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Les ateliers Louis Vuitton prennent leur essor

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Six ans après son entrée dans l‘univers des montres, Louis Vuitton s‘est donné les moyens de développer des complications «maison».

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Yves Carcelles. Le grand patron de Louis Vuitton est confiant malgré la crise financière actuelle.

Qui dit Louis Vuitton pense aussitôt maroquinerie de luxe ou malles de voyage. Pourtant, ce nom, qui a donné naissance au premier groupe de luxe au monde, est bien évidemment présent dans d‘autres secteurs, presque toujours avec succès. Ainsi en témoigne l‘inauguration de ses ateliers horlogers de La Chaux-de-Fonds, qui se sont progressivement constitués depuis les débuts de la marque dans l‘horlogerie, en 2002.
A cela, il n‘y a pas de hasard mais beaucoup de méthode. «Je ne le cache pas, nous avons hésité, à la fin des années 90, avant de nous lancer dans les montres, explique Yves Carcelle, le président de la société Louis Vuitton (groupe LVMH). Car lorsque nous nous aventurons sur un territoire, nous voulons être certains d‘en maîtriser le savoir-faire pour rester conformes à notre vocation.»
L‘exemple des ateliers horlogers de La-Chaux-de-Fonds est assez parlant en ce sens. Trois termes résument la philosophie de Louis Vuitton par rapport à l‘horlogerie: la maîtrise à 100% de la conception des produits, de l‘assemblage et de la vente. En ce qui concerne le premier point, Louis Vuitton Montres a commencé par utiliser des mouvements existants pour ses montres, de base ETA (Swatch Group) ou provenant d‘autres sociétés du groupe, comme Zenith.
Ensuite, les ateliers Louis Vuitton fabriquent des modules additionnels en fonction de leurs propres désirs créatifs. Par exemple, la marque aime travailler les composants, comme les ponts, en ajoutant les initiales «LV» ou celles du futur possesseur de la montre. Elle propose aussi des complications sophistiquées ou des pièces serties de pierres précieuses. «Dès le début, nous avons pris en compte les commandes spéciales, comme nous le faisons dans la maroquinerie par exemple», explique Albert Bensoussan, directeur de Louis Vuitton division montres. Aujourd‘hui, elle est même fière d‘entrer dans la cour des grands en ayant réalisé son premier mouvement en propre, dit Orientation, qui, comme son nom l‘indique, offre une fonction solaire et même un GMT. Une force de frappe Ensuite, l‘une des chances de Louis Vuitton, c‘est la maîtrise totale du processus de production-livraison. Contrairement à tous ses concurrents, elle ne vend en effet ses pièces qu‘à travers son propre réseau de magasins, qui sont actuellement au nombre de 412 dans le monde, avec deux à trois ouvertures par mois. Si le simple quidam a du mal à imaginer cette gigantesque «toile d‘araignée» qui se densifie ainsi à un rythme fou, elle permet à Louis Vuitton de savoir exactement comment évolue la demande: «Chaque matin, toutes les données sur les ventes sont lisibles sur nos écrans, explique Yves Carcelle. Ce qui permet ainsi d‘ajuster au plus près les commandes.» Albert Bensoussan serait même enclin à souligner encore cette chance dans les conditions actuelles, ce business model permet à la marque de creuser encore davantage son écart sur les autres. En effet, l‘industrie sort de plusieurs mois de surchauffe et s‘apprête à lever progressivement le pied. «De notre côté, nous n‘avons pas de fléchissement, assure Yves Carcelle. C‘est sans doute parce qu‘un produit Louis Vuitton apparaît comme une valeur refuge. Mais nous pouvons nous adapter presque sur-le-champ à tout changement sur n‘importe quel marché, le cas échéant.»
Louis Vuitton Montres voit donc son avenir plutôt en rose. Un refrain qui peut réjouir dans la crise ambiante. Si on ne sait pas exactement combien les ateliers Louis Vuitton fabriquent de montres chaque an (la fourchette se situe entre 25 000 et 50 000 pièces) ni quel pourcentage cette branche représente au sein du groupe, celui-ci est assuré d‘en avoir vu d‘autres et sait bien que ses produits de luxe feront toujours partie des aspirations mondiales sur toute la planète. (fg) Source: Tribune de Genève, 22 septembre 2008
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