Une série de témoignages à ne pas manquer par ces temps de rétro horloger et pour réfléchir aux sources de l'esthétique contemporaine : l'exposition Cold War Modern (Londres) réunit environ 300 pièces et objets emblématique de la période. Un spoutnik, une combinaison spatiale de mission Apollo mais aussi des extraits de films de Stanley Kubrick, des œuvres de Robert Rauschenberg ou de Gerhart Richter, des modèles de Paco Rabanne, du mobilier signé Charles, Ray Eames ou Dieter Rams, des plans, maquettes ou photographies d'architectures par Le Corbusier, Richard Buckminster Fuller Archigram, des automobiles dont une microvoiture Messerschmitt.
EXPOSITION : comment la Guerre froide a excité l'imagination des designers contemporainsCold War Modern réunit environ 300 pièces et objets emblématique de la période : un spoutnik, une combinaison spatiale de mission Apollo mais aussi des extraits de films de Stanley Kubrick, des œuvres de Robert Rauschenberg ou de Gerhart Richter, des modèles de Paco Rabanne, du mobilier signé Charles, Ray Eames ou Dieter Rams, des plans, maquettes ou photographies d'architectures par Le Corbusier, Richard Buckminster Fuller Archigram, des automobiles dont une microvoiture Messerschmitt (ci-dessous).
Si la période de l'Après-guerre fut marquée du sceau de la menace et l'inquiétude, elle fut aussi une période de grand optimisme et de développement technologique forcené. Cold War Modern vient éclairer la façon dont les arts décoratifs et le design furent influencés par le contexte général de la Guerre Froide : rivalité entre Est et Ouest, course à l'espace, compétition internationale généralisée pour la modernité. Se concentrant sur la période allant de 1945 à 1970, Cold War Modern présente ainsi des objets en provenance du monde entier : Cuba, Etats-Unis, France, Italie, Ex-Tchécoslovaquie, Ex-Union Soviétique, Pologne, Ex-RDA, Ex-RFA, Royaume-Uni. Elle vise de ce fait à faire découvrir tout un pan de la création à l'Est souvent mal connue à l'Ouest.
Artefacts, pièces et objets phares de Cold War Modern : Icônes du design moderne classique en fibre de verre signés Eames.
Objets inspirés par la conquête de l'espace : la Globe Chair d'Eero Aarnio ou la Garden Egg Chair de Peter Ghyczy
Symboles de la société de consommation telle que la radio Braun T1000 signée Dieter Ram.
Robes et tenues futuristes par Paco Rabanne ou Pierre Cardin.
Autos et véhicules de l'Après-guerre : le Coupé P70 (ancêtre de la Trabant en plastique), la Kabinenroller, microvoiture Messerschmitt, le scooter Vespa.
Extraits de films cultes : Goldfinger ; Ipcress – Danger Immédiat ; Docteur Folamour ; 2001, L'Odyssée de l'Espace (ci-dessous).
Dessins de décors de films par Kenneth Adam.
Peintures de Pablo Picasso, Richard Hamilton, Gerhard Richter, Lucio Fontana ou Robert Rauschenberg illustrant la réaction et l'engagement du monde artistique face aux luttes politiques et sociales.
Affiches de propagande : pro et anti nucléaires, photographies et sculptures.
Utopies urbanistiques d'Hans Hollein, Archigram ou Superstudio.
Dessins de prototypes expérimentaux pour structures gonflables dont une réplique grandeur nature d'un bâtiment emblématique de Haus-Rucker-Co.
