Tribune de Genève - 30 août 2012
Michel Bonel
Non, il ne s'agit pas d'une exposition de plus sur les arrangements floraux. «Art Floral», comme on l'appelle, présente une sélection d'une quarantaine de montres, de poche essentiellement, signées Vacheron Constantin et qui ont cette particularité d'être ornées de très belles fleurs, aux couleurs éblouissantes, légèrement stylisées. La maison n'a eu qu'à puiser dans ses riches réserves qui comprennent plus de 1200 pièces.
Les nombreux visiteurs – Genevois, touristes et groupes scolaires – sont éblouis tout d'abord par la perfection esthétique qui s'étale parfois juste sur quelques centimètres carrés et arrive à rendre à merveille toute la complexité d'une fleur, voire d'une plante comme le chardon. Cette exposition au succès inattendu s'explique par le côté très joyeux, coloré et festif des pièces présentées. «Elle est en fait un hommage de plus de la part de Vacheron Constantin à Jean-Jacques Rousseau pour le tricentenaire de sa naissance», explique Julien Marchenoir, Brand Equity & Heritage Director. Botaniste à ses heures, notamment à Môtiers dans le Val-de-Travers, Rousseau parcourait les champs à la recherche d'herbes et de fleurs, qu'il observait longuement après les avoir fait sécher.

Explosion de couleurs
La plus ancienne montre exposée date de 1780. Elle présente un beau décor floral sur un cadran argenté guilloché, tout en demi-teinte encore. Les plus récentes sont trois pendules des années 1926 et 1927, produites en collaboration avec Verger Frères, les agents parisiens. Elles font montre, chacune dans son genre, d'une débauche de pierres précieuses, agate, onyx, jade, corail lapis-lazuli, pierres dures et émail. Entre ces deux dates, c'est une explosion de formes, reproduites à la perfection, et de couleurs parfois inattendues mais toujours ravissantes.
Après l'éblouissement devant une telle perfection esthétique vient le temps des questions sur les techniques. La charmante Maude Fellay-Zimmermann, Heritage Manager, n'a pas son pareil pour vous expliquer les différents types de gravure, comme la taille de joue donnant davantage de brillance, la taille-douce, faite au trait avec le burin du graveur. Ainsi que la gravure en creux qui «accroche» bien la lumière. Il y a même, sous le nom technique de «ramolayé», un type de gravure ressemblant à de la ciselure.
Double prouesse
Mais, après la gravure, c'est le travail de l'émail, fierté des artisans genevois, qui force aussi l'admiration. Il peut être champlevé, soit creusé au burin, ou alors cloisonné par la création de compartiments, le fil métallique faisant ressortir le dessin. La peinture sur émail peut ainsi se répandre avec une perspective sur plusieurs plans. Une double prouesse technique et esthétique. Il ne faut pas oublier que chez Vacheron Constantin, on sait reproduire même un tableau du peintre classique Poussin. Jusque dans ses moindres nuances!
«Art Floral» chez Vacheron Constantin, 7, quai de l'Ile, 1204 Genève.
Tél. pour les visites + 41 22 930 20 05. L'exposition est prolongée jusqu'à la fin de décembre.