Un duo chinois explosif au Louvre

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Le musée débute l'année avec deux expositions aux styles antinomiques mais dont les sujets rapprochent l'art occidental et la Chine.
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Le Louvre à l'heure de la Chine? Une connexion que le vaste bâtiment opère allègrement, grâce à deux expositions qui, malgré des propos tout à fait différents, tendent toutes deux un pont entre l'art occidental et la culture chinoise. La première, «Les Batailles de l'empereur de Chine», se tourne vers le passé en revêtant les cimaises du Louvre d'une série de 16 planches gravées en taille-douce à Paris, sous la direction de Charles-Nicolas Cochin. Exécutées d'après des dessins réalisés à Pékin par les quatre missionnaires jésuites travaillant pour l'empereur Qianlong (1736- 1796) qu'étaient les Frères Giuseppe Castiglione et Jean-Denis Attiret, et les Pères Jean Damascène et Ignace Sickelpart, elles relatent la victorieuse campagne militaire menée par l'empereur en Haute Asie de 1755 à 1759. Monument de la gravure, cette série d'estampes occupe une place particulière dans l'oeuvre de Cochin et, plus généralement, dans l'art du XVIIIe siècle. Si la Chine maîtrisa la technique de l'estampe sur bois quelques siècles avant l'Europe, la technique de la taille-douce ne lui fut divulguée que plus tardivement. L'exposition dévoile en cela un aspect inédit des échanges culturels et technologiques entre l'Orient et l'Occident.

La Joconde comme on ne l'a jamais vue

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La seconde exposition, intitulée «Les Funérailles des Monna Lisa», repose, elle, sur un concept beaucoup plus actuel. Dans la même veine de celle qui visait à confronter les oeuvres de Picasso et Delacroix, il s'agit cette fois de signifier la vision contemporaine d'un peintre vivant sur le Musée du Louvre.

Carte blanche a ainsi été donnée à l'artiste sino-français Yan Pei-Ming. Un choix visiblement très naturel selon le président et directeur du musée, Henri Loyrette: «Ming est un peintre d'histoire et portraitiste qui n'a pas peur de la monumentalité et n'est pas non plus inhibé, culpabilisé par le poids de l'histoire de l'art occidental… A l'ère de la mondialisation, et tenant compte de la visée universaliste du Musée du Louvre, il est logique de faire appel à un peintre issu d'une double tradition, orientale et occidentale.»

Cette confrontation des genres commandée par le Louvre se matérialise par une oeuvre tout à fait surprenante. C'est sans complexe que l'artiste a choisi de travailler autour du tableau le plus connu du monde. Un exercice pour le moins périlleux que de peindre une oeuvre  devenue quasi invisible par excès de visibilité. Et pourtant, au gré de cinq toiles monumentales, Yan Pei- Ming redonne de la matière à la Joconde en prenant le parti de l'enterrer. Des funérailles splendides qui conjuguent une double vision. Celle fantomatique de l'icône mythique de Léonard de Vinci et celle de la peinture en action de Yan Pei-Ming.

Marie de Pimodan




Les Batailles de l'empereur de Chine
Les Funérailles de Monna Lisa
Paris
Du 12 février au 8 mai 2009.
Musée du Louvre. Tous les jours
de 9 h à 18 h, sauf le mardi.
Nocturnes le mercredi et le
vendredi jusqu'à 22 h.
Tél. +33 140 20 53 17.
www.louvre.fr

 



Tribune des Arts - Février 2009 - No 369