L'Agefi - 22 mai 2012
ats
Le service anticontrefaçon de la Fédération de l'industrie horlogère suisse a saisi des copies de montres de luxe très complexes ainsi que des copies de montres d'entrée de gamme. Une première dans le domaine des contrefaçons horlogères, où les faussaires affichent des progrès étonnants.
En grande majorité chinois, les contrefacteurs de montres suisses ont aujourd'hui les moyens techniques et les connaissances nécessaires pour fabriquer des produits de grande qualité et précision, comme les montres à tourbillon vendues plusieurs milliers de francs dans le secteur du luxe. «C'est une première et une surprise de se rendre compte que les faussaires maîtrisent maintenant des mouvements ultracompliqués », a indiqué dimanche à la télévision RTS Michel Arnoux, chef du service anticontrefaçon de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH).

Contacté par l'ats hier, le chef enquêteur qualifie ces saisies d'un nouveau genre de «début de phénomène ». Les douanes suisses auraient intercepté durant ces derniers mois plusieurs produits de ce type, originaires de sources différentes. «Nos services d'enquête en Asie du Sud-Est ont été informé de ces nouvelles tendances et travaillent depuis plusieurs mois à remonter la filière jusqu'aux ateliers de fabrication chinois», explique Michel Arnoux. «Les faussaires chinois, dont on connaissait déjà le savoir-faire technologique et technique impressionnant, disposent maintenant de moyens financiers suffisants pour investir dans un parc de machines sophistiquées. »
Pour les marques concernées, les fausses montres de luxe qui se vendent au même prix que les vraies, en trompant le consommateur, représentent un manque à gagner considérable, contrairement à celles vendues au rabais. «Nous estimons le dommage à plusieurs dizaines de millions de francs, puisque nous pensons que des centaines de milliers de pièces sont contrefaites», a précisé à la RTS François Thiébaud, président de Tissot (Swatch Group). «Suite à des difficultés d'écouler leur stock sur le marché, avec la crise notamment, les fabricants de pièces contrefaites ont bradé les prix pour intéresser les contrefacteurs», relève Michel Arnoux. «La commercialisation de ces produits s'oriente vers de nouvelles niches, vers des réseaux de distribution pour des contrefaçons chères, avec des marchés intéressants comme les Etats-Unis.»
