Des clichés qui, réalisés par des Anglais essentiellement, sont très appréciés du grand public.
Dès l'invention de la photographie en 1839, l'Inde a fasciné les photographes. De nombreux pionniers ont été séduits par ce sous-continent méconnu, au mélange de styles aussi exotiques que spectaculaires, entre architecture islamique, jardins orientaux et nature sauvage.
Un des tout premiers photographes a été Linnaeus Tripe (1822-1902). Officier de l'armée britannique en poste à Madras, il entre en 1838 dans la Compagnie des Indes orientales et devient lieutenant en 1840. Après un séjour en Angleterre pour raisons de santé à partir de 1850, il retourne à Bengalore comme capitaine en juin 1854. C'est en décembre de cette année-là qu'il réalise ses premières prises de vue, notamment des temples de Halebidu et Belur à Mysore. Si bien qu'en février 1855, peut se tenir sa première exposition à Madras où il présente 68 photographies, les plus belles jamais exécutées sur papier, a-t-on écrit. Nommé en 1857 photographe officiel du Gouvernement de Madras, il effectue des portraits des résidents et met sur pied un autre accrochage de ses œuvres à la Société photographique de cette ville. Aujourd'hui, Linnaeus Tripe est plus que jamais d'actualité, comme de nombreux autres confrères, dans les salles de ventes, chez Bonhams notamment, ainsi que dans moult expositions à travers le monde. Une notoriété qui a été amplifiée par la publication, en 2003, du catalogue raisonné de toutes ses œuvres.
Beato, Bourne et Rousselet, trois incontournables Ce sont surtout les Britanniques qui se sont illustrés dans les photographies pionnières de l'Inde. Comme Felice Beato (1825-1907), d'origine italienne, qui prit par la suite la nationalité britannique. Photographe de guerre au départ, de la Guerre de Crimée notamment, il est surtout réputé pour ses portraits et ses vues panoramiques architecturales de l'Inde. Ses Taj Mahal, réalisés en 1858-1859, sont absolument insolites, avec une touche de poésie. Tout comme celles d'une Delhi qui a disparu. Mais un nom incarne à lui tout seul la photographie britannique sur l'Inde.?Celui de Samuel Bourne (1834-1912) dont les travaux sont les plus recherchés. A Calcutta où il séjourne à partir de 1863, il crée, avec son collègue Charles Shepherd, une agence, Bourne & Shepherd, toujours existante. Par sa technique et son talent, il est devenu une référence dans le monde de la photographie, souligne le Musée de l'Elysée à Lausanne qui lui a consacré une rétrospective en 2001. Enfin, c'est un Français, Louis Rousselet, parti seul pour un périple de cinq années en Inde à l'âge de 18 ans, qui capte de 1865 à 1868, les temples abandonnés et les palais monumentaux d'une Inde centrale semblant déserte, encore peu soumise à la colonisation britannique. Il redescend ensuite vers le sud depuis Delhi jusqu'à Calcutta, en passant par la vallée du Gange et Bénarès. A son retour, il publie en 1875 chez Hachette L'Inde des Rajahs, illustré d'après ses clichés. Un album également très recherché aujourd'hui.
M. B. TRIBUNE DES ARTS - Novembre 2008 - No 366
Un des tout premiers photographes a été Linnaeus Tripe (1822-1902). Officier de l'armée britannique en poste à Madras, il entre en 1838 dans la Compagnie des Indes orientales et devient lieutenant en 1840. Après un séjour en Angleterre pour raisons de santé à partir de 1850, il retourne à Bengalore comme capitaine en juin 1854. C'est en décembre de cette année-là qu'il réalise ses premières prises de vue, notamment des temples de Halebidu et Belur à Mysore. Si bien qu'en février 1855, peut se tenir sa première exposition à Madras où il présente 68 photographies, les plus belles jamais exécutées sur papier, a-t-on écrit. Nommé en 1857 photographe officiel du Gouvernement de Madras, il effectue des portraits des résidents et met sur pied un autre accrochage de ses œuvres à la Société photographique de cette ville. Aujourd'hui, Linnaeus Tripe est plus que jamais d'actualité, comme de nombreux autres confrères, dans les salles de ventes, chez Bonhams notamment, ainsi que dans moult expositions à travers le monde. Une notoriété qui a été amplifiée par la publication, en 2003, du catalogue raisonné de toutes ses œuvres.
Beato, Bourne et Rousselet, trois incontournables Ce sont surtout les Britanniques qui se sont illustrés dans les photographies pionnières de l'Inde. Comme Felice Beato (1825-1907), d'origine italienne, qui prit par la suite la nationalité britannique. Photographe de guerre au départ, de la Guerre de Crimée notamment, il est surtout réputé pour ses portraits et ses vues panoramiques architecturales de l'Inde. Ses Taj Mahal, réalisés en 1858-1859, sont absolument insolites, avec une touche de poésie. Tout comme celles d'une Delhi qui a disparu. Mais un nom incarne à lui tout seul la photographie britannique sur l'Inde.?Celui de Samuel Bourne (1834-1912) dont les travaux sont les plus recherchés. A Calcutta où il séjourne à partir de 1863, il crée, avec son collègue Charles Shepherd, une agence, Bourne & Shepherd, toujours existante. Par sa technique et son talent, il est devenu une référence dans le monde de la photographie, souligne le Musée de l'Elysée à Lausanne qui lui a consacré une rétrospective en 2001. Enfin, c'est un Français, Louis Rousselet, parti seul pour un périple de cinq années en Inde à l'âge de 18 ans, qui capte de 1865 à 1868, les temples abandonnés et les palais monumentaux d'une Inde centrale semblant déserte, encore peu soumise à la colonisation britannique. Il redescend ensuite vers le sud depuis Delhi jusqu'à Calcutta, en passant par la vallée du Gange et Bénarès. A son retour, il publie en 1875 chez Hachette L'Inde des Rajahs, illustré d'après ses clichés. Un album également très recherché aujourd'hui.
M. B. TRIBUNE DES ARTS - Novembre 2008 - No 366