L'Agefi - 3 novembre 2010
François Praz
Depuis le début de l'année, le monde de l'art a accumulé les résultats financiers spectaculaires. Du coup, les superlatifs se sont enchaînés à un rythme soutenu dans les médias. Du 13 au 16 novembre, Genève va se joindre à cette course frénétique à la profitabilité. Les principaux opérateurs de ce secteur y organisent en effet leurs mises à l'encan automnales.
Dans la Cité de Calvin, par tradition, ce sont l'horlogerie et la joaillerie qui occupent le haut du pavé. Antiquorum, Christie's et Sotheby's y tiennent au printemps et à l'automne des sessions dédiées à ces spécialités. Après 2008 et 2009 qui ont connu un ralentissement dû à la récession économique, les enchères ont bien repris cette année, à Genève comme ailleurs dans le monde. Pour ne citer que le cas des montres, Sotheby's a réalisé en mai dernier pour 6,84 millions de francs de ventes à Genève, avec 80% de lots vendus. Son concurrent Christie's a pour sa part obtenu un petit peu plus de 23 millions de francs pour les montres qu'il proposait (si l'on y ajoute les vins et les bijoux, le chiffre global avoisine les 63 millions de francs). Quant à la maison spécialisée Antiquorum, ses garde-temps ont trouvé preneur pour un total de 6,3 millions de francs. À lire leurs communiqués, les spécialistes du secteur se montrent confiants par rapport aux enchères à venir. Ce d'autant plus que plusieurs pièces hors normes seront présentées dans les salons feutrés des palaces genevois.
Le lot phare de Sotheby's sera un joyau classifié «Fancy Intense Pink». Il s'agit d'un diamant rose impressionnant qui n'avait pas été remis sur le marché depuis près de 60 ans. Les gemmes de ce type sont particulièrement prisées des collectionneurs, surtout lorsqu'elles possèdent un tel degré de pureté. Quant à celles qui dépassent les 20 carats, elles sont d'une rareté plus grande encore. Le 16 novembre prochain, ce diamant de 24,78 carats devrait donc susciter toutes les convoitises. Son prix a été évalué entre 27 et 38 millions de francs. Elle figurera parmi 500 autres lots, dont des diamants blancs, des pierres de couleur et des bijoux d'époque portant la griffe de joailliers de prestige. Plusieurs ornements ayant appartenu notamment à Christina Onassis seront proposés aux acquéreurs potentiels. «Il s'agit de l'une des ventes les plus exaltantes que j'aie eu le plaisir de monter au cours de mes 35 années de carrière chez Sotheby's, et ce, à bien des égards», assure David Bennett, le président de la Haute Joaillerie pour l'Europe et le Moyen-Orient de la maison anglaise.

Le 15 novembre à l'Hôtel des Bergues, Christie's mettra aux enchères 388 montres. L'attraction de cette vente sera une Patek Philippe en or de 1953, très rare, dont le prix est estimé entre 1,5 et 2,5 millions de francs. Trois autres modèles de cette marque se positionnent aussi en tête des estimations avec des montants escomptés oscillant entre 400 et 800 000 francs. Aurel Bacs, le directeur de ce département chez Christie's assure que cette vente est «l'une des plus riches et des plus variées que nous n'ayions jamais conçues.» La maison londonienne organisera également une session consacrée aux vins le lendemain et une autre dédiée aux bijoux le mercredi 17 novembre.

Antiquorum précédera ces rencontres en organisant ses propres ventes les 13 et 14 novembre à l'Hôtel Mandarin Oriental. 643 montres ont été sélectionnées, dont une Patek Philippe, là aussi d'une grande rareté, dont l'estimation haute s'élève à 1,5 million de francs. Par ailleurs, l'un des clous de cette journée sera la Rolex de Sir Edmund Hillary, l'homme qui a conquis l'Everest. L'addition des objets premiums réunis à Genève devrait assurer à ces journées de figurer parmi les plus fructueuses de ces derniers mois.
