L'Agefi - 15 janvier 2009
Anne Réthoret
Malgré une année 2009 difficile en termes de finances, Bovet lance deux nouveaux modèles cette année. Le premier, résulte d'une collaboration avec Pininfarina. Le carrossier italien, qui fête ses 80 ans, a contacté la marque il y un an et le projet à vu le jour en moins de 10 mois. Ce sportster rappelle l'esprit de Pininfarina dans le choix des couleurs, des matériaux mais aussi dans travail de perfection du mécanisme qui se trouve dans le boîtier transparent. Le deuxième modèle se nomme Amadeo, il se défait en trois temps pour se porter au poignet, comme une montre de poche ou de table. Ces créations représentent le futur de la marque. Un pari qui aura coûté cher à son repreneur, qui estime d'ailleurs que compte tenu du travail qu'il y a derrière chaque pièce, la marge de prix de 30.000 à 600.000 francs est plutôt bon marché.

La marque Bovet doit sa renaissance à l'acharnement de son propriétaire, Pascal Raffy. Passionné de montres, il a relevé le défi en 2001. «Un jour, un ami convoque Monsieur Raffy et éteint toutes les lumières de la salle. Il dépose une montre dans ses mains et lui demande de deviner quelle est la marque de l'objet. La couronne est à midi, c'est un modèle basé sur la montre de poche Bovet du XIXe siècle. Il en tombe amoureux », raconte Sarah Mugnier responsable de la communication chez Bovet à Genève.
Depuis ce jour, la passion de cet ancien de la pharma a pris le dessus. Pendant qu'il restructure la société de l'intérieur, il mise immédiatement sur une communication agressive afin de cibler une clientèle plus internationale. Il investit dans quatre panneaux à l'aéroport de Genève, aujourd'hui, il en possède plus d'une quinzaine.
En 2006, soit cinq ans après l'acquisition de Bovet, Pascal Raffy saisit l'opportunité d'acquérir Swiss Time Technology, le fabricant de tourbillons pour sa marque. Là aussi, il repense la colonne vertébrale de la société et il ne garde plus qu'Harry Winston comme client. «Monsieur Raffy passe presque tout son temps là-bas. Il veut suivre le coeur de ses montres de près.» explique Sarah Mugnier. La même année, il reprend également Valor Lopez et Villa qui produit des cadrans à Plan-les- Ouates. Il garde la structure de l'entreprise et la renomme Dimier. L'année suivante, il apprend l'existence d'un château au dessus de Fleurier (NE), ville d'origine du créateur de la marque, Edouard Bovet. Le Château de Môtiers, construit au XIIIe siècle est entièrement rénové, les travaux du nouvel atelier d'assemblage Bovet se terminent fin 2007. Aujourd'hui le site est encore en travaux: un musée retraçant l'histoire de la marque devrait y ouvrir ses portes d'ici 2011.

Bovet possède à ce jour quatre filiales et quatre boutiques à son nom. L'inauguration d'un nouveau point de vente est d'ailleurs prévue pour mars 2010 à Tai Pei, un lieu qui porte une grande signification historique pour la marque. L'horlogerie d'origine neuchâteloise se place aujourd'hui également sur d'autres marchés cible tels que l'Europe centrale, l'Asie, les Etats-Unis et le Moyen-Orient.
