Le casse-tête du calendrier

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#wtsihh / Avec le SIHH en janvier, Baselworld en mars, et une multitude de nouveaux salons de moindre envergure surtout concentrés en fin d'année, les professionnels de la vente doivent établir des stratégies toujours plus complexes.


WORLDTEMPUS – 31 janvier 2012

Brice Lechevalier


Avant, c'était simple. Le tandem Baselword – SIHH réunissait toute la planète horlogère une fois par an au printemps, les détaillants passaient leurs commandes, retournaient chez eux et ne remettaient plus les pieds dans un salon pendant un an. Après 2007, c'est devenu de plus en plus compliqué. Non seulement le grand rendez-vous planétaire s'est scindé en deux dates, mais en outre le SIHH a vu se développer des événements parallèles tels que le Geneva Time Exhibition, des expositions indépendantes et des rendez-vous organisés au même moment par d'autres groupes comme LVMH et le Swatch Group. En parallèle, les salons régionaux se sont multipliés sur la plupart des principaux marchés et ont lieu tout au long de l'année. Oscillant entre fatalité et pragmatisme, les clients des marques que sont les détaillants nourrissent néanmoins une certaine nostalgie du bon vieux temps.


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Deux visions

Devant la multiplication des salons horlogers, les détaillants réagissent de deux manières. Ainsi, chez le Suisse Gübelin, rien n'a changé: la dizaine de collaborateurs se déplace au bord du Rhin comme au bord du Léman, mais uniquement au SIHH, sans se disperser. Et là, peu importe que les dates ne coïncident plus ou que d'autres initiatives aient vu le jour, ce qui compte avant tout c'est le contact avec les marques présentes aux deux principaux salons et la présentation des nouveautés qui viendront renouveler leurs vitrines.

A l'autre bout du monde, John Simonian de Westime (Los Angeles) se rend quant à lui à tous les salons: Bâle, Paris, Las Vegas, Singapore, Tokyo, et bien sûr Genève, où il arpente les couloirs du SIHH comme ceux des hôtels où exposent les indépendants du haut de la pyramide. Pour quelles raisons? «Pour qu'on ne m'oublie pas!» rétorque-t-il non sans humour. Car c'est un fait, de plus en plus de grandes marques cherchent à intégrer leur distribution, se coupant progressivement de leurs détaillants qui, eux, doivent chercher des alternatives. D'ailleurs le Français Walter Ronchetti, fondateur de Kronometry1999, note que le «rapport entre les manufactures et les détaillants se tend de plus en plus», même si sur les salons «les hôtesses ont toujours le sourire et le champagne reste de qualité». Il déplore au passage qu'en terme d'accueil lors de tels événements «les budgets sont de plus en plus serrés, alors qu'on les gaspiller ailleurs.» Pour lui c'est clair, les organisateurs de salons devraient se montrer plus réalistes et il faudrait reprogrammer Bâle et Genève au même moment. Avis largement partagé par les autres détaillants interrogés.

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Dialoguer

Qu'il s'agisse de Gübelin, Kronometry1999, Westime ou encore Chronométrie Piguet à Gstaad, on s'accorde sur un point: il est plus facile de déplacer les personnes que les collections, les salons mondiaux de l'horlogerie ont donc toute leur légitimité. «C'est le seul moment ou nous pouvons voir et toucher les pièces» insiste la directrice de ce dernier point de vente, Laetitia Boni, qui ne se rend pas non plus ailleurs qu'au SIHH ou à Baselworld. Le rendez-vous bâlois s'avère être son préféré, moins «hautain» et plus convivial que celui du bout du lac qui se considère «comme une élite», sans compter qu'«il est difficile de se libérer en janvier et nous n'avons pas le recul sur les ventes des Fêtes de fin d'année». Last but not least, «Nous n'avons pas encore reçu toutes les nouveautés de l'année précédente qu'il faut déjà commander les suivantes». Comme tous les autres, la professionnelle de la distribution considère que le deuxième atout des salons consiste à pouvoir dialoguer avec les marques, même si d'autres rencontres jalonnent l'année.


Défricheurs

Dernière tendance, les défricheurs. Denis Asch, fondateur de l'Heure Asch à Genève, a beau arpenter les halles de la Messe depuis 20 ans et celle de Palexpo depuis 10 ans, il trouve indispensable de découvrir les nouvelles marques présentes au GTE, même s'il souhaiterait moins de dispersion entre les différents sites d'exposition. Dans l'ensemble, il rejoint ses collègues sur la qualité de l'accueil:» Les professionnels sont toujours très agréablement reçus, la logistique et l'organisation sont bien huilées», mais il déplore cependant les prix largement exagérés des hôteliers rhénans «pour ceux qui ont eu la chance de trouver une chambre à moins de 100 kms du centre de Bâle.»

Alors, quelle solution adopter? Faut-il vraiment comme le suggère John Simonian «Un salon majeur par continent pour les marchés concernés»? Ou plus clairement définir les salons pour les professionnels et ceux qui se destinent au public? Comme d'habitude, chacun fera son choix, et le marché aura le dernier mot.

Brice LeChevalier est Rédacteur en chef du magazine GMT