L'Hydroptère à Saint-Tropez

Avant que l'Hydroptère.ch ne conquiert le Lac Léman le 8 octobre 2010 et que l'Hydroptère maxi ne fasse le tour du monde en 40 jours, c'est à Saint Tropez que l'équipe d'Alain Thébault a fait rêver un public déjà conquis.


WORLDTEMPUS - 27 septembre 2010

Anne-Marie Belcari

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Depuis quelques semaines, le faste des yachts en rade de Saint Tropez laisse la vedette à l'élégante légèreté d'un trimaran aujourd'hui mondialement célèbre. L'Hydroptère fait frémir la Méditerranée en s'élevant majestueusement sur ses eaux bleues, effleurant à peine leur surface une fois sortis ses deux foils en forme d'ailes d'aéroplane. Alain Thébault et son équipage ont beau avoir battu des records de vitesse, chaque « décollage » de leur oiseau de carbone est systématiquement accompagné d'une liesse grisante et contagieuse.

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À bord, difficile de ne pas redevenir un enfant aux yeux écarquillés et au sourire béat. Difficile de ne pas s'imaginer au Pays Imaginaire, bravant l'air et la mer à bord du navire volant du Capitaine Crochet… Et dans le rôle de Peter Pan, Alain Thébault. La réalité est-elle si lointaine ?... Force est de constater qu'en lui sommeille un Peter Pan passionné et acharné, qui a su croire en ses rêves d'enfant. Les voir se réaliser lui dessine un éternel sourire aux lèvres.

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Si l'idée née en 1975 a su dès le début convaincre Eric Tabarly, il a fallu attendre les progrès technologiques, notamment en termes de système de mesures et de matériaux - tels le carbone et le titane qui répondent à la double exigence de légèreté et de solidité, pour s'affranchir du principe d'Archimède et voler au-dessus des flots. Concrètement, il s'agit de déjauger les coques du bateau grâce à une poussée verticale développée par les foils qui restent ainsi les seules pièces au contact de l'eau. Le concept permet de diminuer considérablement la traînée et d'avoir un potentiel de vitesse bien supérieur à celui des bateaux archimédiens classiques.

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Quant au fonctionnement des foils, il est tout simplement basé sur le même principe de portance dynamique qui permet aux ailes d'un avion de le faire décoller. Elémentaire ? Apparemment, oui. Il n'en demeure pas moins que l'appui de constructeurs et ingénieurs chevronnés, de Dassault Aviation aux laboratoires de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), en passant par Airbus, a largement contribué aux succès du projet.

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En 2009, l'Hydroptère brise le mur du vent (ce qui dans l'aéronautique équivaut à briser le mur du son) et réalise deux records absolus, plaçant la barre à un niveau difficilement accessible par ses concurrents : 51,36 nœuds de moyenne sur 500 mètres le 4 septembre, et surtout 50,17 nœuds de moyenne sur le mille nautique le 8 novembre. C'est peu avant cette seconde performance qu'Audemars Piguet s'associe à l'aventure. Après ses fructueux partenariats avec Be hAPpy et Alinghi pour l'America's Cup, la Manufacture se tourne vers un projet a priori moins médiatique, mais sans aucun doute plus novateur, et surtout prometteur. Les événements prouvent qu'elle a eu le nez creux. L'association coule de source : le caractère pionnier du projet d'Alain Thébault colle à la peau d'Audemars Piguet, qui se plaît depuis toujours à combiner créativité avec aventure humaine et technologie. Et Alain Thébault, qui a été approché par d'autres horlogers, avoue avoir balayé leurs propositions face à l'esprit et l'histoire de l'entreprise familiale. À son poignet, le chronographe Royal Oak Offshore Volcano. « Il me rappelle le jour du 8 novembre 2009 où nous avons élevé le record du mille à 50,17 nœuds : nous portions les mêmes couleurs… ». À quand une série limitée Audemars Piguet Hydroptère ?

À ne pas manquer : « Le souffle d'un rêve », histoire de l'Hydroptère, le 15 octobre 2010 dans l'émission Thalassa sur France 3.


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