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Van Cleef & Arpels - Interview de Nicolas Bos

Van Cleef & Arpels Interview de Nicolas Bos

Le CEO de Van Cleef & Arpels se confie sur le charme pragmatique de l’artisanat.

À travers son double rôle de CEO et de Directeur artistique de Van Cleef & Arpels, Nicolas Bos soutient depuis longtemps l’artisanat. Chargé de superviser la création de la spectaculaire gamme de montres joaillières et de complications poétiques produite par la Maison. M. Bos s’engage à préserver les techniques traditionnelles, tout en intégrant les nouvelles technologies dans les ateliers de Van Cleef & Arpels.  

Début juillet, le joaillier à l’univers chargé d’histoires enrichira ses collections d’une extraordinaire nouvelle montre de haute joaillerie, dont la présentation est attendue pendant la Fashion Week de Paris, tandis qu’une nouvelle pièce à complication sera dévoilée cet automne, en marge d’une importante « exposition du patrimoine » qui se tiendra plus tard dans l’année au Palais royal de Milan. 

Tout en faisant preuve d’une extrême discrétion concernant les nombreuses surprises qu’il nous réserve pour ces prochains mois, M. Bos se confie sur son engagement à préserver le savoir-faire unique de Van Cleef, son investissement dans la formation et la façon dont la Maison s’y prend pour attirer de nouveaux talents vers les métiers manuels. 

À une époque où certaines traditions artisanales tendent à se perdre, comment qualifiez-vous le contexte d’embauche des artisans ?
Le contexte actuel pour recruter des personnes talentueuses est différent de ce qu’il était il y a environ 20. Je dirais qu’aujourd’hui, les conditions sont plutôt favorables. Deux décennies plus tôt, nous étions confrontés à de réels problèmes avec des artisans vieillissants dont les postes n’ont pas été repourvus. Aujourd’hui, je dirais que trouver des artisans pour nos ateliers n’est plus un problème, grâce au travail effectué au fil des années par les Maisons de luxe, les écoles et de nombreuses initiatives publiques en France, qui ensemble ont grandement contribué à changer le contexte. Je constate cependant que, dans les ateliers, une génération sépare les artisans expérimentés âgés d’une quarantaine ou cinquantaine d’années et la nouvelle génération âgée de vingt à trente ans, un écart qui correspond à une période durant laquelle la formation faisait défaut et l’embauche était faible. Néanmoins, la nouvelle génération est forte, hautement qualifiée, motivée et bien formée. 

À quels facteurs attribuez-vous le regain d’intérêt actuel pour les métiers manuels ? 
Je pense que beaucoup de jeunes d’aujourd’hui sont intéressés par un travail à caractère manuel doté d’une dimension artistique, avant tout en raison des nombreux nouveaux programmes qui soutiennent les apprentissages. Il fut un temps où le système éducatif, en particulier en France, ne promouvait pas une orientation « manuelle ». Ceux qui prenaient la voie de l’artisanat étaient principalement des décrocheurs de l’école secondaire qui se tournaient par défaut vers des métiers manuels. Ce n’était pas par choix et une faible réputation était associée à une telle orientation. Aujourd’hui, de nombreux jeunes disposant d’un parcours académique « normal » se tournent en effet vers l’artisanat avec une véritable motivation. Bien que d’autres choix s’offrent à eux, ils décident en toute connaissance de cause d’emprunter la voie de l’artisanat. Nombreux sont ceux qui s’adressent à nous avec des compétences extrêmement développées, tant en termes de nouvelles technologies que d’artisanat traditionnel : ils savent utiliser un ordinateur, mais sont aussi capables de travailler le métal à la main. 

Qu’a réalisé Van Cleef & Arpels pour promouvoir l’artisanat ? 
Nous avons fait de la formation notre priorité au sein de notre atelier parisien, où nous employons à ce jour 50 artisans. Aujourd’hui, comme notre objectif est de transmettre notre savoir-faire et nos connaissances, l’apprentissage est notre première priorité. Il y a quinze ans, il nous importait davantage de remplir nos objectifs de production et de respecter les délais. Alors que la productivité demeure essentielle, nous allouons désormais d’importantes ressources à la formation et à la transmission du savoir-faire. Certains de nos experts les plus qualifiés enseignent à présent au sein de notre École des Arts Joailliers. Dans l’atelier, nous nous assurons également que les jeunes membres de l’équipe collaborent avec des artisans expérimentés sur des pièces compliquées, de sorte à ce que l’apprenti puisse apprendre par le biais d’une véritable expérience pratique. Nous cherchons aussi à maintenir un équilibre entre l’artisanat traditionnel et les nouvelles technologies, tant au niveau de la production que de la formation. Nous veillons à ce que nos artisans spécialisés dans les techniques traditionnelles bénéficient également d’une formation technologique. Tous ces éléments font désormais partie de notre culture d’entreprise. 

Quelle relation entretenez-vous avec les écoles qui forment les artisans ? 
Nous sommes activement engagés auprès des écoles locales à Paris. Nous offrons aux étudiants de l’École Boulle [une école supérieure d’arts appliqués] un accès gratuit aux cours de gemmologie de L’École, ordinairement payants pour le tout public. Nous soutenons la Haute École de Joaillerie à Paris, qui sert de charnière principale d’un écosystème mondial, en parrainant des promotions entières. C’est quelque chose que d’autres Maisons ont aussi fait. Cela montre qu’en dépit du fait que nous sommes concurrents, nous tirons tous à la même corde lorsqu’il est question de soutenir la formation.  

À votre avis, pourquoi les « arts appliqués » attirent-ils aujourd’hui davantage les jeunes ?
Nous assistons aujourd’hui à un rééquilibrage des intérêts. De nos jours, beaucoup de gens n’envisagent pas de passer leur vie entière derrière un bureau à réaliser des tâches administratives et que les métiers de type « costard-cravate » ne sont pas nécessairement épanouissants ou satisfont le vrai sens de leur vie. Un « cercle vertueux » et un écosystème fort, de nature très pragmatique, entourent aujourd’hui l’artisanat. Cela ne s’apparente en rien à une tendance « néo-hippie » ou à l’idée de promouvoir la dimension mystique de l’artisanat à travers la loupe de « L’art et l’artisanat de William Morris ». Il est question de développer des compétences réelles, de partager son savoir et d’aider les ateliers. Chez Van Cleef & Arpels, nous voulons garantir que l’artisanat est une option viable au cœur de laquelle on peut bien gagner sa vie. C’est aussi ce que promeuvent de nombreuses autres institutions, telles que la Fondation Michelangelo avec Homo Faber, la Fondation Bettencourt-Schueller ou le Comité Colbert. Aucun programme politique ne soutient l’artisanat. Il s’agit d’une approche « terre-à-terre » visant à créer de véritables emplois avec un important attrait et je pense que tout cela est très sain.

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