1 juillet 2009Hervé Genoud
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Un plongeur voulant plonger en toute sécurité ne doit pas seulement surveiller d'un œil attentif son temps d'immersion – pour ne pas se retrouver à court d'oxygène. Il doit aussi savoir à tout instant à quelle profondeur il se trouve – pour mieux gérer la remontée et les paliers de décompression. C'est le rôle du profondimètre, dit aussi bathymètre (du grec bathys signifiant profond). Dès l'essor des premières montres de plongée, dans les années 1950, les horlogers se sont efforcés d'intégrer des profondimètres à leurs instruments de poignet. L'un des modèles les plus mythiques est la Bathy de Favre-Leuba (1966), avec double graduation en mètres et en pieds et indicateur des paliers de décompression. 
Plus près de nous, en 1999, IWC a également proposé sur sa GST Deep One un profondimètre fonctionnant sur un principe mécanique (un système tubulaire se déformant sous la pression de l'eau). L'émergence des ordinateurs de plongée, avec leurs systèmes ultrasophistiqués et ultraprécis permettant de mesurer et garder en mémoire une foule de paramètres, semblait avoir sonné le glas des montres-bracelets à profondimètres. Mais plusieurs nouveautés récentes ont remis à l'honneur cette fonction utile.
Une histoire de pression
En 2007, Jaeger-LeCoultre a donné le coup d'envoi sur sa montre à double fuseau horaire Master Compressor Diving Pro Geographic. Le profondimètre mécanique, placé sur le flanc gauche du boîtier, possède une membrane se dilatant ou se contractant en fonction de la pression aquatique. Les mouvements de cette membrane sont transmis à la grande aiguille centrale indiquant la profondeur (de 0 à 80 mètres) grâce à un dispositif en partie visible sur le cadran. Cette montre étanche à 300 m et dotée d'une aiguille bleue («la seule teinte visible à partir d'une certaine profondeur») est proposée cette année dans une édition limitée en or rose dédiée aux United States Navy SEALs – l'unité d'élite des nageurs de combat de l'armée américaine, nouveau partenaire de la manufacture.

La Master Compressor Diving Pro Geographic de Jaeger-LeCoultre allie un profondimètre mécanique à l'indication d'un second fuseau horaire @ Jaeger-LeCoultre
En 2008, Favre-Leuba a renoué avec son passé subaquatique en présentant la Bathy V2 Profondimètre. Quatre ouvertures sur le côté laissent pénétrer l'eau dans le double fond équipé d'une membrane en cuivre béryllium se rétractant sous la pression. Un mécanisme complexe transforme cette déformation de quelques dixièmes de millimètres en mouvement de l'aiguille sur le cadran avec une très grande précision: moins de 0,18% de déviation. Ce premier modèle avec profondimètre allant jusqu'à 45 m devrait être complété par des versions étalonnées pour 150 et 300 m. En 2009, c'est IWC qui s'est jetée à l'eau en dévoilant l'Aquatimer Deep Two, dotée de deux aiguilles de couleurs différentes indiquant l'une la profondeur réelle (jusqu'à 60 m), l'autre la profondeur maximale atteinte. Grâce à ces deux repères, le plongeur peut prévoir les paliers de décompression et s'arrêter à la profondeur requise pour achever sa plongée sans dommage.

Du côté de l'électronique
S'ils proposent de nouveaux profondimètres mécaniques, les horlogers n'en dédaignent pas pour autant de pêcher dans les eaux de l'électronique. Officine Panerai a choisi une approche originale en combinant sur sa Luminor 1950 Submersible Depth Gauge (2007) un calibre automatique et un profondimètre électronique doté d'une grande aiguille centrale jaune. La marque a fait tester et certifier individuellement l'étalonnage de ses profondimètres par l'Office fédéral de métrologie suisse METAS. D'autres montres optent pour des solutions 100% électroniques – tel l'instrument multifonction T-Touch Atlan-T de Tissot ou l'amusante Swatch Fun Scuba, avec ses aiguilles des heures et des minutes qui changent de fonction dès qu'elles sont immergées pour indiquer le temps de plongée et la profondeur atteinte. Qu'il s'agisse d'explorer les profondeurs marines ou lacustres, d'épater les copains à la piscine ou de s'amuser dans leur baignoire, les plongeurs de tout poil ont donc plus que jamais le choix pour mesurer leurs exploits.
