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Dans les coulisses du Grand Saut (suite)

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EN DIRECT DU SASKATCHEWAN, heure H moins quelques heures... Alors que la météo s'éclaircit à peine au-dessus de North Battleford(Saskatchewan, Canada), la tension commence à monter dans l'équipelogistique chargée d'assurer le « Grand Saut » de Michel Fournier , BR02 au poignet.

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BELL  & ROSS : dans les coulisses du Grand Saut (suite)

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Entre Michel Fournier et  Bell & Ross, l'histoire commence à l'été 2007. Un journal canadien avait parlé de son prochain exploit, programmé alors pour le printemps 2008. Cette histoire de « Grand saut » stratosphérique m'avait parue intéressante et j'en avais donné quelques détails sur Internet. En me demandant au passage pourquoi aucune marque d'horlogerie n'avait encore mis en place un partenariat avec le futur « premier-homme-à-franchir-le-mur-du-son ».Michel Fournier – que je ne connaissais pas – m'avait alors contacté pour me demander si, de mon côté, ou plutôt du côté horloger, je ne voyais personne suspectible de lui donner un coup de main. Bonne question ! Quelques e-mails plus tard, la question ne se posait plus.
Six messages à six marques : trois réponses pour qu'on se reparle après les vacances horlogères (six semaines plus tard), une pour décliner l'offre pour cause d'engagement antérieur pour le printemps 2008, une pour commencer à ergoter sur la pertinence d'une opération et une dernière demande de contact rapide, signée Bell & Ross. Ce serait donc Bell & Ross. Carlos Roslllo, le co-fondateur et PDG de la marque, m'expliquait clairement son intérêt face à cette opération « risquée » : « Nous nous sommes évidemment posé la question de ce “risque“, mais, pour nous, c'est un peu la rançon de la passion. Seule la passion peut justifier cette part de risque, pour ce qui concerne Michel Fournier aussi bien que Bell & Ross. C'est notre avantage de marque indépendante : nous pouvons nous risquer là où des plus grandes marques hésiteraient, sans doute par défaut de passion ».Il continue : « Michel Fournier n'est qu'énergie et passion. Son langage ne pouvait que nous plaire. Le personnage aussi. Son projet est une union des compétences au service d'un rêve un peu fou, en tout cas hors du commun. C'est un peu le sentiment qui nous anime. Nous avons eu envie de partager ce rêve et d'unir nos propres compétences à celles de son équipe ». Partage d'une quête « impossible » qui s'inscrit, remarque Carlos Rosillo dans les valeurs de Bell & Ross : « Nous faisons des montres qui ont battu le record de profondeur (Hydromax, étanche à 11 000 m). Il était naturel que nous tentions une montre qui détiendrait le record du monde d'altitude. Les hommes qui vivent leurs passions jusqu'à l'extrême ne peuvent qu'intéresser une marque qui s'est vouée à l'extrême. On trouvait déjà ces principes dans le tout premier catalogue Bell & Ross. Parce qu'il veut toucher les étoiles et atteindre le fond des mers, quelque soit le record à battre, l'homme se mesure toujours avec le temps, pour faire de quelques secondes de bonheur un moment d'éternité ».D'où l'idée de l'équiper de montres Bell & Ross. Une BR 02 sur sa combinaison et un compteur dans la nacelle de saut. « A partir de ces données simples, nous avons réfléchi. La chute allait durer une quinzaine de minutes, descente sous parachute comprise : il lui fallait donc une montre étanche, lisible, précise et fiable. La BR 02 étanche à 1 000 m s'imposait, avec un cahier des charges un peu différent des montres de plongée classiques : près de sept minutes de chute, avec des températures négatives de 130°C, donc une montre “sans huile“ et dotée d'une valve de décompression. Garantie étanche à 1 000 m, la BR 02 a été testée à plus de 2 500 m. Sa fiabilité est donc parfaite. »

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SUR LES PISTES DE NORTH BATTLEFORD

