La plus célèbre toile de Gustav Klimt trône en maître sur les cimaises du Belvédère inférieur. Tandis que Van Gogh triomphe à l'Albertina.
Si Paris a La Joconde, Vienne possède Le Baiser de Gustav Klimt (1862-1918). Ce tableau célébrissime, reproduit jusque sur les boîtes de petits chocolats viennois, occupe la vedette comme sur un trône, tout au bout des salles d'exposition au Belvédère inférieur, un palais délicieusement baroque, le chef-d'oeuvre de l'architecte von Hildebrandt. C'est que cette icône fête ses 100 ans. Il faut voir avec quelle passion contenue, Alfred Weindinger, le conservateur en chef, qui est aussi l'auteur d'un ouvrage exhaustif sur le sujet chez Cotadelles et Mazenod, explique la fusion de ces deux êtres enlacés et la présence de fleurs. 
Klimt l'avait achevé en 1908 et tout de suite, il l'avait dévoilé dans une exposition collective regroupant quelque 160 artistes. Alors que tout l'empire célébrait le 60e anniversaire du règne de François-Joseph Ier, celui qui fut l'époux de Sissi et qui a su favoriser les arts. Dans cette Vienne de début de siècle, alors effervescente de peinture, d'architecture, de musique et de «freudisme », cette exposition appelée «Kunstschau 1908» fut comme une vitrine des nouvelles tendances artistiques. Celle du Belvédère ne reprend qu'une partie de la «Kunstschau» historique qui occupait 54 salles, des jardins, des cours, un café et même un cimetière. Klimt est toutefois présent avec seize oeuvres. Dont la Danae, Les Trois Ages de la Femme, de 1905, et l'étonnant portrait de Fritza Rieder, de 1906. Une absence mais de taille: le portrait d'Adèle Bloch-Bauer, vendu 135 millions de dollars (166 millions de francs), en juin 2006, au milliardaire américain Ronald Lauder. Il est curieux de noter qu'un disciple de Klimt, Leopold Forstner, peignait un peu comme Hodler. La peinture n'était pas alors un acte isolé. La floraison artistique s'étendait aux décors et aux costumes de théâtre et d'opéra, et jusqu'aux jouets et livres pour enfants, comme en témoignent des salles entières, reconstituées.
L'importance des dessins préparatoires Toujours à Vienne, à quelques pas du Palais impérial, Vincent Van Gogh triomphe à l'Albertina. Ce palais- musée rouvert en 2003 après plusieurs années de travaux qui lui ont restitué son aménagement original de 1822, est plus que jamais riche de ses 60 000 dessins et quelque 1 million d'estampes. Les plus grands musées du monde, dont huit suisses, ainsi que des galeries et des collections privées, ont prêté des oeuvres – une cinquantaine de tableaux et 90 dessins – qui aident à comprendre le rôle caché mais décisif des esquisses préparatoires de l'artiste avant qu'il ne se décide à peindre.
M. B.
Gustav Klimt and the Kunstschau 1908 Vienne
Jusqu'au 18 janvier 2009 au Belvédère, Renweg 6.
www.belvedere.at
Van Gogh: Drawn Pictures
Jusqu'au 8 décembre à l'Albertina.
www.albertina.at

Gustav Klimt, Le Baiser, 1908. Huile sur toile, 180 × 180 cm. Belvédère, Vienne. BELVÉDÈRE VIENNE/DR
Klimt l'avait achevé en 1908 et tout de suite, il l'avait dévoilé dans une exposition collective regroupant quelque 160 artistes. Alors que tout l'empire célébrait le 60e anniversaire du règne de François-Joseph Ier, celui qui fut l'époux de Sissi et qui a su favoriser les arts. Dans cette Vienne de début de siècle, alors effervescente de peinture, d'architecture, de musique et de «freudisme », cette exposition appelée «Kunstschau 1908» fut comme une vitrine des nouvelles tendances artistiques. Celle du Belvédère ne reprend qu'une partie de la «Kunstschau» historique qui occupait 54 salles, des jardins, des cours, un café et même un cimetière. Klimt est toutefois présent avec seize oeuvres. Dont la Danae, Les Trois Ages de la Femme, de 1905, et l'étonnant portrait de Fritza Rieder, de 1906. Une absence mais de taille: le portrait d'Adèle Bloch-Bauer, vendu 135 millions de dollars (166 millions de francs), en juin 2006, au milliardaire américain Ronald Lauder. Il est curieux de noter qu'un disciple de Klimt, Leopold Forstner, peignait un peu comme Hodler. La peinture n'était pas alors un acte isolé. La floraison artistique s'étendait aux décors et aux costumes de théâtre et d'opéra, et jusqu'aux jouets et livres pour enfants, comme en témoignent des salles entières, reconstituées.
L'importance des dessins préparatoires Toujours à Vienne, à quelques pas du Palais impérial, Vincent Van Gogh triomphe à l'Albertina. Ce palais- musée rouvert en 2003 après plusieurs années de travaux qui lui ont restitué son aménagement original de 1822, est plus que jamais riche de ses 60 000 dessins et quelque 1 million d'estampes. Les plus grands musées du monde, dont huit suisses, ainsi que des galeries et des collections privées, ont prêté des oeuvres – une cinquantaine de tableaux et 90 dessins – qui aident à comprendre le rôle caché mais décisif des esquisses préparatoires de l'artiste avant qu'il ne se décide à peindre.
M. B.
Gustav Klimt and the Kunstschau 1908 Vienne
Jusqu'au 18 janvier 2009 au Belvédère, Renweg 6.
www.belvedere.at
Van Gogh: Drawn Pictures
Jusqu'au 8 décembre à l'Albertina.
www.albertina.at