L'horlogerie a investi 1 milliard en Suisse

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#wtbasel/ A Bâle, la foire des montres a fait de grosses dépenses pour se moderniser. Les horlogers aussi.

Tribune de Genève - 8 mars 2012

Katarzyna Gornik



L'horlogerie est en forme, en Suisse comme dans le monde. Partout, ou presque, les montres (et les bijoux) se vendent comme des petits pains. Les commentateurs répètent tous les mêmes mots: croissance, haut de gamme, savoir-faire et… Chine. «La situation mondiale n'a cessé de se détériorer. A la crise des dettes abyssales de nombreux pays se sont ajoutées celles de l'euro, du dollar, la surévaluation du franc …» a détaillé Jacques Duchêne, président du comité des exposants, lors d'une conférence de presse hier, à Bâle, à l'occasion de l'ouverture de Baselworld, foire internationale dédiée à l'horlogerie.

L'énumération des chapitres de la récession évoquait une litanie implorant le pardon, tant l'horlogerie jouit d'une situation qui en fait «un cas probablement unique», selon Jacques Duchêne.

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Nouveaux débouchés

La chance n'est pas la seule explication. «Loin de se reposer sur leurs lauriers, les horlogers n'ont cessé de chercher de nouveaux débouchés.» En outre, ils ont investi, a insisté Jacques Duchêne, «en hommes et en moyens, pour être capables de susciter la demande, mais aussi d'y répondre». Tout comme le groupe MCH, qui gère Baselworld. Son directeur général, René Kamm, a annoncé que les travaux d'agrandissements du site, qui seront dévoilés dès 2013, représentent 430 millions d'investissements. En Suisse, le bel effort de l'industrie horlogère peut se chiffrer. Il y a quelques semaines, la Fédération de l'industrie horlogère suisse évoquait quelque 700 millions investis par la branche ces derniers mois.

C'était avant que Swatch publie son rapport de gestion pour l'année écoulée, chiffrant à 530 millions de francs ses investissements dans divers secteurs (dont 232 rien que pour son appareil de production). En mettant bout à bout tous les projets, annoncés tout au long de 2011, on atteint un niveau dépassant le milliard de francs. Plus loquace que ses concurrents, et plus volontariste peut-être, Swatch, par ces «dépenses» conséquentes, se place en tête des acteurs évoluant sur le marché suisse.



Manne pour l'arc jurassien

Le géant suisse a distribué sa manne dans tout l'arc jurassien, de L'Orient (VD) à Boncourt (JU), en passant par Bienne, son fief où le groupe vient d'annoncer la construction de trois nouveaux bâtiments, pour booster la manufacture d'Omega mais aussi pour s'offrir un siège doté d'un pôle muséal, dédié à son histoire. Agrandissement de la manufacture de Breguet, centre logistique flambant neuf pour Tissot, construction d'un 5e bâtiment pour la marque François Golay… Quelques exemples piqués dans une liste à rallonge.

Le groupe genevois Richemont se place deuxième avec près de 300 millions de francs investis, principalement dans la production, suivi par Rolex, avec 100 millions dépensés pour agrandir son site biennois. LVMH se place en queue de peloton des «grands groupes», avec un «petit» 70 millions, consacrés à renforcer sa capacité de production.

 

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L'euphorie, quasi générale


A en croire les organisateurs et leurs invités, les 1815 exposants de Baselworld (horlogers et bijoutiers, venus de 41 pays) auront la patate cette année. L'horlogerie helvétique n'est en effet pas la seule à être à la fête. L'Allemagne se réjouit également. Chez le voisin du nord, l'exercice 2011 représente la deuxième année consécutive de succès pour le secteur horloger, avec une croissance de 24% des exportations, 580 millions d'euros de chiffre d'affaires et pas moins de 1,4 milliard d'exportations (+21%).

A l'ouest, la France se porte également très bien. Ses exportations sont en hausse de 34% pour l'horlogerie et la joaillerie. Une croissance assurée, en grande partie, par les achats des touristes étrangers, à l'instar de l'Allemagne.

En revanche, au sud, du côté italien où on est principalement axé sur la joaillerie, on a vu les volumes diminuer à l'exportation, du fait de l'augmentation des prix, qui se sont adaptés à la hausse des prix des matières premières.

 

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