Chanel avait fait ses premières armes dans l'horlogerie en 1987 avec la « Première », une montre pensée pour les femmes. Mais la J12 allait marquer une rupture : pour la première fois, boîtier et bracelet étaient intégralement fabriqués en céramique anti-rayures.
Aux commandes de la vision créative de Chanel pendant quatre décennies, jusqu'à sa disparition en 2007, Jacques Helleu racontait avoir conçu cette montre avec une idée précise en tête : allier l'élégance à la solidité. Navigateur dans l'âme, il lui avait donné le nom des mythiques voiliers de course de classe J de 12 mètres qui avaient marqué les années 1930.
Les tout premiers modèles, empreints de l'univers de la plongée tel que Jacques Helleu le concevait, étaient en céramique noire. L'arrivée d'une version blanche en 2003 a tout changé : les ventes ont décollé, portées par une clientèle féminine qui attendait depuis longtemps une montre entièrement blanche, capable de traverser le temps sans jamais se dater.
De la montre de plongée à la légende du design
La J12 s'est ensuite enrichie d'une multitude de variations : mouvements signés Audemars Piguet, tourbillons, modèles transparents « X-Ray », ou encore éditions serties de diamants dont les prix atteignent des sommets à sept chiffres.
L'an dernier, pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire de la J12, Chanel a levé le voile sur une céramique « bleu noir » saluée par les amateurs. Selon Frédéric Grangié, à la tête des montres et de la joaillerie de la maison, cette teinte a mobilisé cinq années de recherche et de développement. Sa définition ? « Trop bleue pour être noire, trop noire pour être bleue. »
Une nouvelle teinte chargée d'histoire
Cette couleur n'est pas anodine : c'était, dit-on, la teinte de prédilection de Gabrielle « Coco » Chanel elle-même. Celle qu'elle avait choisie pour ses fameuses marinières, ces tops rayés d'esprit marin qu'elle avait introduits dans sa boutique de Deauville durant la Première Guerre mondiale.
À son lancement, la J12 « Bleu » se déclinait en neuf modèles en édition limitée, du plus simple trois aiguilles jusqu'à un tourbillon volant orné d'un diamant de 4,5 mm au cœur du tourbillon et d'une lunette pavée de saphirs.
Aujourd'hui, le Bleu s'installe durablement dans la gamme J12 : cette semaine, Watches & Wonders sert de cadre au dévoilement de deux nouveaux modèles, 38 mm et 33 mm, tous deux dotés de mouvements automatiques.
Grande affluence pour Watches & Wonders
Ces deux nouvelles références Bleue embarquent respectivement le Calibre 12.1 et le Calibre 12.2, deux mouvements automatiques issus de la manufacture Kenissi, dont Chanel détient une participation.
Les inconditionnels des versions monochromes ne sont pas oubliés pour autant : le « Creative Watch Making Studio » de la maison a également dévoilé un modèle à quartz de 28 mm et un 42 mm automatique certifié chronomètre, deux références qui prolongent l'identité résolument unisexe qui fait la force de la J12 depuis ses débuts.
Parmi les nouveautés figure aussi la première J12 équipée d'un bracelet en caoutchouc noir texturé, ainsi qu'une édition limitée « Golden Black » au caractère très affirmé, mariant céramique polie et mate à des index plaqués or jaune.
Sans oublier une nouvelle déclinaison de la J12 « Superleggera », née en 2005 en hommage aux carrosseries sportives ultralégères du carrossier milanais Touring. Ce nouveau modèle se présente comme la J12 « la plus dynamique » jamais créée, pensée comme une démonstration de maîtrise technique autant que de sophistication esthétique.
Autrement dit : elle est superbe. Et comme toutes les J12 d'aujourd'hui, elle est entièrement conçue et fabriquée en interne. Un chemin parcouru sur 39 ans, qui a conduit Chanel du rang de distributeur de montres « de mode » à celui de manufacture horlogère à part entière, maîtrisant chaque étape du processus , de l'idée initiale à la pièce finie, grâce à ses propres ateliers et moyens d'essai.
Un parcours qui, avec la J12, a donné naissance à l'un des plus grands succès de l'horlogerie du XXIe siècle.