WORLDTEMPUS – 26 octobre 2011
William Türler
En 2010, malgré une hausse des exportations de plus de 22%, la branche a connu une nouvelle contraction de ses effectifs: le nombre d'emplois a baissé de 1,1%, contre près de 8% un an plus tôt. «Notre recensement fait état de la situation de l'emploi horloger au 30 septembre de chaque année, note Romain Galeuchet, porte-parole de la Convention patronale de l'industrie horlogère suisse (CP). Le dernier en date, soit celui du 30 septembre 2010, correspondait à une période où l'industrie horlogère commençait à retrouver peu à peu le sourire après la crise économique et financière subie dès fin 2008.»

En 2009, les 8% de perte d'effectifs correspondaient pour moitié à des licenciements et pour moitié à des non-reconductions de postes. «Cela dit, il faut encore compter des licenciements fin 2009 et pendant le premier semestre 2010, avant que la reprise ne se fasse vraiment sentir, poursuit Romain Galeuchet. C'est pourquoi on arrive, en fin de comptes, à ce léger tassement pour le recensement 2010.»
Qu'en est-il pour la suite? L'organisation faîtière des employeurs de l'industrie horlogère et microtechnique, qui regroupe 431 entreprises occupant plus de 41'600 travailleurs, met en avant les chiffres «très prometteurs» concernant les exportations horlogères publiés au mois de juin par son association «sœur», la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), qui laissent présager d'un avenir radieux en termes d'emploi: «Il était possible de tirer un parallèle avec l'année 2008 où les chiffres d'affaires avaient atteint des records, ce qui s'était traduit ensuite par un gain de plus de 4'000 emplois», note Romain Galeuchet, qui précise toutefois que ces présages datent de la période «d'avant l'été de tous les dangers» avec les incertitudes liées au franc fort et à ses effets collatéraux qui planent désormais sur l'industrie d'exportation.

A l'heure actuelle, toutes les entreprises du secteur ne sont pas logées à la même enseigne. «Les petites entreprises de sous-traitance semblent beaucoup plus prudentes, voire inquiètes, lorsqu'elles parlent de leur avenir», souligne le porte-parole. Pour sa part, l'industrie horlogère et microtechnique semble pour l'instant plus ou moins épargnée par les effets du franc fort, bien que, note la CP, chaque entreprise de l'arc jurassien vit différemment cette situation.
Les principales firmes horlogères, qui peuvent se reposer sur un marché de niche, se trouvent globalement en meilleure posture que les sociétés plus petites et dépendantes des grandes marques. Les entreprises travaillant dans le haut de gamme (disposant d'une clientèle fidèle) sont celles qui subissent le moins les conséquences de la dégradation actuelle de la situation conjoncturelle. «Pour les autres segments, la situation est plus difficile, relève Romain Galeuchet. La baisse du pouvoir d'achat dans la zone euro concerne en premier lieu le public-cible susceptible d'acquérir ce genre de produits. En contrepartie, l'industrie peut compter avec la bonne santé du marché asiatique. Si celui-ci reste florissant, on peut espérer que l'horlogerie continuera à faire exception parmi les secteurs d'exportations en Suisse.»

Toutefois, le problème de la baisse de marges reste entier: «Qui dit moins de marges, dit moins d'investissements dans de nouvelles infrastructures, et donc moins d'embauches, voire des licenciements dans le pire des cas.» En somme, si une partie des acteurs de l'industrie horlogère semble respirer, la plupart reste sur le qui-vive et attend de voir…
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