C'est l'amant idéal. Enfin presque. Son truc: il garde sa montre pendant l'amour. Enquête.
![]() | Hiver 2008-2009 |
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Cas de figure le plus fréquent: l'amant à la montre est un obsédé du contrôle. Le sien et celui du temps. Il regarde sa montre dix fois par jour, arrive partout et toujours à l'heure pile et frôle l'apoplexie si son interlocuteur a trois minutes de retard. Alors, retirer sa montre pendant l'amour, c'est simple: il n'y pense même pas! Autant dire que côté romantique, on oublie. Et s'il porte un chrono, l'obsédé du contrôle risque de glisser dans la performance. On frôle le psycho-drame. Caroline, dont le copain vit la montre scotchée au poignet, plaisante: «Il faut mettre des limites. S'il regarde l'heure pendant l'amour, il est viré.»
Technique efficace, certes, mais peut-être un peu radicale. Mieux vaut opter pour la manière douce: jouer, par exemple, à la petite chose fragile – un grand classique qui marche toujours - en disant qu'on craint d'être griffée par le fermoir. Autre stratégie: la flatterie. «Je lui dis que le temps passe déjà trop vite avec lui et que le voir avec sa montre m'angoisse, dit Caroline. Il doit se sentir indispensable.» Généralement, la stratégie est un succès. Même si l'obsédé du contrôle jettera toujours un oeil sur sa montre posée sur la table! L'approche d'un accro de la bling-bling attitude est nettement plus compliquée. Classée en excellente position au top cinq des symboles de réussite sociale, la montre est plus que jamais le prolongement de la personnalité. Difficile alors pour l'amant show-off de se séparer de sa Rolex ou de sa Zenith Defy Xtreme. Déjà qu'il a eu de la peine à retirer l'étiquette du prix pour la porter! Pire encore: retirer sa montre pourrait lui faire perdre ses moyens. Bref, un mauvais remake de Dumbo. La plume qui permettait à Dumbo de voler s'est transformée en montre de luxe.

Que faire? Lui demander de choisir: sa montre ou vous? Erreur. Entre son statut social à plusieurs milliers de francs et le sexe, il n'hésitera pas une seconde: la montre. Evidemment, quand on se prend pour une femme fatale, c'est dur pour l'ego. «J'ai l'impression que mon mari se couche avec son compte en banque, commente ironique Anna, 38 ans. En fait, je crois que ça le rassure. Il ne l'avouera jamais, mais sa montre a pour lui valeur de trophée.» Comme quoi le chasseur, valeureux et sans peur, n'est jamais loin! Plutôt rassurant, à défaut d'être utile. Alors? Rien. La seule chose qui est à faire est d'accepter de partager sa couette avec la montre. Et prier pour que la tendance low profile revienne à la mode. Ou que son conjoint entame une thérapie sur le thème: quoi, dois-je toujours exhiber mon statut social? Vaste programme.
Côté femme, la montre pendant l'amour est souvent vécue comme un refus de s'investir. «J'ai le sentiment d'une rencontre sans lendemain, confie Laura, 30 ans. C'est comme si l'autre refusait de créer l'intimité indispensable au couple.»
Peut-être justement parce que la routine est ce qui effraie le plus un homme!
