Appel à la foudre

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Appel à la foudre - ArtyA
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Yvan Arpa travaille sur l'idée de la montre comme œuvre d'art. Dans certains cas, il recourt à des décharges de centaines de milliers de volts pour façonner les boîtiers.


WORLDTEMPUS – 19 janvier 2010

Propos recueillis par Anna Vaucher


Pour le lancement de sa marque ArtyA, Yvan Arpa, ex CEO de Romain Jerome, a choisi le Geneva Time Exhibition à Genève. Il présente cette semaine une centaine de pièces uniques issues de ses deux collections « Artpiece 1/1 » et « Coup de foudre », pour lesquelles il s'est entouré d'artistes pour le moins hétéroclites, parmi lesquels son épouse. Interview.

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Artpiece © ArtyA

 

 


Anna Vaucher : Comment est née ArtyA ?
Yvan Arpa : Sur le marché horloger, il y a un réel manque de créativité. Avec ArtyA, je ne propose que des pièces uniques, avec une vision vraiment différente. La montre doit devenir une pièce d'art, puisque les gens la portent comme un trophée. J'ai donc travaillé en collaboration avec des artistes. Comme dans l'art, il ne faut surtout pas vouloir plaire à tout le monde : soit on adore, soit on déteste, mais on ne peut pas rester indifférent. Le challenge est de faire avancer l'histoire.

Quel est le mode de fonctionnement de votre marque ?
Nous sommes une équipe de cinq personnes, constituée d'anciens de chez Romain Jerome. C'est grâce à un collectif de soutien amical que nous avons trouvé les fonds car je ne voulais aucun investisseur extérieur. Puisque nous avons construit un business modèle avec des produits limités à 360 pièces par an, nous n'avons pas besoin de nombreux revendeurs, ce qui nous laisse la possibilité de choisir avec qui nous voulons travailler. Mais nous n'avons pas de logique commerciale pure, c'est l'art qui nous guide.

Parlez-nous des boîtiers de la collection « Coup de foudre » ?
Constitués d'un mélange d'acier, ils reçoivent une décharge électrique entre 100 000 et un million de volts. La surface du boîtier change en fonction de l'intensité du voltage. Il bleuit par exemple différemment  selon la violence de la décharge. Je voulais moi-même réaliser les pièces mais la combinaison de protection n'était pas à ma taille ! Elles ont été créées à Austin, au Texas, parce que je n'ai pas pu faire venir les machines en Suisse, pour des raisons de douanes. Mais je les aurai pour Bâle, où je présenterai d'ailleurs une collection femme.

Comment voyez-vous l'évolution d'ArtyA ?
Je ne présente que deux collections ici, mais dans ma tête j'en ai encore des milliers. Je me laisse la liberté de ne pas me contraindre à quoi que ce soit. C'est un luxe immense. Depuis Romain Jerome, on m'a offert des fortunes pour gérer des marques, mais je ne veux plus travailler avec des gens qui ne marchent que pour l'argent.


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