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Olivier Vaucher - Un des plus grands graveurs

Olivier Vaucher Un des plus grands graveurs

Un îlot de calme en pleine ville de Genève

Il appartient à une dynastie d'horlogers qui remonte à trois siècles. Devenu l'un des plus grands graveurs de notre temps, il a connu toutes les modes, tous les bas et les hauts de l'horlogerie suisse. Rencontre autour de chefs-d'œuvre.L'atelier de gravure d'Olivier Vaucher est un îlot de calme en pleine ville de Genève, situé dans une arrière-cour, à quelques mètres d'un trafic incessant. Une dizaine de personnes s'activent derrière leur établi, face à de hautes fenêtres, à la manière des anciens cabinotiers. Il y a encore une quarantaine d'années, un atelier comme celui-ci employait plus d'une trentaine de graveurs. Aujourd'hui, celui d'Olivier Vaucher est le plus grand, dans tous les sens du terme. On ne saurait dire s'il s'agit d'un métier d'avenir ou de passé, tant les modes horlogères fluctuent. Disons que la gravure est un métier du présent, à qui profitent l'engouement des collectionneurs pour les pièces uniques et celui de quelques manufactures pour les métiers d'art.Olivier Vaucher a vécu quasiment toutes les guerres du monde horloger. Il est tombé dedans adolescent, à son corps défendant. «Les Vaucher, cela fait trois cents ans qu'on est dans l'horlogerie.» Et la dynastie n'est pas près de s'éteindre. Si le graveur a choisi un chemin de traverse, comme son frère devenu sertisseur, son fils, lui, a renoué avec la tradition familiale et fait son apprentissage d'horloger: «Il a complètement croché!»Ce n'est pas faute d'avoir essayé d'autres voies: tous deux, père et fils, se voyaient travailler dans la nature et suivre une formation en horticulture: «Nous voulions nous échapper de notre établi!» Mais il est difficile de lutter contre trois siècles d'atavisme…Lorsque Olivier Vaucher a fait son apprentissage, à l'âge de 15 ans, à l'Ecole d'art de La Chaux- de-Fonds, le métier d'horloger n'avait pas un avenir très glorieux. «On était dans les années 70 et, à part chez Patek Philippe, du point de vue de la création de mouvements, ce n'était pas très créatif: j'ai vu mon père faire des prototypes pour le quartz en fin de carrière. Cela ressemblait à la fin d'un monde», raconte-t-il.Olivier Vaucher a donc préféré exprimer sa créativité autrement, par le biais de la gravure. Les débuts furent difficiles: il est entré dans le métier en 1974, en pleine crise du pétrole. «J'ai trouvé un travail dans l'impression: on gravait des blocs d'acier pour faire des cartes de visite.» Jusqu'au jour où il a pu rentrer dans l'atelier de Blum et Zullig, «le meilleur atelier de Genève! Là, j'ai vraiment appris mon métier», explique-t-il. Deux ans plus tard, en 78, à l'âge de 24 ans, il devenait indépendant. «A l'époque, on sentait le début d'un regain d'intérêt pour la décoration des boîtiers et des bracelets. On nous demandait surtout de faire des godrons: c'était un travail très physique – on mettait le métal en forme à la main – mais pas très intéressant. Il était difficile de placer de beaux décors: on faisait beaucoup de propositions pour peu de résultats. Le travail des graveurs, dans les années 80-90, c'était surtout du décor de calibre, notamment sur les mouvements squelettes, dont Audemars Piguet avait relancé la mode. Le reste, c'étaient des formes simples, minimalistes», se souvient Olivier Vaucher. Lorsqu'on l'écoute raconter sa carrière, on sent passer toutes les modes qui ont prévalu dans le monde horloger. On se remémore l'arrivée du quartz, on se souvient des montres des années 80, les Bulgari, les Boucheron et tant d'autres, les rondes d'animaux qui couraient sur les lunettes (poissons, vaches, etc.). On prend pleinement la mesure du temps qui a passé, et des modes révolues. L'horlogerie suisse revient de loin. Aujourd'hui, on découvre des merveilles de finesse, qui tiennent la comparaison avec les garde-temps historiques.Les choses ont commencé à changer dans le bon sens il y a environ dix ans: la revalorisation du métier a suivi logiquement le «boum horloger» avec cet engouement croissant des collectionneurs pour les pièces uniques et les séries limitées.