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Technique - La fusée-chaîne mise à nue

Technique La fusée-chaîne mise à nue

Présente depuis les prémices de l'horlogerie, la transmission par fusée-chaîne revient sur le devant de la scène depuis quelques années.


L'horlogerie a ceci de fascinant que même au bout de six siècles, elle ne s'avoue toujours pas satisfaite des inventions proposées pour atteindre son graal : l'isochronisme. Pourtant, bien des esprits se sont penchés sur le problème, et pas des moindres, tel Leonard de Vinci. Le principe de fusée-chaîne faisait partie de ses nombreux développements pour tenter de pallier le problème de perte de couple d'un barillet traditionnel.

Pour poser les choses de manière très simple, ce barillet est la 'batterie' d'une montre. Il lui délivre son énergie par le biais d'un ressort : tendu au maximum ('armé'), il dispose d'une réserve d'énergie qu'il va dispenser à la montre en se déroulant de manière continue (c'est le 'désarmage'). Problème : ce processus de désarmage n'est pas linéaire, c'est-à-dire qu'il ne délivre pas une force constante. De facto, il est problématique pour les éléments qui prennent sa suite dans le mouvement d'être parfaitement réguliers alors que l'énergie qu'ils reçoivent ne l'est pas. Un peu comme si l'on demandait à une voiture de maintenir sa vitesse alors que l'on relâchait progressivement l'accélérateur...

De nombreuses solutions ont été trouvées pour pallier à ce problème. Parmi elles, la transmission fusée-chaîne semble reconquérir une place de choix dans le coeur des horlogers contemporains.
 

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Le plus surprenant à son égard est son ancienneté : on en trouve les premières esquisses en...1405 ! Le paradoxe, c'est que cette solution est particulièrement difficile à réaliser, notamment pour des raisons que l'on appellerait aujourd'hui "d'usinage". Pourtant, malgré les techniques rudimentaires du XVème siècle, de brillants esprits l'avaient déjà pensée.

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Pour simplifier, la transmission fusée-chaîne est comparable au principe des plateaux d'un vélo. En fonction de la pente à gravir, le cycliste va adapter le choix des vitesses de son vélo. Concrètement, il va faire 'dérailler' sa chaîne sur des plateaux de plus ou moins grande circonférence afin d'avoir à fournir un effort constant, quelque soit la pente de la route. Cet effort constant, c'est le 'couple'.

Dans une transmission fusée-chaîne, le principe est exactement le même : pour garantir un couple constant, la chaîne va se dérouler autour d'un élément de circonférence variable, la fusée. Pour autant, dans une montre, il aurait été inconcevable, comme pour une bicyclette, de mettre en oeuvre une chaîne qui 'déraillerait' de plateaux en plateaux pour garantir une force constante ! Pour en conserver le principe, les horlogers ont donc inventé ce principe de fusée, un cône autour duquel la chaîne va se dérouler. Ainsi, lorsque le barillet est totalement remonté ('armé') et s'apprête donc à délivrer le maximum de sa force (le 'couple'), la chaîne agit sur le haut de la fusée, donc sa plus petite circonférence. Au fur et à mesure que la chaîne se déroule, son couple diminue mais dans le même temps elle agit sur la partie la plus large de la fusée, sa base. Ainsi, la force délivrée est constante.
 

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Pourtant, « depuis que l'on a apporté de grandes améliorations à l'échappement, le principe de fusée-chaîne était devenue moins indispensable », analyse Yves Corthésy, Directeur du Développement des Mouvements chez Zenith. « On ne le trouvait plus que sur des instruments de grande précision, comme les chronographes de marine. Il est par ailleurs coûteux à produire et gourmand en place dans une montre de poignet ».

Quoi qu'il en soit, de grandes maisons y reviennent progressivement. Breguet en 2012 avec la Tradition Breguet 7047 Tourbillon Fusée en or rose, Lange & Söhne avec, depuis 1995, pas moins de quatre versions de sa « Pour le Mérite », ou encore Zenith avec sa Christophe Colomb Hurricane. Pour cette dernière, Yves Courthésy explique que la fusée-chaîne « permettait de pousser au plus loin la quête de précision à laquelle s'attache la pièce ». Un pari technique audacieux que la marque n'avait jamais mis en oeuvre jusqu'à présent et qui a requis « l'achat de nouvelles machines et le talent d'horlogers d'élite ».
 

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Certains horlogers y trouvent pourtant encore à redire. Ainsi, pour Romain Gauthier, «le mécanisme comporte deux inconvénients inhérents à sa construction. Tout d'abord, les multiples tours de chaîne sur la fusée impliquent des maillons de très petite taille, et donc relativement fragiles ainsi qu'une grande longueur de chaîne. Ensuite, la torsion et contraintes que la chaîne doit supporter afin de compenser le non alignement entre la fusée et le barillet».


L'horloger a pallié ces deux inconvénients en remplaçant la fusée par un limaçon (pièce en forme d'escargot plat) à rotation lente, positionné ici à 10 heures.

Le limaçon et le barillet étant situés sur le même niveau, la force est toujours transmise en ligne droite et le mécanisme ne nécessitant qu'une ligne de chaîne très courte, les maillons peuvent être plus grands et donc plus solides. Pour encore plus d'efficacité, Romain Gauthier a tiré avantage de la grande taille des maillons pour y insérer des paliers en rubis synthétique, matériau qui présente un faible coefficient de frottement et une très grande résistance à l'usure. Plus de six siècles après sa conception, la fusée-chaîne n'a pas encore dit son dernier mot.

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