Nouvelles acquisitions du MIH, au féminin pluriel

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Jour même de sa réouverture ce 10 avril, le Musée international d'horlogerie (MIH) présente l’ensemble des acquisitions de l’année écoulée, des pièces reçues tant au travers de dons que par des achats. Fidèle à sa mission, le MIH poursuit une politique d’acquisition active visant à compléter sa collection de pièces historiques tout en intégrant les créations récentes qui constitueront le patrimoine de demain

La diversité des Nouvelles acquisitions se reflète dans une exposition temporaire offrant un aperçu fascinant de l’histoire de la mesure du temps telle qu'elle est en train d'être écrite par les actrices et acteurs de l'horlogerie. Les bienfaitrices et bienfaiteurs ayant permis l’enrichissement des collections seront publiquement remerciés lors du vernissage de l’exposition le mercredi 6 mai à 18h30. Le dernier numéro de la revue Le Carillon, bulletin annuel édité en commun par le MIH et les amisMIH, sera également diffusé à cette occasion.

Les nouvelles entrées en collection ont été diverses en 2025. Le MIH a notamment eu l’opportunité d’intégrer deux objets d’une grande valeur historique : un chronomètre de poche réalisé par Lucy Grossmann et une pendule à planétaire dite Copernic, œuvre emblématique de François Ducommun, transmise au MIH par sa descendante.

Lucy Grossmann, première horlogère à réaliser un chronomètre

La montre de poche en or de type Lépine réalisée par Lucy Grossmann à Neuchâtel entre 1908 et 1913 s’inscrit dans la plus pure tradition chronométrique suisse. Le boîtier en or, poinçonné et numéroté (n° 547), renferme un mouvement mécanique à ponts de l’École d’horlogerie de Neuchâtel, basé sur un calibre LeCoultre. Réalisée à la main dans le cadre de son apprentissage d'"horloger complet", cette montre fut soumise aux épreuves de l’Observatoire cantonal de Neuchâtel, où elle obtint un certificat de première classe. Lucy Grossmann devenait ainsi la première femme en Suisse à achever un cursus complet en horlogerie et à produire, qui plus est, un chronomètre reconnu pour sa précision. Issue d’une famille profondément ancrée dans l’enseignement horloger – son grand-père Jules Grossmann, directeur de l‘École d’horlogerie du Locle de 1878 à 1902 et son père, Hermann Grossmann, ayant marqué durablement l’École d’horlogerie de Neuchâtel durant 40 années – Lucy transforma cet héritage en œuvre personnelle. Cette montre n’est pas seulement un objet de mesure du temps. À travers elle, Lucy Grossmann s’impose comme l’une des pionnières ayant contribué à placer la femme au cœur du métier d’horloger.

On lit d’ailleurs dans la presse de 1913 : "C’est la première fois qu’une demoiselle fréquente cinq années consécutives les cours d’une école d’horlogerie pour le réglage de précision et, si nous ne faisons pas erreur, Mlle Grossmann sera la première femme qui aura fait de ses mains, une montre de poche complète, chronomètre parfait, obtenant d’un observatoire comme le nôtre, essentiellement chronométrique, un bulletin de première classe." Tribune de Genève, 14.09.1913

Tellurium F Ducommun MIH IV-1245 © MIH

La descendante de François Ducommun offre son Tellurium

Avec la pendule à tellurium dite Copernic, François Ducommun inscrit la mesure du temps dans une perspective cosmique. Érigée sur une colonne en albâtre à base octogonale, cette pendule planétaire conjugue fonctions horlogères, indications astronomiques et ambition didactique. À son sommet, le tellurium met en scène le Soleil, la Terre et la Lune, accompagnés d’indications complexes telles que la date, le type d’année, le signe du zodiaque et l’âge de la Lune. Le temps y apparaît comme un phénomène cyclique, indissociable des mouvements célestes qui régissent le monde. Horloger actif à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, François Ducommun s’inscrit dans une tradition où l’horlogerie dialogue étroitement avec l’astronomie. Reçu en don de feu Madeleine Schwenter, descendante de François Ducommun, cette œuvre majeure d'une collection privée rejoint aujourd'hui le patrimoine collectif.

Le Carillon

Le Carillon, bulletin annuel du MIH et des amsiMIH, sort de presse à la même occasion. Outre les nouvelles acquisitions, ce 52e numéro, préfacé par le conseiller aux États Fabien Fivaz, est consacré au vaste projet Des étoiles aux atomes : l'Observatoire cantonal de Neuchâtel, dont le coup d'envoi aura lieu le samedi 20 juin entre Le Locle, La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel. Le Carillon est disponible au musée ou sur demande à l'adresse amis@mih.ch.

Fleurier Watch MIH I-3272 © MIH

Acquisitions 2025

Achats

- Montre de poche fabriquée par Lucy Grossmann avec son certificat de l’École de mécanique de

- Neuchâtel et le bulletin de l’Observatoire cantonal de Neuchâtel, 1913

- Montre de poche fabriquée par Lucy Grossmann, vers 1910

- Montre-bracelet Citizen radio-pilotée, 1993

Dons

- Pendule à tellurium en albâtre, vers 1820

- Lingot de laiton recyclé fondu au moyen du four solaire de La Chaux-de-Fonds, 2025

- Horloge-mère Patek Philippe radiopilotée par le signal horaire de Prangins, modèle L4011, vers 1970

- Métronome-bracelet, «Tempo Rubato», Gaku Okada, No.2, 2025

- Nuancier de couleurs obtenues par traitement PVD et ALD et composants POSITIVE COATING, 2024

- Montre de poche DOXA, vers 1910

- Montre-bracelet à quartz à 3 aiguilles, "Basse-Areuse 1894-1994", 1994

- Montre-bracelet mécanique à 2 aiguilles, Fleurier Watch, vers 1965

- Médaille en or de Charles Sandoz-Moritz et Cie, Tavannes, 1e quart du 20e siècle

- Catalogue ancien de «À Saint-Eloi», fabrique de pendulettes d’art, milieu du 20e siècle

- Archives et catalogues de l’entreprise Arthur Imhof, milieu du 20e siècle

- Archives de la maison Vogt & Cie, Mira Watch, à Bienne, 1901-1966