WORLDTEMPUS - 6 septembre 2011
Olivier Müller
Les montres à quartz et mécaniques d'entrée de gamme forment chaque année un volume considérable de pièces à mettre au rebut, notamment en raison de leur cycle de vie très court. Sensible à la problématique environnementale, le client final se pose parfois la question de la "seconde vie" de ses montres. Le marché répond aujourd'hui présent avec deux initiatives diamétralement opposées: Sprout Watches et Eco Tempo.
La montre biodégradable
Composées notamment de coton, bambou, verre minéral et résine de maïs, les montres Sprout ont requis deux ans de recherche et développement et sont annoncées comme biodégradables à plus de 80%. Que l'on se rassure, la montre ne s'autodétruit pas progressivement: ce n'est qu'une fois abandonnée et si elle se retrouvait à ciel ouvert qu'elle disparaîtrait dans un temps donné, sans laisser de trace.

Concept marketing pour écologistes invétérés? Peut-être. Toujours est-il que Sprout Watches est un élément de plus dans cette tendance, elle, fort honorable, de concevoir des garde-temps dénués de matériaux polluants. De surcroît la marque, dans sa recherche d'éléments de conception biologiques, a développé des idées certes atypiques mais prometteuses, à l'instar de ses bracelets en peau de saumon.
Paradoxalement, avec ses métaux purs et ses pierres précieuses, c'est la haute horlogerie traditionnelle et séculaire qui est la plus proche d'une éco-conception de ses montres! Mais les pièces d'entrée de gamme, elles, gorgées de plastiques thermoformés et de composants électroniques, ont encore beaucoup à faire. Sprout Watches jette donc ici un jalon intéressant entre horlogerie et bio-conception.

Valoriser sa montre en la jetant
A l'autre extrémité du cycle de vie de la montre, MGH - Manufacture Générale Horlogère,, distributeur entre autres de la marque Lip - a donné naissance en mai 2011 à Eco Tempo, une société visant à collecter et à assurer le recyclage des montres. La récolte des garde-temps hors d'usage repose sur le principe du volontariat: à chacun, professionnel ou particulier, de poster ou de déposer ses pièces dans des urnes dédiées.

Comme dans tout business model fondé uniquement sur la bonne volonté du consommateur final, l'incertitude quant au succès de l'entreprise règne. Le fait que le recyclage soit devenu aujourd'hui un automatisme joue en sa faveur. Pour autant, la montre n'est pas vraiment perçue comme un objet hautement polluant. Recycler sa montre ne va pas de soi pour tout le monde et il appartiendra à la société de nouer des partenariats avec la grande distribution pour se faire connaître du grand public. Des discussions sont d'ailleurs engagées avec le groupe Auchan.