Cachée dans un coffre pendant quarante ans, une Patek Philippe bouleverse les enchères.
|
CHRISTIE'S Montres «Réf. 2497» en platine avec
calendrier perpétuel et «Réf. 1526» en acier, la première
montre-bracelet avec calendrier perpétuel manufacturée en série.
Deux «soeurs» quasi uniques datant pour l'une de 1954, pour
l'autre de 1949, qui figurent parmi les dix plus belles montres
fabriquées par Patek Philippe. Estimation: de 1,5 à 2,5 millionsde francs chacune.
Après avoir passé plus de quatre décennies dans un coffrefort familial, une montre-bracelet Patek Philippe revoit la lumière du jour et éblouit le monde de l'horlogerie. Baptisée prosaïquement «Réf. 2497», elle figure, bien placée, dans le top-ten des dix plus belles montres de cette prestigieuse marque, affirme Aurel Bacs, le grand expert en la matière de chez Christie's. Datant de 1954, cette superbe pièce possède des chiffres Breguet en émail noir. Une rareté, d'autant qu'il s'agit d'une montre à complication avec calendrier perpétuel. Ce qui la rend quasiment unique. Jamais portée, elle brille d'un état de conservation remarquable. Un bonheur n'arrivant jamais seul, Aurel Bacs a eu la bonne fortune de dénicher une deuxième Patek Philippe exceptionnelle, la «Réf. 1526». Un modèle qui marque une étape fondamentale, affirment les experts, dans la geste de cette glorieuse marque. Datant de 1949, seul exemplaire connu, elle est la première montre-bracelet avec calendrier perpétuel manufacturée en série. Elle avait été vendue une première fois chez Antiquorum en 1995. Du coup, ces deux montres «soeurs» ornent ensemble la couverture du catalogue de vente. «C'est comme si je vendais un Michel- Ange et un Titien», s'exclame Aurel Bacs, le regard enfiévré. Rien d'étonnant donc si l'estimation grimpe aux étoiles: de 1,5 à 2,5 millions de francs pour chacun des deux modèles.
Sotheby's: un chronographe de légende
Chez Sotheby's, c'est aussi une Patek Philippe qui mène le bal. Son nouvel expert, Geoffroy Ader, qui veut faire de sa première dispersion à Genève un vrai spectacle, propose un modèle historique exceptionnel: un chronographe de 46 mm de diamètre, le plus grand jamais réalisé par cette maison. Datant de 1932, en or, il est probablement unique du fait de son seul bouton surdimensionné et de ses compteurs horizontaux sur le cadran, ce qui était alors une nouveauté. Surnommé «Trossi Leggenda», il reflète en outre la personnalité de son propriétaire, le comte Carlo Felice Trossi, dont la courte vie (il est décédé à 41 ans, victime d'un cancer) fut toute dédiée à la vitesse sous toutes ses formes. Président de la Scuderia Ferrari dès 1932, il remporta notamment les Grands Prix de course automobile de Suisse et d'Italie, en 1947 et 1948. Estimation: plus de 2 millions de francs.
Antiquorum: une collection contemporaine
Pour sa part, Antiquorum propose, pour sa troisième vente de 2008, une collection de quelque 800 montres- bracelets, contemporaines en général, qui ont été assemblées par un membre de la noblesse espagnole au goût très sûr. «Ce qui représente une opportunité unique d'acquérir un modèle, mais aussi d'admirer des montres réalisées par la quasi-totalité des plus grands horlogers suisses et allemands ces quinze dernières années.» Parmi les top-lots: une «Sonnerie Souveraine», de François-Paul Journe, datant de 2007 (350 000-550 000 francs). Laquelle s'accompagne d'une deuxième création de ce surdoué de l'horlogerie: un «Tourbillon Souverain à Remontoir d'Egalité avec Seconde Morte» (50 000-70 000 francs). Ce qui ne doit pas faire oublier cette montre-bracelet en platine de style Art Déco signée Patek Philippe et référencée «5101P». Un tourbillon 10 jours dont l'estimation grimpe tout de même jusqu'à 250 000- 300 000 francs.
M. B.
|
SOTHEBY'S. Chronographe «The Trossi Leggenda» de Patek Philippe, en or, datant de 1932.
Le plus grand que la marque n'ait jamais fait. Et son ancien propriétaire, le comte Carlo Felice
Trossi, jadis président de la Scuderia Ferrari. Estimation: plus de 2 millions de francs.
Tribune des Arts - No361 - Mai 2008


