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Les montres suisses sont les vraies stars

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La Fédération horlogère suisse a publié les chiffres à l'exportation d'avril, confirmant à nouveau l'hégémonie mondiale du Swiss made.  Agefi  www.agefi.com


A peine le temps de boucler les salons et déjà l'horlogerie annonce un niveau de croissance à deux chiffres. Les fêtes religieuses ont fait durer le suspens, mais les chiffres sont finalement tombés. Le secteur est une fois de plus rassuré, l'horlogerie suisse se porte bien. Et plus encore puisque la tendance enregistrée depuis bientôt quatre ans se confirme ce printemps. De quoi définitivement faire perdre sa patine à l'âge d'or de l'horlogerie suisse des années 1960. En avril, les exportations horlogères se sont établies à 1,7 million d'unités et 1,151 milliard de francs, dépassant les résultats de la même période de l'exercice 2006. La Fédération horlogère suisse, qui émet les statistiques sur la base des informations des services douaniers, précise que «la situation s'est maintenue à un excellent niveau». A preuve, le premier tiers de l'année affiche déjà une valeur cumulée en progression de 17%, à 4,5 milliards de francs. Avec ses presque 14 milliards, l'année dernière avait été qualifiée de record. 2007 devrait relever encore la barre et inscrire un gain annuel avoisinant les 10%, bonne conjoncture mondiale oblige. Les Etats-Unis confirment la reprise de la demande
Dans le détail, avril marque le retour des Etats-Unis, qui confirment leur importance habituelle et la poursuite de la progression de la demande après une légère inversion en mars. «Chaque année, on dit que la demande américaine va baisser, mais ce débouché reste porteur», recadre Jean-Daniel Pasche, à la tête de la Fédération horlogère. L'Asie conserve la palme de la plus forte progression en termes de valeurs, malgré l'une des rares baisses d'avril enregistrée à Hong Kong. En Europe, les marchés historiques, comme la France (+14,4%), l'Italie (+10%) et l'Allemagne (+5,9%), continuent d'afficher une demande en croissance. A noter que la clientèle germanique s'est largement reprise depuis le refroidissement survenu il y a trois ou quatre ans. L'Europe de l'Est se montre toujours très friande de garde-temps helvétiques, spécialement la Russie, l'Ukraine et les nouveaux membres de l'Union européenne. Les volumes évoluent moins vite que la valeur
Comme à l'accoutumée, le haut de gamme tire toutes les statistiques dans le vert vif. «A l'instar de 2006, les volumes à l'exportation évoluent moins vite que leur valeur», appuie Jean-Daniel Pasche. Le segment des montres à 3000 francs et plus ont affiché une croissance de 16%. Les produits de la gamme inférieure, entre 500 et 3000 francs, se sont contentés d'une hausse de 5%. L'entrée de gamme s'est comportée de manière contrastée. Le nombre de montres à moins de 200 francs a même légèrement reculé. En revanche, la catégorie des 200-500 francs a enregistré la plus forte remontée, dépassant les 20%. Et même si la Suisse est présente sur tous les segments de marché, elle demeure le pays de la haute horlogerie. En termes de valeur, la Suisse compte pour plus de la moitié du marché mondial. Alors qu'en volume la production indigène pèse à peine plus de 2%.
La boulimie de commandes enregistrées pendant les salons laissait entrevoir la bonne tenue des chiffres. A plus long terme, si le dynamisme se maintient, le secteur devra répondre à la question cruciale de la relève. D'autant plus que la force des fabricants réside dans la montre mécanique, la plus gourmande en termes de main-d'œuvre. Dans les écoles, les nouvelles classes s'ouvrent timidement, au rythme d'une politique prudente qui peine toujours à réagir à l'appel du marché.


STEPHANE GACHET

www.agefi.com

Mercredi 30 mai 2007