L'Agefi - 20 novembre 2009
Bastien Buss
L'aventure française de Technotime est terminée. Cette semaine, le tribunal de commerce de Valdahon a prononcé la liquidation de la filiale française de Technotime, sise à Valdahon dans le Doubs. La justice a cependant accordé à l'entreprise spécialisée dans les mouvements de montre une poursuite des activités jusqu'au 11 décembre afin d'honorer les dernières commandes.

La société Technotime, née du rachat de France Ebauches en 2001, qui possède trois autres filiales, deux en Suisse et une en Chine, se dessaisit du seul site de Valdahon, qui n'a pas trouvé de repreneur. Ce dernier employait 80 salariés, mais deux plans sociaux se sont succédé qui ont ramené l'effectif aux 31 salariés qui espèrent aujourd'hui voir leurs primes de licenciement améliorée.
Au début de l'année, la société comptait 150 employés, répartis entre les Brenets (NE), la Chauxde- Fonds et Valdahon. Aujourd'hui, plus qu'une soixantaine de personnes travaillent encore en Suisse. Ces mesures drastiques doivent permettre à l'entreprise, propriété d'un investisseur hongkongais, d'être encore présente après la crise, selon son management. Par ailleurs, Technotime va bientôt être en mesure de livrer son premier tourbillon maison.
«Les 20.000 utilisateurs finaux qui ont acquis des produits Technotime en 2008 montrent si besoin était qu'il y a une place pour un petit poucet entre les géants de l'horlogerie», selon l'entreprise dirigée par Laurent Alaimo. Lequel confiait récemment à L'Agefi que «notre hypothèse de travail est que nous sommes en face d'une crise durable, qui se poursuivra au-delà de 2009, et sera très certainement suivie d'une reprise modeste, sans commune mesure avec les performances habituelles de l'horlogerie. » Ce cas illustre une fois de plus l'impact violent de la récession sur les fournisseurs horlogers.