Selon Mark Jones, Directeur du V&A : « Cold War Modern est la première exposition à explorer la façon dont les évolutions du Modernisme après 1945 furent conditionnées par le contexte de la Guerre Froide. Ce fut une période incroyablement prolifique dans l'histoire du design et des arts décoratifs. Nous la définissons comme Cold War Modern ». &nbParcours de l'exposition
Être et paraître le plus moderne L'exposition débute par l'immédiat Après-guerre en soulignant les différentes visions élaborées pour la reconstruction des villes détruites et les conceptions concurrentes dans l'expression de la vie moderne. Cette première partie présente notamment les nouveaux produits industriels et les partis-pris urbanistiques à l'Ouest comme à l'Est, et notamment le réalisme socialiste en art et en architecture prôné en URSS. Elle met en lumière les visions et réalisations concurrentes d'une ville divisée : Berlin. A l'Est, la monumentale Stalinallee, à l'Ouest, le complexe de logements de l'Interbau dessiné par Le Corbusier, Walter Gropius, Oscar Niemeyer. Cold War Modern suit ainsi la compétition entre Blocs pour être et apparaître le plus moderne, une compétition touchant à tous les domaines et se poursuivant jusque dans la sphère domestique. L'exposition rappelle le fameux « Kitchen Debate » entre Nixon et Khrouchtchev lors de l'Exposition Nationale Américaine de Moscou en 1959 : l'American Way of Life en vitrine idéologique pour période de relatif dégel post stalinien, matérialiste et moderniste, efficace, joyeuse et confortable. La course à l'Espace : les mondes nouveaux Une partie de l'exposition est consacrée à la course à l'espace et aux triomphes de la technologie dont la première mission spatiale habitée par Yuri Gagarine à bord de la capsule Vostik. Sont présentés des dessins de Raymond Loewy pour les vaisseaux spatiaux de la NASA, des combinaisons expérimentales, des meubles, des plans d'architecture, des œuvres d'art, des modèles de mode, tirant tous leur inspiration, d'une façon ou d'une autre, de la course à l'espace. Symboles architecturaux de ces temps d'innovation technologique et de science-fiction mais aussi de propagande, d'espionnage et de surveillance, les tours de télécommunications fleurissent à l'Ouest comme l'Est et l'exposition vient faire la comparaison entre deux de ces grands symboles : la Post Office Tower de Londres et la tour Ostankino de Moscou. Révolution : protestation et rébellion Sous le thème de la « Révolution », l'exposition considère les formes de rébellion et de protestation, dont les événements de 1968 à Paris et à Prague, au travers d'affiches, d'extraits de films, de photographies, d'œuvres d'art.
Utopies et imaginaire La dernière partie de l'exposition traite de la façon dont la Guerre Froide et ses avancées technologiques furent utilisées par les architectes et les designers pour créer toute une série d'univers utopiques tenant à l'habitat – rêvé mobile, gonflable ou modulable - au sein de réflexions menées par des agences tels que Superstudio ou Archigram. L'exposition présente ainsi une reconstruction grandeur nature d'Oasis 7, une impressionnante structure gonflable avec petite plage et palmiers incorporés, conçue par les architectes viennois d'Haus-Rucker-Co. Elle donne aussi à voir certaines conceptions critiques du « futur » tels que les photomontages d'Arata Isozaki : Re-Ruined Hiroshima. L'exposition vient se clore avec les premières images de la Terre vue de l'espace, une vision inédite dans l'histoire de l'Humanité qui inspira artistes et designers dans leurs utopies et agirent comme des catalyseurs pour une nouvelle conscience environnementaliste sur la fragilité de la planète. Expositions en relation avec Cold War Modern
Dan Dare and the birth of Hi-Tech Britain30 avril 2008 – 25 octobre 2009 Le Science Museum se penche sur la période 1945-1970 en en montrant l'extraordinaire inventivité dans le domaine technologique. Dan Dare and the Birth of Hi-Tech Britain met en lumière comment le secteur de la recherche en temps de Guerre Froide bénéficia au développelement d'industries comme l'aviation ou l'électronique, tandis que l'univers de la maison se transformait par les produits de consommation Made in Britain. Dan Dare, le héros de la bande dessinée Eagle, reflète ainsi les valeurs de l'époque : esprit d'optimisme et foi dans le progrès technologique. Post-War Plastics: Dieter Ram's innovations in Design, 1956 à 1971
11 septembre – 18 octobre 2008 Vitsoe, 72 Wigmore Street, London exposera les pièces pionnières de mobilier en plastique ainsi que les appareils électriques du légendaire designer allemand Dieter Ram. Bien connu pour les objets qu'il créa pour les marques Braun ou Vitsoe, Dieter Ram signa parmi les objets les plus emblématiques de la période et aujourd'hui parmi les plus recherchés. L'exposition en présente une sélection d'objets en plastique signé Ram à la fois pour Braun et Vitsoe.