Tribune des Arts - Mars 2012
Michel Bonel

Sylvie Ritter, directrice du salon horloger et joaillier Baselworld depuis 2004 © Tribune des Arts
Alsacienne d'origine, ayant grandi au carrefour de trois cultures, française, suisse, allemande et accompli des études à Strasbourg et à Fribourg-en-Brisgau, Sylvie Ritter préside depuis 2004 aux destinées de Baselworld. Enjouée, ouverte, nullement accablée apparemment par sa lourde tâche, elle se détend au sein de sa famille ou en jouant du piano. Du Chopin de préférence.
Comment abordez-vous Baselworld 2012?
Nous abordons cette 40e édition avec une certaine sérénité qui est due aux très beaux résultats de la branche horlogère suisse. Les exportations ont atteint 19,3 milliards de francs pour 2011, en augmentation de plus de 19% par rapport à l'année précédente. Les acheteurs vont être très nombreux et les échos médiatiques sont déjà impressionnants. Cette édition 2012 est la quarantième comme salon indépendant depuis 1973, tandis que la première foire du genre à Bâle remonte à 1917. Il s'agit en outre d'une année de transition puisque pour 2013 de nouveaux complexes sont en construction qui n'affectent en rien le bon déroulement de l'année 2012. Tout est en train d'être reconstruit selon un nouveau concept reflétant les structures actuelles du marché. Notre projet, devisé dans sa totalité à plus de 430 millions de francs, est de grande qualité. Nous le devons au bureau bâlois Herzog & de Meuron. D'avril 2012 à février 2013, la halle 3 et la zone d'entrée de la halle 1 seront détruites et le nouveau complexe sera entièrement achevé. L'édition 2013 sera un peu retardée, du 25 avril au 2 mai.
Comment évolue le marché?
Il se porte très bien mais il évolue d'année en année. Les clients chinois sont très présents mais c'est l'Amérique du Sud, et le Brésil notamment, qui montent en puissance. D'une année à l'autre, nous avons 80% d'acheteurs fidèles et 20% qui sont totalement nouveaux. Nous devons les accueillir et pressentir leurs besoins.
Comment fonctionnez-vous?
Nous sommes une petite structure comprenant seulement une vingtaine de collaborateurs informés et motivés. Et peu à peu, au fil des besoins, au fur et à mesure que la manifestation approche, nous montons jusqu'à un millier de collaborateurs et collaboratrices. Il est significatif que l'équipe de base soit réduite car il n'y a aucun risque qu'elle se dilue et elle a ainsi une bonne perception du marché.
Des chiffres?
Ils sont impressionnants. Parmi 2000 exposants environ, il y a davantage de joailliers mais les maisons horlogères occupent beaucoup plus de surface et ont des stands spectaculaires qui peuvent constituer un salon dans le salon. Toutes les marques, à 99,9% pourrais-je dire, sont intégrées dans les halles qui offrent une superficie utile de quelque 160 000 m2. Vous pouvez vous promener sur 58 kilomètres de tapis. Les rares tentatives d'exposer en ville n'ont jamais été couronnées de succès. On a de la peine à imaginer que ce sont 30 000 personnes, des monteurs aux éclairagistes et aux chauffagistes qui construisent tout. Il faut savoir aussi que notre organisation génère 800 000 nuitées jusqu'à Zurich, Fribourg et Colmar.
Un voeu?
Baselworld est certes un salon professionnel mais il est ouvert aussi au grand public tous les jours. Aussi, je me permets d'inviter tous les Genevois et les Vaudois à venir nous rendre visite. Nous avons de merveilleux cadeaux de Noël 2012 à leur présenter déjà.
