Les records tombent encore à Genève

2 minutes read
La semaine genevoise des ventes se monte à quelque 255 millions, avec à la clef un record pour Christie's

Tribune de Genève - 24 mai 2012

Michel Bonel


Il n'y a pas que les arbres pour cacher la forêt. Un diamant peut faire autant de dégâts. Le Beau Sancy, en l'occurrence, paré de toutes ses qualités, techniques et historiques, a masqué en partie, à 9 millions de francs, l'étonnante bonne santé des ventes aux enchères genevoises. Christie's, a même établi un record historique à 136,2 millions de francs, soit le plus haut montant jamais atteint au cours d'une semaine de ventes genevoises.


«Deux surprises»

Pour la haute joaillerie, Christie's et Sotheby's s'en sortent au coude à coude, dépassant chacun les 100 millions de francs. «Comme un clin d'œil à la compétition permanente que se livrent ces deux grandes maisons», estime Eric Valdieu, expert indépendant genevois, qui a beaucoup acheté pour sa société Divine Jewels, basée au Luxembourg et opérationnelle à Genève. Le pourcentage de lots vendus est de plus de 90% dans les deux ventes, tandis que les deux collections Lily Safra et Suzanne Belperron se sont vendues à 100%, cette dernière triplant ses estimations à 3,2 millions de francs. Même la Superb Private Collection de Sotheby's, comprenant les lots 596 à 674, s'est vendue à 93,6%, atteignant 17,5 millions.

Et Eric Valdieu de poursuivre que «deux grosses surprises» ont été enregistrées chez Christie's. Ainsi, une broche saphir de 47.15 carats s'est vendue 3 443 000 francs, ce qui met le carat à 77 500 dollars, soit plus du double de ce qu'il était auparavant. L'autre, c'est le prix fabuleux atteint par le sherpah indien, qui est monté à 4 451 000 francs. «Chez Sotheby's, une perle naturelle en pendentif m'a surpris, faisant 1 142 500 francs par rapport à une estimation de 50 000 à 80 000 francs», reprend Eric Valdieu. «Ceci est dû, je pense, à la rareté de ces pierres et au fait que l'acheteur possédait la sœur jumelle.»

Enchères_332720_0



«De plus en plus cher…»

Les montres, de leur côté, ont atteint un montant global de près de 46 millions de francs chez Antiquorum, Christie's et Sotheby's. Marc A. Hayek a acheté trois Breguet – deux chez Christie's pour plus de 7 millions de francs et une chez Sotheby's – qui iront enrichir le musée de cette marque. Un record mondial a ainsi été établi, à 4,3 millions, pour une «montre plate à deux mouvements sur le principe des chronomètres». Elle possède deux cadrans, en chiffres arabes et en chiffres romains. Payée 2 500 000 francs, la deuxième est une grande complication de 1827. Chez Sotheby's, c'est une pendule à almanach datant de 1825, adjugée 422 500 francs, qui s'apprête aussi à rejoindre le musée. Geoffroy Ader, de Sotheby's, estime que «le marché ne cesse de se développer depuis cinq ans pour les montres historiques».

Quant à l'expert, Arnaud Tellier, il constate que «tout ce qui est haut de gamme se vend de plus en plus cher. Ce qui est simplement moyen ne se vend même plus, ou alors à vil prix. Les clients sont de plus en plus connaisseurs et sélectifs.»

Enchères_332720_1

 

Marque