Les coulisses de la révision d’une montre

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Les coulisses de la révision d’une montre - Service après-vente
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L’entretien ou la révision d’une montre sont des étapes indispensables à son bon fonctionnement. Pourtant, elles sont souvent appréhendées, faute de savoir quelles opérations précises vont être réalisées. Plongée dans les coulisses!

Il existe en général deux catégories de révision : le simple entretien et la révision à proprement parler, en profondeur. En parallèle, les montres anciennes font le plus souvent l’objet d’un traitement spécifique.

L’entretien courant correspond à un traitement de surface des matériaux et des composants. Il n’y a pas de démontage du mouvement de la montre. Pour ce qui est de la boîte, elle sera polie en surface pour lui redonner de la brillance mais les éraflures en profondeur resteront visibles. La glace, si elle est en matière organique (Plexi) sera polie, ou éventuellement remplacée, et les joints de fond remplacés. Ces opérations, mineures, ne doivent pas prendre plus de quelques heures pour un horloger qualifié. C’est une maintenance simple que l’on peut, par exemple, effectuer à son retour de congés pour déloger sable et sel ou redonner de l’éclat à la montre. Elle ne remplace pas la révision.

Cette dernière est une opération à effectuer environ tous les cinq ans pour les montres à mécanisme simple ou à faible complication (un guichet de date, par exemple), et tous les trois ans pour les pièces compliquées (quantième perpétuel, phase de lune, tourbillon, voire répétition minute).

Revision montre bains de nettoyage
Dans le grand bain

La friction est la grande ennemie du mouvement. Elle peut résulter de deux phénomènes : la disparition pure et simple des huiles lubrifiantes (par usure, évaporation ou décomposition), ou bien leur ‘gommage’, c’est-à-dire leur densification, principalement avec le concours de poussières et particules qui s’y sont mélangées.

C’est déjà lors du démontage que l’horloger cherche tous les indices pouvant lui indiquer des frottements anormaux et ainsi détecter des composants critiques ou éventuellement affectés. Aussi, la première étape d’une révision est toujours celle d’un nettoyage du mouvement complètement désassemblé. Il comporte au minimum trois étapes, réalisées en une trentaine de minutes au total par trois bains successifs : nettoyage par ultrasons, rinçage, puis passage à l’alcool pur pour enlever toute trace d’humidité.

Cette étape sera suivie, comme toutes les autres, d’un contrôle visuel supplémentaire de la part de l’horloger. Bien souvent, lorsque l’huile aura ‘gommé’, il pourra être amené à curer à la main certaines aspérités du mouvement, avant de repasser les composants concernés au cycle complet de nettoyage.

Joints, à changer ou pas ?

La pérennité des composants nettoyés sera garantie par l’efficacité des joints. Sans une bonne étanchéité assurée par eux, la montre serait vouée à une lente agonie.
Malgré quelques avis divergents, une bonne révision comporte donc toujours un changement de tous les joints de la montre : joint de lunette, de fond, etc. Certains considèrent que leur graissage au silicone peut leur donner une seconde vie. Il est toutefois communément admis que ce composant est trop critique pour pouvoir souffrir un quelconque risque de laisser passer eau et poussière...

revision montre joints
C’est rayé, c’est récupérable ?

Une éraflure de surface peut sans difficulté être effacée en révision avec un polissage. Il faut néanmoins garder à l’esprit que le polissage consiste, avant tout, à enlever de la matière et fragilise donc un peu plus la boîte. Aussi, parfois, il vaut mieux s’accommoder d’une éraflure plutôt que de s’exposer à en subir d’autres en raison d’une surface affaiblie par le polissage.

Pour les rayures, plus profondes, la révision permet l’ajout de matière. Un micro-fil de la matière de la boîte est déposé sur la rayure puis fondu en elle, souvent au laser, pour combler la matière enlevée. Le polissage redonne ensuite à la zone concernée son lustre d’origine.


Le cas des montres anciennes

Les garde-temps les plus anciens demandent, à certains égards, un traitement spécifique. Côté mouvement, même une révision ne pourra faire de miracles. Par exemple, il est préférable d’éviter de toucher au spiral ou au ressort de barillet, que le retrait et nettoyage peuvent tout simplement briser. Malgré la mention ‘révision complète’, il n’y a donc pas lieu de s’alarmer si ces opérations ne sont pas effectuées et si les fonctions associées (notamment la réserve de marche) ne reviennent pas à leur première jeunesse. Ce sera, au contraire, la griffe d’un horloger expérimenté.

Par ailleurs, sur les pièces anciennes, le joint était en plomb. Sa compression lui faisait parfaitement épouser les contours de la boîte, la rendant ainsi étanche. On ne change pas ces joints. L’horloger le conservera mais avisera donc son client que l’étanchéité n’est pas garantie.
Enfin, côté boîte, il existait dans les années 50 des boîtes étampées. Elles n’étaient pas massives, bien que donnant cette impression. Au contraire, sous la surface visible, il n’y avait pas de matière. Ici, ni soudure ni laser ne sont possibles : la boîte, trop fine, fondrait. Lors d’une révision, l’horloger ne pourra donc là aussi avoir recours qu’au polissage.

Reglage avance retard
Les vertus de la patience

Désassemblage, nettoyage et remontage, dans le cas d’une montre simple et fonctionnelle, prennent théoriquement moins d’une journée. La révision ne s’arrête pas là pour autant : des tests d’isométrie (examen de la précision de la montre) et de réserve de marche sont effectués sur un cyclotest (appareil destiné à faire prendre à la montre différentes positions alternatives), pendant au moins trois à quatre jours. Un cycle complet de révision prend donc une petite semaine.

Revision montre demontage
Les montres compliquées sont régies par des règles radicalement différentes, pour deux raisons. La première, évidente, est que les complications demandent un temps de démontage et de remontage sans commune mesure. Une grande sonnerie peut, par exemple, requérir deux mois d’intervention.
La seconde raison est que pour ce type de pièce de haute voltige, c’est l’horloger qui l’a lui-même conçue qui va en effectuer la révision, directement à la manufacture. Qui plus est, un contrôle final de la pièce sera souvent effectué par un autre service dédié. L’ensemble prendra donc un trimestre environ.

Enfin, ces variables seront affectées par le contexte dans lequel la montre a évolué. Un environnement permanent de forte humidité ou pression pourra faire vieillir les huiles plus vite. Et, contrairement à une idée reçue, un maintien prolongé au coffre affectera aussi le bon fonctionnement d’une montre et demandera également une révision : une montre, avant tout, est faite pour être portée... et mérite ses entretiens réguliers!