25
WorldTempus · 25 ans

25 ans, 25 cadeaux

Trois minutes, 25 chances de gagner : une montre DOXA, des séjours d'exception et bien plus.

Je participe

Redorer le blason du Swiss made

8 minutes read
La branche veut resserrer les critères pour l'obtention du label

La Fédération horlogère a fini par prendre le taureau par les cornes face au problème lancinant des abus liés au Swiss made. Pour cela, il aura fallu que les trois géants du secteur, à savoir Rolex, Swatch Group et Richemont, tirent à la même corde et trouvent un compromis. Ce qui était loin d'être gagné, tant les intérêts divergent sur ce sujet. Même si tout le monde ne le sait encore pas, presque aucune montre de moins de 1000 francs est produite à 100% en Suisse. Les clients, de mieux en mieux informés, se plaignent.

«Même nos distributeurs à l'étranger commencent à se moquer de ce label», glisse un horloger genevois actif dans le haut de gamme. Le malaise est surtout perceptible sur ce segment, qui voit son image écornée par ces confrères malintentionnés actifs dans l'entrée de gamme et le moyen de gamme et qui s'approvisionnent à l'étranger. «C'est l'avenir de l'industrie qui est en jeu. Il faut être sévère et intransigeant», glisse Georges-Henri Meylan, administrateur-délégué d'Audemars Piguet. Certaines marques ont même décidé de ne plus arborer le Swiss made sur leurs cadrans.

Mais qu'est-ce qui va changer? La plupart des taux retenus pour bénéficier du Swiss made devraient être relevés et un critère de valeur introduit, si l'assemblée générale (AG) de l'association faîtière avalise le projet. «Ainsi, est considéré comme montres mécaniques suisses, le garde-temps dont 80% au moins du coût de fabrication sont représentés par des opérations effectuées en Suisse.» Pour les montres à quartz, ce taux se monte à 60% (50% dans la mouture actuelle). Dans les deux cas, il existe aussi des exigences pour la construction et le prototypage des garde-temps. Du côté des mouvements, le critère de valeur déjà existant - 50% des coûts de fabrication - passerait à 80% pour les mécaniques et 60% pour les électroniques. Au niveau des boîtiers de montres, le pourcentage exigé passe de 50 à 60%. Par contre statu quo sur les verres, les cadrans et les aiguilles.

Ce qui fait déjà hurler le directeur d'une manufacture horlogère genevoise. «La Suisse produit bon an mal an 25 millions de montres. En parallèle, l'industrie ne construit que 6 millions de boîtiers. Cherchez l'erreur...» Un horloger neuchâtelois se dit outré par cette salade de pourcentage. «Il existait des abus avec 50%. Personne ne peut nous garantir qu'ils vont disparaître sous prétexte qu'on renforce le taux.»

Fournisseurs débordés

Au passage, on peut aussi rappeler que, l'an passé, la Suisse a importé pour 1,4 milliard de francs de fournitures horlogères, dont 370 millions de Chine.

Les grands gagnants de cette refonte pourraient être les fournisseurs du pays, puisque les horlogers devront davantage se tourner vers eux. Problème: ils ont déjà la tête sous l'eau en raison de la surchauffe de la branche.

Si l'AG avalise le texte, ce qui devrait être une formalité en raison du poids des acteurs majeurs, la FH s'adressera ensuite au Conseil fédéral pour modifier l'ordonnance existante. Berne devra encore négocier avec Bruxelles, puisque la définition de la montre suisse est intégrée dans un accord horloger de 1972 entre la Suisse et l'Union. Pas sûr que Bruxelles apprécie «cette mesure de protectionnisme», selon un horloger vaudois actif dans le haut de gamme.


Scepticisme de la marque Louis Erard

Alain Spinedi, patron de la marque Louis Erard, active dans le milieu de gamme, comprend sur le fond que des marques comme Patek Philippe ou Rolex veuillent un renforcement du label. «Mais cette décision est très pénalisante pour le moyen de gamme. On ne peut pas structurer l'horlogerie comme s'il n'existait que des Ferrari ou des Bentley.» Le directeur entrevoit une autre problématique, cette fois-ci rédhibitoire à ses yeux: l'insuffisance des capacités de production de la Suisse. «Les fournisseurs ne sont déjà pas en mesure de suivre la demande. Alors comment feront-ils si leurs carnets de commandes devaient encore croître?»

Au final, selon lui, c'est le consommateur qui trinquera, puisque produire en Suisse coûte nettement plus cher. «Le surcoût serait évidemment répercuté sur eux.» Ce durcissement poserait aussi de problèmes du contrôle. «Qui le ferait, comment et avec quels moyens?»


