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Rolex - Rolex Cellini, l'outsider

Rolex Rolex Cellini, l'outsider

Comment ? Le leader, un outsider? Cette montre classique et habillée semble à rebours des habitudes de la marque. Mais est-ce bien le cas ? Car après une semaine au porter, la Cellini se révèle être une vraie Rolex.

De prime abord, il faut bien l’avouer, je reste surpris par le concept même. Une Rolex habillée, uniquement chic, cela va à l’encontre de tout ce que je connais, aime, valorise chez Rolex. La ligne Cellini existe depuis des décennies, a traversé diverses époques de style, et n'avait jamais connu la gloire. Trop originale, trop loin des concepts centraux de la marque. En particulier, elles étaient à remontage manuel, une quasi-hérésie pour une marque qui a tant misé sur l’automatique. Et voici qu'en 2014, la marque à la couronne lançait une Cellini nouvelle mouture. Boîte en or gris ou rose. Cadrans guillochés. Longs index effilés coupés en leur centre par la minuterie. Bracelets en cuir uniquement. Complications inhabituelles pour Rolex (date mais à aiguille, GMT mais excentré, phases de lune). Surtout, c'est l'approche contextuelle qui a changé. Aujourd'hui, Cellini est rangée dans la catégorie “Montres Classiques” de Rolex, à côté de la Day-Date, cette autre gamme qui n'existe qu'en métaux précieux, et que la marque a toujours valorisé comme son fleuron. 

Pourtant, pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre ce que Rolex peut offrir dans cette catégorie très disputée. Le design y est souvent générique, profondément inspiré par l'époque horlogère la plus portée sur l'épure, les années 1950. Rolex, à l'inverse, n'a pas lorgné du côté vintage, sujet dont la marque se méfie profondément par ailleurs. Le design des Cellini ne ressemble, en fait, à aucun autre tant leur cadran, motif et attributs, est inhabituel. D'autre part, les Cellini sont désormais automatiques, là où le remontage manuel règne encore en maître, en partie à cause des codes classiques de l’horlogerie traditionnelle. Cet ensemble de dogmes un peu datés dicte qu'on remonte une montre de ville en or à la main, sans trop se poser de questions. Enfin, pardonnez l'évidence, les Cellini sont équipées de calibres Rolex. Et là, sans vouloir entrer dans des débats sans fin, on a droit au meilleur de ce qui se fait. Et garanti cinq ans en prime.

Je reçois donc la ref 50515, Cellini Date, boîte or rose (Everose, un alliage maison avec une forte teneur en palladium à la place du traditionnel argent) et cadran argenté guilloché. Elle est montée sur un bracelet en alligator cognac verni avec boucle ardillon. Elle fleure bon le luxe, le prestige, c'est une Rolex en or mais elle n'est pas comme les autres. Les premières impressions ? Elles ne sont pas liées à la montre même. Pour ceux qui n'ont pas l'habitude, porter une montre en or, n'importe laquelle, est une expérience à part. Le poids est conséquent, 98 grammes, mais il faut garder à l'esprit qu'une DateJust de 36 mm en or pèse 20% de plus. La boîte est voyante, sans comparaison avec un acier, même poli. Et surtout, une pensée habite l'esprit...le prix. Mais après vérification, ma Cellini est très compétitive. Parmi les huit marques très visibles du secteur que j'ai compilées, une seule arrive à passer en-dessous de son tarif.

Rolex Cellini, l'outsider

Cellini Date ref. 50515 © WorldTempus/David Chokron

Puis vient le moment de la détailler. De la tâter. De la scruter. Avec ce mélange d'analyse et de sentiment qui est une réaction quasi universelle face à une montre. Le cadran est très lumineux, tant par sa couleur que par le guillochage et encore plus avec le renfort des index en or et du double filet sautant qui découpe le dateur à 3 heures. Les aiguilles, de type glaive, créent un ensemble parfaitement lisible, qui se confirmera plus tard en moyenne luminosité. Le diamètre de 39 mm est parfait...pour moi. Sur ce sujet, l'universalité n'existe pas. Rolex a fait un choix non ostentatoire, conservateur même, qui lui ressemble plus qu'on ne veut souvent l'admettre. De toute manière, la sensation de volume est influencée par d'autres éléments de design : la boîte a un profil bombé dans les deux sens, la lunette est cannelée mais très finement et seulement sur son bord extérieur. En clair, Rolex joue avec les perceptions, ce qui dénote un effort de design comme on en voit peu. Rapidement, l’impression clinquante de l'or s'estompe, ce qui doit beaucoup à la tonalité particulière de l'Everose, très douce. 

