Les saisons de l'émail

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#wtbasel/ Pour son retour dans l'enceinte de Baselworld, DeLaneau investit un container rouge au centre de la Halle 2 de la bijouterie et met en valeur le talent de ses trois émailleuses.



WORLDTEMPUS – 10 mars 2012

Catherine De Vincenti



Sous la houlette de son nouveau CEO, transfuge de chez Harry Winston, Delaneau a repris le chemin de Bâle après plusieurs années d'absence. La marque-niche a toujours mis en scène des montres extrêmement originales, magnifiquement ornées et, en général, réservées à la clientèle féminine. «Delaneau n'est pas vraiment une marque féminine, précise David Gouten, elle devient une marque unisexe qui insiste plus sur le travail des artisans sortant de leur zone de confort que sur la détermination homme/femme».

 

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Arrivé il y a à peine 5 mois, David Gouten désire rendre la démarche de Delaneau plus cohérente, mieux structurée, s'ouvrir à d'autres univers. Plus de «one shot» dont la griffe était jusqu'alors friande mais qui brouillaient l'image. Il veut retrouver un axe commercial fort et donc remettre de l'ordre. David Gouten sait qu'il peut compter sur le soutien de détaillants qui ressemblent à sa marque. Des professionnels prêts à défendre leur démarche vers une horlogerie plus humaniste, orientée vers les métiers d'art, l'unique, l'exceptionnel et pas uniquement intéressés par les profits. Encouragé par ce partenariat avec des profesionnels-connaisseurs, le nom de Delaneau est appelé à se développer tout en conservant l'humilité de son savoir-faire.

 

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Emailleuses aux commandes

Une des signatures prépondérantes de la griffe devient sa maîtrise de l'émail grâce à trois artistes-maison: Béatrice Rougemont, Emily Gargantini et Florence Huguenot. Ces émailleuses perpétuent, dans la ville de Calvin, tout près de la cathédrale, l'excellence des émaux de Genève. Désormais, chacun de leur cadran est signé au recto ou au verso, comme cela se faisait chez Fabergé pour le travail de chaque Maître d'œuvre. «C'est un privilège! souligne Béatrice Rougemont avec un grand sourire. Chacune avait une profession bien différente avant d'être «happée» par la splendeur de l'émail grand-feu (800°C). «Ce sont elles qui dirigent l'entreprise!», sourit David Gouten. Chaque cadran leur appartient de A à Z souvent depuis l'idée de base jusqu'à la finition. Les travaux de gravure et de guillochage sont également réalisés par spécialistes genevois. David Gouten aime les pierres et recherche des qualités d'exception pour ses montres serties avec un soin très particulier. Prenez la loupe, il n'y aura rien à redire.

 

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Une magnifique série intitulée «Les quatre saisons du cerisier» prouve le savoir-faire exceptionnel de la petite équipe d'artistes. Des couleurs subtiles et modulées, tout un art de l'émail du broyage des couleurs au feu qui les fixera.

Dans leur container rouge tout baigné de lumière et ouvert sur monde de Baselworld, il manque juste un jardin extraordinaire, cher à Charles Trenet, pour inspirer Béatrice, Emily et Florence…

 

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