Changement de mains

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Changement de mains - H. Moser & Cie
La marque a nommé un nouveau CEO, Edouard Meylan, et affiche désormais d’autres ambitions: retrouver les chiffres noirs dans un délai de trois ans.

Heinrich Moser a beaucoup fait pour la ville de Schaffhouse. La transformant en une place industrielle dynamique. En plus de Charlottenfels, une villa bâtie en 1849, elle lui doit sa première ligne de chemin de fer et ce barrage hydraulique qui encouragea les entreprises à s’installer sur les rives du Rhin. Il méritait bien un buste en sa mémoire au Mosergarten! Mais l’homme d’affaires a aussi laissé une marque horlogère, créée en 1828 à Saint-Pétersbourg. Surnommée la «petite perle de Schaffhouse», H. Moser & Cie retrouve un peu de sérénité après douze mois difficiles et une menace de faillite. Elle vient de nommer un nouveau CEO, Edouard Meylan, et affiche désormais d’autres ambitions: retrouver les chiffres noirs dans un délai de trois ans.

Jean-Daniel Sallin:Qui est MELB Holding, qui vient de prendre le contrôle de la société H. Moser & Cie?

Edouard Meylan: MELB est la contraction de «Meylan Edouard Léonore et Bertrand». C’est une société gérée à 100% par notre famille. Mon père, Georges-Henri (ndlr. ex-CEO d’Audemars Piguet), en est le président et ma mère, la vice-présidente. Avec mes frère et sœur, nous faisons partie du comité directeur. Nous sommes plutôt actifs dans le luxe, l’immobilier et le med tech. Après avoir fait l’acquisition de Hautlence en 2012, nous sommes devenus actionnaires majoritaires de Moser.

On vous doit la création de la marque haut de gamme Celsius X VI II, des téléphones à complications horlogères…
Avec mes associés, nous avons lancé cette marque en 2006. Je suis toujours dans le board . Mais si mon cœur est toujours lié à Celsius, je reste désormais actif dans l’ombre. Moser & Cie est un gros investissement en termes de stratégie, on ne peut pas se disperser.

Pourquoi cet intérêt pour cette entreprise schaffhousoise?
H. Moser & Cie est une marque magnifique. C’est une société avec des infrastructures et une histoire. Nous avons aussi accès à des organes réglants et à six mouvements manufacture. Il nous semblait possible de trouver l’équilibre. Même si ça reste un sacré défi, nous avons remarqué autour de nous que la marque conservait une certaine aura.

Comment expliquer alors qu’elle ait connu autant de difficultés?
Cela tenait peut-être aux ambitions de l’équipe précédente qui, avec l’outil industriel à disposition, visait une production de 5000 montres par année. Or, la manufacture dépassait à peine la barre des 1500. Il est impossible de gagner de l’argent sans ce volume! Il y avait aussi un souci de communication. Moser crée de très beaux produits, mais on ne les voyait pas…

Quelles sont les premières mesures que vous avez prises?
Il nous a fallu d’abord sécuriser l’aspect financier. En négociant avec les banques. En optimisant aussi le prix de revient des mouvements. Malheureusement, nous avons aussi été contraints de nous séparer d’une trentaine de personnes. Si la collection s’inscrit dans la continuité, nous travaillons désormais sur le territoire de la marque, sur une nouvelle identité, que nous dévoilerons après l’été au gré d’une grosse campagne de publicité.

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