C'est ainsi que Michel Fournier se trouve depuis quelques jours à North Battleford, au cœur du Saskatchewan centre-canadien (c'est-à-dire, pour parler franc, au « milieu de nulle part »), avec une Bell & Ross au poignet. Hier, c'étaient les derniers préparatifs, dans une étrange ambiance de système D à la française, de nonchalance méridionale (beaucoup de membres de l'équipe ont « l'accent » de Nice ou de Toulouse) et d'hyperprofessionnalisme logistique. Les séances matinales ressemblent à des réunions d'état-major dans les troupes d'élite, avec même un léger parfum de briefing avant l'attaque du petit matin : mêmes tics de vocabulaire, même mélange de réalisme et de lyrisme dans l'approche des scénarios, même rigueur dans le séquençage de l'opération. Ce n'est sans doute pas un hasard si plusieurs responsables de l'équipe technique de Michel Fournier – lui-même est un « ancien » – ont exercé des responsabilités au sein des forces spéciales françaises.Bell & Ross_320538_4
Le hangar à quelques heures du départ : au centre, la capsule ; au premier plan, le super-téléscope qui permettrait de lire le logo Bell & Ross sur la combinaison de Michel Fournier à 40 km d'altitude ; au fond, la combinaison de chute... 
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Le journaliste et la combinaison du héros 
QG de l'opération : un simple hangar de l'aérodrome de North Battlefield. Parois et toit de tôle et dalle en béton à quelques mètres d'un petit lac où des canards sauvages profitent du petit vent aigre de ce printemps canadien déjà riche en moustiques. Dehors, les premiers cars-satellites des télévisions locales commencent à caler leurs paraboles géantes : le French Daredevil – casse cou français – est la nouvelle coqueluche des networks nord-américains, qui ont même risqué un jeu de mots sur le « para bel homme » (ça vaut ce que ça vaut !). Un  colossal poids-lourd est sur le parkiçng, avec une remorque longue comme un wagon de TGV : 700 000 mètres cubes d'hélium, qui serviront à gonfler le ballon qui emportera la nacelle quarante kilomètres plus haut.Sur le plateau herbeux situé face à l'aérodrome, sur l'autre rive de la rivière Saskatchewan et commandant toute la vallée, les palissades en rondin de Fort Battleford, un des grands sites historiques canadiens, qui a vu tirer les derniers coups de feu des guerres indiennes en 1886, quand les guerriers de Poundmaker, un des grands chefs des Cris (Indiens des Plaines), avaient infligé une déculottée aux fusiliers anglo-canadiens du colonel Otter.
Ces Natives se battaient pour la terre de leurs ancêtres. Michel Fournier risque sa vie pour le ciel de ses descendants. Deux univers se croisent cette semaine à North Battleford…Bell & Ross_320538_6
Dernières photos souvenir sur le terrain, devant le hangar, quelques heures avant le départ : derrière Michel Fournier, le petit lac aux canards (indifférents aux humains qui veulent voler) ; à côté de lui, le petit avion des Royal Canadian Air Cadets ; à son poignet, la BR 02, évidemment... 
Dans le hangar, chacun s'affaire à la mission qui lui a été impartie. Pliage manuel minutieux du parachute qui s'ouvrira après la plus longue chute libre de l'histoire (7 minutes et 25 secondes, avec le passage du mur du son par un humain emporté par la pesanteur). Ultimes vérifications des capteurs électroniques logés dans une gaine placée sur la poitrine de Michel Fournier : au sol, on pourra suivre le moindre de ses battements cardiaques, et même ses clignements d'yeux puisque qu'une caméra sera placée sur cette gaine avec un objectif tourné vers le visage du chuteur. Derniers câblages dans la nacelle, qui semble « desossée » et qui ressemble à un gros ballon d'eau chaude enrobé de laine de verre isolante. Une porte vitrée coulissante, équipée d'une sorte de rideau, permettra au parachutiste de profiter du paysage, s'il le souhaite, pendant ses deux heures de montée, au cours desquelles il n'aura cessé de respirer de l'oxygène pour « dénitrogéner » son organisme, c'est-à-dire éliminer les gaz rares, notamment l'azote, qui pourraient poser des problèmes au moment de la recompression, lors du retour dans l'atmosphère.Bell & Ross_320538_7
La portière coulissante vitrée (plexiglass) et son "rideau de douche". Fixé sur un des montants, le compteur de bord Bell & Ross que Michel Fournier aura sous les yeux pendant toute la montée.
C'est cette portière coulissante qu'il ouvrira au moment de sauter. C'est de cette porte que Michel Fournier s'élancera, dans quelques heures, après avoir admiré une dernière fois le paysage saisissant de la Terre vue à 40 km de haut, pris quelques images pour les copains de la Nasa et jeté un dernier coup d'œil à sa Bell & Ross. Porte qu'il oubliera de fermer en partant...Les deux mains en appui sur les montants de la porte, il s'élancera dans le vide, seulement stabilisé par son RSE (un mini-parachute – acronyme de ralentisseur, stabilisateur extracteur – qui lui évitera de partir en vrille). A quoi pensera-t-il ? Il nous le dira à l'arrivée…
Grégory Pons
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La Terre telle que Michel Fournier la découvrira dans quelques heures, quand il aura ouvert sa portière : un spectacle encore jamais vu par un homme sur le point de sauter pour regagner la Terre... 
L'actualité du Grand Saut sur Worldtempus : cliquez ICI et encore ICI (présentation et dossier de presse ud projet) 
La montre du Grand Saut, BR 02 étanche à 1 000 m : cliquez ICI .

L'actualité du Grand Saut en direct (webcam live sur l'aérodrome de North Battleford, blog de Michel Fournier, etc.) : cliquez ici .

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