Villemont plutôt favorable, mais…

«Dans les grandes lignes, c'est positif. On va dans la bonne direction, avec une approche beaucoup plus pragmatique et transparente. Cela permet d'épurer certains aspects obsolètes», estime Olivier Müller, patron de Villemont Group, marque haut de gamme. Selon lui, il est enfin précisé clairement ce qui fait partie de la valeur ajoutée d'une montre et ce qui en est écarté. «Si les nouveaux critères sont vraiment mis en place, on se dirige enfin vers une crédibilité retrouvée du Swiss made, trop souvent galvaudé par certains, grâce à des exigences plus élevées.»

Pour autant, Olivier Müller ne crie pas au génie. «Cela ne va pas tout résoudre, loin de là.» D'après lui, trop d'éléments sont encore sujets à interprétations. Ce qui est d'ailleurs déjà le cas avec la définition actuelle. «A la première lecture, on est séduit. Mais comme toujours, le diable se cache dans les détails.»

 

Le Temps / Bastien Buss / www.letemps.ch

Resserrer les critères

La Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) veut renforcer la crédibilité du «Swiss Made». Son conseil proposera à l'assemblée générale de resserrer les critères pour obtenir ce label, tant pour les montres que pour les mouvements. Le projet élaboré par le conseil de la FH impose des contraintes plus sévères que celles de l'ordonnance du Conseil fédéral datant de 1971. Cette réglementation est jugée trop laxiste par de nombreux acteurs de la branche et par les milieux juridiques. Pour être estampillée «Swiss Made» selon les nouvelles conditions, les montres devraient remplir un critère de valeur, qui n'existe pas actuellement. Pour les garde-temps mécaniques, minimum 80% des coûts de fabrication devraient représenter des opérations faites en Suisse, et pour les montres électroniques, 60%.

 

Le Nouvelliste /  www.lenouvelliste.ch/

 

 

Swiss made : Renforcement proposé

La FH entend franchir une étape importante en proposant à sa prochaine assemblée générale un renforcement de l'Ordonnance du Conseil fédéral sur l'utilisation du nom Suisse pour les montres.

L'usage du label Swiss Made pour les montres fait l'objet d'une ordonnance du Conseil fédéral du 29 décembre 1971, la fameuse ordonnance Swiss made qui, depuis plusieurs années, subit de nombreuses critiques, notamment à l'intérieur de la branche, parce qu'elle est jugée trop laxiste, mais aussi des milieux juridiques, qui estiment qu'elle ne remplit plus complètement le mandat légal prévu dans la loi sur les marques. C'est pourquoi, le Conseil de la FH a engagé des réflexions et des discussions afin de maintenir, voire de renforcer la valeur du Swiss Made sur les marchés mondiaux. La FH est en effet persuadée que ce label constitue un atout de poids pour l'horlogerie suisse et qu'il est par ailleurs porteur d'attentes pour les consommateurs du monde entier.

Pour protéger ces valeurs et sauvegarder la confiance du public dans ce label, la FH et son conseil sont arrivés à la conclusion qu'il faut resserrer les critères d'origine relatifs au Swiss Made. C'est pourquoi ils proposent un projet de renforcement de l'ordonnance Swiss made à leurs membres. La décision finale sera prise lors de l'assemblée générale du 28 juin prochain, qui se déroulera à Bienne. Les dispositions principales du projet concernent la définition de la montre suisse ainsi que celle du mouvement suisse.

Concernant la montre, le projet introduit notamment - ce qui est nouveau - un critère de valeur. Serait ainsi considérée comme montre mécanique suisse la montre dont 80% au moins du coût de fabrication est imputable à des opérations effectuées en Suisse. Pour les autres montres, en particulier les montres électroniques, ce taux serait de 60%. La construction technique et le prototypage devraient de plus être effectués en Suisse. Seraient exclus du coût de fabrication la matière première, les pierres précieuses et la pile.

Le mouvement suisse, dans l'ordonnance actuelle, connaît déjà un critère de valeur, à savoir le taux de 50 %. Estimant là aussi qu'il convient de renforcer cette définition, le projet modifie ces critères de valeur. Par conséquent, pour les mouvements mécaniques, le taux serait de 80% au moins de la valeur de toutes les pièces constitutives. Pour les autres mouvements, notamment les mouvements électroniques, ce taux serait de 60%. Est également prévue dans ce cas l'exigence de la construction technique et du prototypage en Suisse. Le projet stipule également d'autres dispositions concernant la définition de la pièce constitutive suisse et celle de l'assemblage en Suisse.

Le taux minimal de 60 % n'a pas été choisi au hasard: il correspond à celui qui est retenu dans l'Accord de libre-échange entre la Suisse et l'Union européenne. De plus, avec un taux de 80%, la FH propose de mettre un accent particulier sur la montre mécanique.

Avec ces propositions, les objectifs visant à la protection du label Swiss Made devraient être atteints. Les critères retenus prennent en effet en compte le lieu de fabrication et la provenance des composants, respectant ainsi la loi sur les marques qui sert de base juridique à l'Ordonnance Swiss Made. Il appartiendra toutefois à l'assemblée générale FH de trancher.

 

Fédération horlogère suisse / www.fhs.ch

 

Marques