#wtsihh/Avec son stand tiré d'un roman Fantasy, la manufacture genevoise a assuré une présence forte au dernier SIHH en affichant clairement sa mue à travers quatre univers distincts et spectaculaires.
WORLDTEMPUS – 17 février 2012
Louis Nardin
«Juste fou mais parfait», dira Jean-Marc Pontroué, CEO de Roger Dubuis, pour décrire l'état d'esprit animant la marque lors du dernier SIHH. En effet, les lecteurs du Seigneur des Anneaux et de littérature fantastique n'auraient quitté pour rien au monde le stand de Roger Dubuis. Le sas d'entrée baignait dans la lumière violet-bleue de tubes luminescents tombant du plafond. Les murs tapissés de plaques d'épaisseurs inégales évoquaient l'intérieur d'un vaisseau spatial. De ce point central, quatre «mondes» tentaient de happer le visiteur qui venait de passer d'un salon de haute horlogerie à la case départ d'un jeu de superhéro. A l'image de ce stand, assurément le plus fou de tous, Roger Dubuis affirme son retour à temps plein comme marque de haute horlogerie hors limites. Elle martèle aussi son crédo: une créativité ostentatoire, l'effacement des codes anciens et l'affirmation d'une identité à la fois décomplexée, forte, jeune, conquérante et se mêlant volontiers au surnaturel. A l'image de ses collections, qui s'étoffent cette année des lignes Pulsion et Velvet, l'ensemble explose et en phase avec l'esprit d'origine.

L'horloger de retour
«En rejoignant la marque qu'il a co-créé, l'horloger Roger Dubuis redonne son âme à la marque», a dit Jean-Marc Pontroué, officiellement CEO de la marque dès le 1er février dernier. En effet, le maître-horloger a rejoint la manufacture dont il avait été évincé sous l'ère de Carlos Dias et avec lequel il avait fondé la marque en 1995. Sa mission désormais: s'entretenir avec les collectionneurs et les passionnés des produits Roger Dubuis.
Sous l'angle des produits justement, l'identité réactualisée de Roger Dubuis s'est dévoilée cette année dans sa totalité. L'esprit «casino» qui avait entouré le lancement de la ligne Monégasque en 2011 est devenu une vraie marque de fabrique puisque les cartes à jouer, par exemple, sont devenues un dénominateur commun à tous les univers.

Guerrier, aventurier, joueur et diva
Quatre univers qui constituent autant de mondes magiques et oniriques à commencer par l'Excalibur et son imaginaire chevaleresque. Armures sur pied et épées d'époques accrochées à la paroi, la salle dédiée à la collection dévoilait son univers guerrier à travers des nouveautés au diamètre réduit de 42 mm de diamètre cette année. A noter que cette seule collection intègre 15 calibres différents. Fer de lance du renouveau, la collection Monegasque continue de provoquer le côté joueur de la clientèle tandis que, réelle nouveauté de cette année, la collection inédite Pulsion entend titiller les vocations d'aventurier. Comportant uniquement des chronographes pour le moment, elle signe ses modèles d'une glace saphir débordant pour arriver à fleur de la carrure. Une idée déjà vue, entre autres, chez Ebel avec sa 1911 Tekton Real Madrid, mais assurément trop rare car l'effet s'avère percutant en plus d'être élégant. Seconde nouvelle venue, la collection Velvet est destinée aux femmes et les invite à consommer leur quotidien en divas. Sa forme de boîtier rond présentant à 12h et à 6h une double «parenthèse» la distingue nettement de la concurrence et s'avère très convaincante. «Cette nouvelle collection dont les modèles sont tous par défaut sertis ou contenant au moins quelques gemmes est aussi appelée à devenir une porte d'entrée pour les femmes à nos collections de haute joaillierie», explique M. Pontroué.

Cher Poinçon de Genève
Après une phase de remise à niveau en profondeur des calibres et des collections – les mouvements révisés portent désormais une référence à trois chiffres -, Roger Dubuis, qui emploie 250 personnes, arrive au terme de sa mue. Des fondements restent inchangés avec en particulier une production estampillée à 100% Poinçon de Genève, «ce qui engendre une augmentation de 40% des coûts de fabrication des calibres», note Jean-Marc Pontroué, ou des collections limitées au maximum à 88 exemplaires. Sortant d'une année 2011 marquée par «une hausse des ventes de 25%» avec une production de 4500 modèles, Roger Dubuis semble avoir confirmé ce retour en janvier encore avec des résultats annoncés comme très prometteurs, cela pour des garde-temps dont le prix moyen s'établit tout de même à 210'000 euros. Commercialement toujours, la marque a également annoncé remanier son réseau de vente en réduisant la quantité de revendeurs indépendants jusqu'à atteindre une proportion égale entre le réseau de vente directement maîtrisé par Roger Dubuis et ces derniers. Par ailleurs, 20 à 25 boutiques en propre devraient voir le jour dans les 3 ans à venir.

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