Bvlgari Titanio : l'Aluminium change de métal

Fresh
Bvlgari Titanio © Anders Modig Davin
4 minutes read
Les Geneva Watch Days sont l’occasion pour Bvlgari de prolonger sa collection Aluminium par deux pièces taillées dans le titane grade 5 : une GMT et un chronographe. Revue de détails.

L'annonce a quelque chose d'un pied de nez. On pourrait en effet être surpris, car voilà l'Aluminium qui n'est plus en aluminium ! Et c'est justement ce qui la rend intéressante. En changeant le métal qui a donné son nom à la ligne, la maison en déplace aussi le caractère. Mêmes codes sport-chic, pour un tout autre climat. Bien sûr le titane allège la pièce, et offre ainsi un confort au poignet sans pareil. Mais ce n’est pas tout, il l’assombrit également et lui donne ainsi un tout autre visage.  Là où l'Aluminium de 1998 jouait sur un graphisme pop entre noir et blanc, la Titanio installe un registre plus sombre et plus technique en apparence, tout en gris mat profond et noir. Deux fonctions complètent le propos : la GMT pour le voyageur, le chronographe pour la précision.

De la Roma au caoutchouc, généalogie d'un sport-chic

Pour saisir ces nouvelles Bvlgari Titanio, il faut remonter le fil. En 1975, Bvlgari lance la Bvlgari Roma, une montre sur laquelle la lunette est gravée du nom de la maison. Imaginée par Gianni Bulgari, elle fait du logo un motif, clin d'œil aux monnaies romaines où le nom de l'empereur entoure son profil. Le pari est osé ; la pièce est rebaptisée Bvlgari Bvlgari en 1977 et devient la première montre d'homme que la maison produit à grande échelle. La lunette signée s'installe alors durablement dans le vocabulaire du joaillier romain : on la retrouve d’abord sur la sportive Diagono de 1988, puis au cœur d'une nouvelle ligne. En 1998, Bvlgari lance l'Aluminium, montre de sport en aluminium et caoutchouc, monochrome et graphique. Pour son lancement, la maison en fit même placarder l'image sur le fuselage d'un Boeing 747 d'Alitalia. Le choix a de quoi surprendre : un joaillier au sommet du luxe qui façonne une montre de sport dans un métal jusque-là réservé aux lunettes et aux composants. L'audace paie. En un quart de siècle, l'Aluminium est devenue l’une de celles qui ont fait du refus des matériaux classiques un argument de style. Son identité tient dès lors à deux choses : une lunette qui porte le nom, et l'aplomb d'une matière qu'on n'attendait pas là. La Titanio hérite des deux, et pousse la seconde d'un cran.

Bvlgari Titanio Chronograph © Bvlgari

Le titane comme nouvelle peau

C’est ainsi que le titane grade 5 se substitue à l'aluminium. Si les deux métaux partagent la légèreté, ils se distinguent à d’autres égards. Plus dense et plus résistant, réputé pour sa tenue aux chocs, aux rayures et à la corrosion, le titane offre surtout une autre tonalité avec un gris plus soutenu, plus minéral, qui absorbe davantage la lumière au lieu de la refléter. C’est cette teinte mate profonde que Bvlgari fait dialoguer avec le caoutchouc noir. Pour le reste, les codes qui ont fait le succès de la ligne demeurent : la lunette signée, l'alliance du métal et du caoutchouc, le bracelet intégré au boîtier et la discipline monochrome. Mais la température change. On quitte le noir et blanc des origines pour une gamme plus sombre, sablée, rehaussée de touches de DLC noir sur la couronne afin de donner à la pièce une allure de montre-outil contemporaine qui se porte sans se faire remarquer. Sur le cadran, l'alternance de finitions mates et brillantes entretient ce jeu de profondeur. La maison, qui a fait du titane l'un de ses langages depuis maintenant plusieurs années, l'emploie ici non comme une prouesse mais comme une matière du quotidien.

Première option, la Bvlgari Titanio GMT, la voyageuse

La première des deux pièces s'adresse à celui ou celle qui change de fuseau horaire. Dans un boîtier de 40 mm de diamètre aux proportions équilibrées, la Titanio GMT affiche un second fuseau sur un disque 24 heures doublé d'un indicateur jour/nuit, la date se logeant à 3 heures. La lecture d'une deuxième heure ne surcharge en aucun cas le cadran mais se fait ici sans superflu au moyen d’un disque qui va du noir au gris, des index blancs, et des aiguilles grises garnies de Super-LumiNova. Tout est pensé pour saisir d'un coup d'œil l'heure d'ailleurs. Le mouvement, le calibre automatique B192, offre 50 heures de réserve de marche. Ici rien de tapageur : un compagnon de route sobre, lisible, taillé pour durer.

Bvlgari Titanio GMT © Bvlgari

Seconde option, la Bvlgari Titanio Chronograph, la précision

Le second modèle joue une autre partition. Sur son cadran noir mat, les sous-compteurs caractéristiques du chrono osent le ton sur ton. Le monochrome est plus que jamais présent, les index et autres chiffres blancs viennent égayer l’ensemble et assurer la lisibilité des différentes fonctions. L’échelle tachymétrique lui offre un tour technique et rappelle la vocation sportive de la ligne, celle d'un instrument que l'on lit vite. La maison relit ici les codes graphiques noir et blanc des débuts, transposés cette fois en accentuant encore davantage le côté noir, plus net et plus tranchant. Le boîtier gagne un millimètre par rapport à sa petite sœur GMT, à 41 mm de diamètre, pour accueillir le calibre chronographe automatique B381 et ses 42 heures de réserve de marche ; la date se glisse entre 4 et 5 heures. Les aiguilles grises en laiton galvanisé, garnies elles aussi de Super-LumiNova, prolongent la logique chromatique qui court d'un modèle à l'autre.

Une architecture commune

Sous leurs fonctions distinctes, les deux Bvlgari Titanio reposent sur une même ossature. La lunette de caoutchouc porte gravée à deux reprises la signature de la maison, cette double mention héritée des années 1970 qui reste, aujourd'hui encore, la carte d'identité de la ligne. La construction associe titane sablé et caoutchouc noir jusque dans le fond de boîte, traité DLC comme la couronne, et l'étanchéité grimpe à 100 mètres, de quoi assumer un usage quotidien sans précaution. Le bracelet en caoutchouc et maillons en titane intégré au boîtier complète l’allure de chaque pièce. Aucun doute, la Bvlgari Titanio continue la ligne Aluminium avec brio et revendique son statut de montre sport-chic, robuste, légère et pensée pour vivre au poignet et non dormir dans un coffre.

Bvlgari Titanio Chronograph © Bvlgari
Marque