Le Gita Govinda, qui conte les amours champêtres de Krishna, est un poème érotique mais aussi mystique.
Un des plus célèbres poèmes lyriques de la littérature sanskrite, le Gita Govinda, recèle sa part d'érotisme, d'autant plus précieuse qu'elle peut avoir plusieurs interprétations. «Le poème dans lequel le bouvier est chanté», tel est son titre, a l'ancienneté pour lui. Ecrit par Jayadeva, un brahmane bengali écrivain de la cour du roi Lakmanasena à Navadvipa, il remonte au début du XIIe siècle. Accompagné de notations musicales, il chante les amours passionnées du dieu Krishna, huitième avatar du dieu Vishnu, le «bouvier divin». Parcourant la campagne au confluent du Gange et de la Yamuna, en jouant simplement de la flûte, celui-ci séduit des vachères ou gopis, lesquelles gravitent autour du dieu, l'égayant de leurs chants et de leurs rondes. L'une d'elles, Radha, qui est sa favorite, est souvent délaissée pour d'autres. D'où son désespoir. Mais, se remémorant les plaisirs qu'elle goûtait dans les bras de son amant, elle surmonte son orgueil et envoie sa servante auprès de Krishna pour le supplier de venir la rejoindre. Lassé pour un temps des fredaines, celui-ci, d'abord réticent, finit par se rendre aux raisons invoquées par la servante. Et les deux amants de goûter à nouveau le plaisir partagé…
Une multitude de symboles Cette œuvre, toute parcourue de poésie érotique incontestablement, offre aussi les analyses les plus délicates des sentiments intimes et du cœur. Ainsi, les élans de Radha symbolisent-ils l'âme à la recherche d'une union transcendantale, sur fond de joyeux abandon dans lequel s'ébattent les deux amants. En outre, le poème examine toutes les nuances de l'amour dans des formulations subtiles. Comme «Sur les dômes de ses seins gonflés, il répand le musc brillant, il prend des perles et les dispose en grappes d'étoiles, de son ongle, il imprime une marque de lune.» Ou encore: «Il ceint ses larges hanches, temple de la passion, trône d'or et d'amour, d'une guirlande de gemmes.»
Une muse pour les peintres Ce manuscrit a été au cours des siècles, une source d'inspiration de nombreuses et délicates miniatures des écoles du Rajasthan et Pahari, notamment aux XVIIe et XVIIIe siècles, souligne Amina Okada, conservateur en chef des collections indiennes au Musée Guimet. L'institution parisienne possède quelques pages isolées, mais sublimes, provenant de manuscrits dispersés dans différentes collections.
M. B. et J.-C. P. TRIBUNE DES ARTS - Novembre 2008 - No 366
Une multitude de symboles Cette œuvre, toute parcourue de poésie érotique incontestablement, offre aussi les analyses les plus délicates des sentiments intimes et du cœur. Ainsi, les élans de Radha symbolisent-ils l'âme à la recherche d'une union transcendantale, sur fond de joyeux abandon dans lequel s'ébattent les deux amants. En outre, le poème examine toutes les nuances de l'amour dans des formulations subtiles. Comme «Sur les dômes de ses seins gonflés, il répand le musc brillant, il prend des perles et les dispose en grappes d'étoiles, de son ongle, il imprime une marque de lune.» Ou encore: «Il ceint ses larges hanches, temple de la passion, trône d'or et d'amour, d'une guirlande de gemmes.»
Une muse pour les peintres Ce manuscrit a été au cours des siècles, une source d'inspiration de nombreuses et délicates miniatures des écoles du Rajasthan et Pahari, notamment aux XVIIe et XVIIIe siècles, souligne Amina Okada, conservateur en chef des collections indiennes au Musée Guimet. L'institution parisienne possède quelques pages isolées, mais sublimes, provenant de manuscrits dispersés dans différentes collections.
M. B. et J.-C. P. TRIBUNE DES ARTS - Novembre 2008 - No 366