Swatch Group maintient un rythme élevé

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Le bénéfice net est en hausse de 25% en glissement annuel à 724 millions de francs.

 

L'Agefi - 25 juillet 2012

Philippe Rey

 

Performance semestrielle en très forte progression

Swatch Group a enregistré une nouvelle croissance à deux chiffres de son chiffre d'affaires et de son bénéfice d'exploitation lors du premier semestre 2012. Le cash-flow opérationnel a cependant reculé à 256 millions de francs, du fait d'une augmentation stratégique des stocks et d'impôts plus élevés.

Sa situation financière s'avère excellente avec un taux d'autofinancement supérieur à 80%, la quasi absence de dettes financières et des liquidités nettes de plus d'un milliard de francs.

Ses perspectives s'annoncent positives pour le second semestre, en particulier avec Omega, qui sera chronométreur officiel des jeux olympiques à Londres. La croissance reste dynamique dans tous les segments et régions, particulièrement hors Asie. La barre d'un chiffre d'affaires de 8 milliards de francs reste l'objectif de l'exercice 2012.

Les opportunités surpassent les risques pour l'avenir, malgré les incertitudes actuelles. Swatch Group a connu une vive croissance au premier semestre. Le groupe horloger a dégagé un bénéfice net en hausse d'un quart par rapport à la même période de l'an dernier à 724 millions de francs. Le chiffre d'affaires a lui augmenté de 14,4% à 3,85 milliards.

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L'évolution qualifiée d'«à nouveau très positive» a profité à toutes les régions importantes et tous les segments de prix, a indiqué Swatch Group hier. Malgré le franc fort, l'impact de change s'est révélé positif (+1,6%) sur des ventes qui en chiffres absolus ont crû de près de 500 millions.

Le pilier du groupe biennois, les montres et bijoux, a vu son chiffre d'affaires progresser de 16,7% à 3,4 milliards de francs. Sur le plan opérationnel, la division a réalisé un bénéfice de 718 millions (+15,6%), soit plus des trois quarts de celui dégagé par Swatch Group (+19,4% à 903 millions).

La performance est pourtant survenue dans un contexte de fort renchérissement des coûts d'achat de l'or et des diamants, précise le numéro un mondial de l'horlogerie. De plus, ce dernier signale avoir pratiqué une «politique conservatrice de hausses de prix à court terme».

Swatch Group dit toujours s'appuyer sur des marques fortes ainsi qu'un vaste réseau de distribution et de détail. La multinationale n'entend pas pour autant se reposer sur ses lauriers, comme le prouve l'attention particulière portée au développement de l'appareil de production.

Swatch Group consacre 40% de ses investissements dans l'accroissement de ses capacités et 50% à l'élaboration de nouvelles technologies et nouveaux produits. Le solde sert au remplacement des capacités actuelles. L'entreprise investit également dans l'extension de sa distribution et de son marketing.

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A La Chaux-de-Fonds, le groupe vient de démolir l'ancien site du fabricant de piles Energizer, acquis l'été dernier dans la foulée de l'annonce du départ de la firme américaine. Il va construire à la place une usine dédiée notamment au spécialiste des aiguilles de montres Universo, basé dans la métropole horlogère.

Dans les systèmes électroniques, le chiffre d'affaires a atteint 160 millions de francs (+14%), dont 145 millions à destination de tiers. Le contexte économique difficile a en revanche fait fondre le bénéfice opérationnel de 15 à un million. En ce qui concerne le deuxième semestre, Swatch Group se montre optimiste, en parlant de perspectives «prometteuses». Il ambitionne toujours de franchir le cap des 8 milliards de francs de chiffre d'affaires en 2012, un record, malgré un ralentissement constaté dans le haut de gamme en Chine et à Hong Kong.

«Si aucun changement significatif n'intervient, notre bénéfice net dépassera la barre de 1,5 milliard cette année», précise Nick Hayek dans une interview diffusée sur le site du Temps. Pour 2013, le directeur général s'attend à une croissance du chiffre d'affaires de 5 à 10%, taux qu'il qualifie de «beaucoup plus sain».

Le mot record prévaut d'ailleurs aussi pour l'horlogerie suisse dans son ensemble, dont les exportations ont augmenté de 16,4% au premier semestre à 10,14 milliards de francs. A ce rythme, battre le record établi en 2011, avec 19,3 milliards sur l'année, demeure pleinement possible.

A court terme, Swatch Group table sur l'effet promotionnel des Jeux olympiques, dont il sera pour la 25e fois chronométreur officiel à Londres. Les effectifs se sont pour leur part accrus de 505 personnes entre fin juin 2011 et fin juin 2012, pour totaliser 10.310. A la Bourse suisse, le marché a salué un premier semestre solide. A la clôture, le titre gagnait 2,27% pour s'établir à 369,90 francs.

 

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La supériorité à long terme

La durée de détention idéale d'un titre est à jamais. Cette maxime de Warren Buffett s'applique en particulier à Swatch Group, qui demeure un groupe hors du commun, avec un avantage compétitif stable qu'il renforce continuellement. Le nombre de telles entreprises, qui créent durablement de la valeur pour l'ensemble de leurs stakeholders, y compris les actionnaires, forment évidemment une minorité dans l'univers de l'entreprise en général. Une longue durée de détention ne s'applique qu'aux sociétés qui sortent du lot et non pas à celles qui sont moyennes et ne parviennent ainsi pas à dépasser le coût de leur capital dans la durée, par delà les cycles économiques. La croissance organique, la marge d'exploitation et la situation financière (avec des liquidités nettes de plus d'un milliard de francs et un taux d'autofinancement de plus de 82% à fin juin 2012) de Swatch Group sont excellentes. Le rendement de ses fonds propres est supérieur à 17%, malgré un equity ratio de plus de 80% et un payout ratio de l'ordre de 25%. Comme ses chances surpassent les risques à long terme, Swatch Group procède à des investissements d'expansion considérables et à une augmentation stratégique de ses stocks. Reflétant la capacité d'innovation et la stratégie axée sur le long terme du groupe.Même si cela se traduit, dans un premier temps, par des investissements corporels plus élevés et un cash-flow disponible (free cash flow) plus bas. Un actionnaire doit conserver ses actions et en accumuler lors de phases de panique du marché boursier, qui créent des prix attractifs.

 

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