«Il y a des maisons plus aventureuses que d'autres. Par exemple, pour Alain Silberstein, nous avons réalisé des gravures sur acier inox, sur nacre… Il y a eu aussi cette pièce extraordinaire: un cadran au motif de serpent pour un tourbillon. Le guillochage avait été fait à la main, on avait réalisé un cloisonné par champlevé avec, entre deux, du relief en couleur avec de l'émail grand feu. C'était un record de complication!», raconte le graveur.Le jour de notre visite, en janvier dernier, Olivier Vaucher était occupé sur «un projet secret pour la maison Vacheron Constantin». A l'aide d'un burin, un jeune graveur avait fermé délicatement les yeux d'un masque chinois miniature en or jaune profond. Son expression sereine semblait vouloir nous dire: «Inutile d'insister, je garde mon secret.» On n'a pas insisté, mais remarqué dans un coin de l'atelier, sur une paillasse de chimiste, une cornue dans laquelle un autre masque semblait avoir pris des couleurs: celle du vert-de-gris. L'or peut-il s'oxyder? A cette question, le graveur sourit. Pour donner cet effet à ce masque, il l'a parsemé de minuscules dépôts de cuivre, qui ont subi un traitement chimique oxydant. «J'aime mêler les techniques traditionnelles et les nouvelles technologies», explique-t-il. Avec ce métier, les temps s'entrecroisent: on passe constamment du futur au passé.»En parlant de passé, sur une table, un modèle de gravure d'une beauté insensée. «Là je travaille sur une pièce du XVIIIe siècle: un motif d'astrolabe, dit-il. Le dos du boîtier est gravé, cloisonné et émaillé et le cadran composé d'une grille découpée, anglée et gravée sur une base cadran aussi décoré en taille douce.» Dire qu'il faudra attendre Baselworld pour découvrir la pièce terminée chez Corum! Cela fait aussi partie de la magie de ces métiers: accepter que toute merveille a un coût temporel et apprendre l'attente.Plus loin, cette découverte inattendue: des jambes miniatures, des bras… Ils appartiennent à une petite fée désarticulée qui, une fois montée, viendra animer le cadran d'une montre signée Van Cleef & Arpels.Olivier Vaucher admet qu'il y a eu une certaine déperdition du métier. «Ce que les anciens ont fait n'est plus toujours possible, notamment les travaux sur le long terme. On a aussi perdu la dextérité, par manque d'occasion de pouvoir s'entraîner. On a dû presque abandonner le ciselage, par exemple. Les travaux du siècle passé, eux, étaient très ciselés. Le métier est resté vivant – on l'apprend dans les écoles, notamment à l'Ecole Boule – mais il se perd de fait: plus personne ne peut se payer le ciselage.» Des regrets qu'il temporise aussitôt en repensant à son masque miniature. Pour le reproduire à l'identique, il a fait appel à une technologie de pointe: la photo en 3D.«Mon plus grand plaisir est de combiner tous les possibles autour de la gravure: reprendre les techniques du passé et utiliser toutes les techniques modernes à disposition. Aujourd'hui, on peut réaliser des gravures plus fines, on est capable de dépasser les limites du passé en ayant recours aux nouvelles technologies», s'enthousiasme le graveur. Avant de conclure: «Tout ceci, au fond, c'est de la haute voltige!»
Le Temps / Isabelle Cerboneschi / www.letemps.ch

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