Je mets la montre à l'heure et à la date. La cannelure de la couronne est parfaite, on dirait qu'elle a été étudiée (c'est certainement le cas) pour offrir le meilleur ressenti au doigt et la meilleure préhension. Les crans de la couronne sont nets, leur prise de position impeccable et surtout, étagée : impossible de passer directement au dernier cran, il faut patienter entre chaque. Tout d'abord, remonter. La montre fait juste le bruit qu'il faut. Assez pour qu'on soit sûr d'être au bon cran, pas au point de faire crécelle. D’ailleurs, il faut noter que le rotor est totalement silencieux, alors qu'il est monté sur des billes en céramique, qui sont notoirement bruyantes...un vrai mystère. Puis je passe à la date et, surprise, le dernier cran de la couronne ne la gère pas directement. Il contrôle l'aiguille des heures, qui effectue des sauts directs. Il faut tourner tourner tourner...

En renversant la montre, une chose devient évidente. Les amateurs de mécanique devront ici renoncer à une de leurs friandises. Fidèle à son habitude, à laquelle seule la génération précédente de Cellini avait fait entorse, ces montres sont à fond plein. Fermé. En or massif. Inutile d'espérer voir le mouvement cal.3165, son rotor ajouré, son spiral Parachrom bleu, ses inverseurs rouges, son double pont de balancier, ses finitions méconnues.

Rolex Cellini, l'outsider

Cellini Date ref. 50515 © WorldTempus/David Chokron

Ce mouvement, parlons en justement. Les Cellini ne sont pas (encore) équipées de la dernière génération de mouvements de la famille des 32xx. Ma Cellini Date tient donc 48 heures et pas tellement plus. Par contre, malgré l'absence de mention sur le cadran (encore un trait inhabituel pour Rolex qui en a fait son fonds de commerce), ce calibre est certifié chronomètre. A l'épreuve d'une semaine au porter, en conditions réelles de la vie réelle d'une personne bien réelle, la montre aura dévié de 2 secondes en 120 heures. C'est à dire 12 secondes par mois, un résultat fabuleux. Par contre, le calibre est épais, comme toujours chez Rolex. La marque a refusé de préciser mais on est au-delà des 6mm et cela se ressent. 

Au poignet, la Cellini est donc dodue : 12,3 mm. La norme sur ce créneau de montres masculines, précieuses et sophistiquées, est de rester en-dessous des 10, ou de les dépasser à peine. Les montres manuelles y arrivent sans effort, et une culture de l'automatique ultra fin, souvent à micro-rotor, anime bien des acteurs de premier plan. Seulement voilà, la conception de la qualité Rolex s'appuie sur des marges de manœuvre techniques confortables. Les calibres sont épais parce que cela les rend fiables. On constate aussi que les étagements entre les aiguilles sont importants. Cela évitera qu'elles se touchent et s’abîment. Mais on perd en finesse, ici comme à d'autres endroits. Alors la Cellini bouge sur le poignet. Elle ne se pose pas, son fond étant quasiment au même niveau que la pointe de ses cornes. 

Et quel effet fait-elle ? Au-delà des waouh et des exclamations enthousiastes, on m'a parlé d'un rendu féminin. Vintage. Chic, bien sûr. Mais bien qu'en décalage avec mes habitudes, aucune des personnes qui me connaît ne l'a trouvée hors de propos, trop précieuse, too much ou ce type de commentaires, auxquels je m'attendais pourtant. 

La Cellini est donc pleine de surprises. Il n'était pas question que Rolex renonce à son sacro-saint principe de solidité, et cela a des conséquences. Mais en même temps, cette adhésion logique aux fondamentaux de la marque a donné naissance à un cadran extrêmement flatteur, des polissages de la meilleure trempe, un or chaud sans être tape-à-l’œil. Si vous êtes prêts à passer outre l'épaisseur, la Cellini est un choix qui sort des sentiers battus...ce qui n'est pas le moindre des paradoxes provenant d'une marque si omniprésente.

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