La « guéguerre » des salons

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« Deux Salons, c'est de toute façon un de trop ! » C'est en substance ce qu'on pouvait entendre la semaine dernière en demandant aux exposants de l'EPHJ ce qu'ils pensaient de la coexistence des salons LausanneTec et EPHJ-EPMT-SMT.

WORLDTEMPUS - 15 juin 2012

Philippe Perret du Cray


Ces deux manifestations à 15 jours d'intervalle, à 60km de distance, visant les mêmes sous-traitants et les mêmes visiteurs posent un certain nombre de questions. Cette année servait de test pour bon nombre d'exposants (dont les 80 qui étaient présents sur les 2 événements), mais qu'adviendra-t-il l'an prochain si les deux organisateurs maintiennent leurs positions ?

Quand on demande aux exposants ce qu'ils pensent faire l'an prochain, on entend tout et son contraire…
« Genève, ça fait loin pour les jurassiens ou les biennois » disent certains défenseurs de LausanneTec. « … oui mais avec le train, ça prend presque moins de temps et nettement moins de stress qu'à Lausanne … » rétorquent ceux qui sont plus favorables à l'EPHJ. Les uns préfèrent « la facilité d'accès, le confort et l'espace de Palexpo », les autres critiquent « le développement multi-sectoriel de l'EPHJ-EPMT-SMT et son gigantisme », lui préférant le « recentrage vers les métiers de l'horlogerie » annoncé par LausanneTec. Et les plus pragmatiques de conclure « on verra bien à la fin de la semaine si la pile de cartes de visites est plus grosse cette année que l'an dernier. De toute façon les éventuelles affaires se feront après. »

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Si les fournisseurs sont assurément les premières victimes de cette « guéguerre » qui les prend en otage et leur impose de faire un choix ou de doubler leur budget, la concurrence entre Lausanne et Genève pourrait bien tourner à leur avantage à terme. En effet, chaque organisateur devra dégager un certain nombre d'avantages concurrentiels (tarifs, prestations générales, prise en compte des revendications, etc…) s'il désire attirer les exposants dans son giron.

Si l'on s'en tient aux communiqués traditionnels envoyés en fin de manifestations, la balance semble pencher très favorablement du côté du néo-genevois EPHJ-EPMT-SMT qui annonce 14'000 visiteurs et 664 exposants pour sa 11ème édition (alors que LausanneTec annonçait, lui, 170 exposants pour 2'500 à 3'000 visiteurs lors de sa première édition).

Oui mais voilà, le choix ne semble pas si évident car d'autres paramètres pourraient bien rentrer dans l'équation. Quid du facteur Baselworld ? MCH, propriétaire de LausanneTec, confirme jusqu'à présent que les sous-traitants continueront à avoir de la place pour exposer à Bâle, mais qu'en sera-t-il de ceux qui feraient le choix de Genève ? Et dans quelle mesure certaines marques ou groupes fortement impliqués à Bâle ne seront-elles pas également amenées à faire pression sur leurs fournisseurs ?

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Le fin mot de l'histoire pourrait revenir à l'association Horloexpo qui s'est justement constituée pour fédérer les fournisseurs, exprimer leurs revendications et défendre leurs intérêts. Or leur première revendication est justement qu'il n'y ait plus qu'un seul salon dès 2013. Une assemblée générale doit se tenir le 3 juillet pour trancher la question et choisir où les membres exposeront en 2013. Si faire se peut tant les avis exprimés semblent aller dans toutes les directions…

Reste encore à savoir à quel point cette assemblée générale sera représentative, dans quelle mesure sa décision sera ensuite suivie par les différents membres (eux-mêmes en concurrence sur le marché et soucieux de défendre leurs propres intérêts plutôt que ceux de la corporation) et, enfin, si ce choix aura un quelconque effet sur les organisateurs des deux manifestations.

Suite après le 3 juillet…

 

Lire aussi:

FOURNITURES - Le succès méconnu de la sous-traitance horlogère

PROFESSIONNELS - Les fournisseurs de l'horlogerie s'exposent

Communiqué final Lausannetec

Communiqué final EPHJ-EPMT-SMT