écrin qui, depuis 1972, préserve une intimité et un charme réels autour des merveilleux objets destinés à l'habiter.

Estelle Fallet, conservatrice
du Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie de Genève

En 1852, l'officier anglais Thomas
Molyneux achète la ville et la
baptise Bryn Bella en hommage
à son épouse Anna Bella.

Tribune des Arts - No355 - Octobre 2007

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