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Baselworld 2019 - Interview de Michel Loris-Melikoff, Directeur Général

Baselworld 2019 Interview de Michel Loris-Melikoff, Directeur Général

En cette semaine marquée par des annonces contrastées, nous nous sommes entretenus avec le Directeur Général de Baselworld concernant l’avenir du Salon.

Comme l’an dernier lorsque le Swatch Group avait annoncé qu’il quitterait Baselworld, le communiqué de presse informant de l’absence de Breitling l’an prochain a été publié un dimanche matin tôt. Certains pourraient dire que c’est la façon idéale pour tenter d’enterrer les mauvaises nouvelles. Mais les nouvelles n’étaient pas complètement mauvaises, puisque l’annonce a coïncidé avec la confirmation que Rolex, la marque horlogère la plus réputée au monde et la plus connue, accroîtra sa présence lors de la prochaine édition du Salon et allouera un tout nouvel espace à sa marque sœur Tudor. WorldTempus s’est entretenu avec le Directeur Général de Baselworld, Michel Loris-Melikoff, sur les implications pour l’avenir du Salon.

M. Loris-Melikoff, les gens semblent obnubilés par l’aspect négatif de votre récente annonce (le fait que Breitling part), mais qu’en est-il des bonnes nouvelles concernant Rolex et Tudor ?
En effet, je pense que c’est un signal très fort. Rolex est la première marque à effectuer une annonce de manière aussi claire et elle m’a autorisé à informer les médias en conséquence. Mais d’autres suivront. Nous sommes en discussion avec environ 30 marques qui avaient quitté Baselworld, mais qui ont pris contact avec nous en vue de revenir au Salon, ce qui est également très positif. 

Nous entendons beaucoup parler d’expérience, que ce soit de vous qui représentez Baselworld ou des autres marques. Baselworld n’est-il pas le meilleur endroit pour offrir aux clients et aux visiteurs la meilleure expérience qui soit en termes de multi-marques ?
Mon travail consiste à tenter de rassembler les marques et à leur offrir une plateforme solide. C’est la raison pour laquelle je souhaitais coordonner les dates du SIHH et de Baselworld. Mais il existe d’autres façons de rassembler les marques et il y a d’autres événements que nous devrions essayer d’intégrer dans notre calendrier pour que ces deux semaines en avril soient celles durant lesquelles l’ensemble de l’industrie horlogère et joaillère se donne rendez-vous en Suisse.

Lors de la conférence de presse de clôture de Baselworld cette année, nous avons découvert le slogan « Baselworld goes global » [ndlr : « Baselworld devient mondial »]. Pourriez-vous nous en dire davantage sur vos projets spécifiques réunis sous ce slogan ?
Je vais très prochainement commencer à parcourir le monde… La réputation de Baselworld est suffisamment forte pour que nous puissions l’exporter au-delà des frontières de la ville de Bâle. Nous jouissons déjà d’une forte présence à Miami et à Hong Kong grâce à Art Basel et nous avons déjà des équipes sur place. La croissance des industries horlogères et joaillères s’avère être la plus forte dans les pays asiatiques, c’est pourquoi, à l’instar des marques elles-mêmes, Baselworld va commencer à se pencher sur ces marchés et effectuera quelques annonces dans ce sens au cours des prochains mois.

À l’échelle locale de la ville de Bâle, de nombreuses marques horlogères sont présentes dans la ville mais pas à Baselworld. Comment pouvez-vous lutter contre ce problème ?
Avant tout, lorsqu’un événement est confronté à du marketing insidieux, nous devons nous rendre à l’évidence que l’événement est un succès. Je suis donc convaincu que la présence de marques dans les hôtels environnants est un signe que Baselworld a toujours sa place dans l’industrie et que ces marques veulent profiter de Baselworld, ce qui est plutôt positif.

Nous devons, cependant, chercher à comprendre pourquoi ces marques préfèrent réserver ces espaces dans les hôtels, plutôt que d’avoir un stand à Baselworld. Il faut tenir compte de deux choses : d’une part, notre relation avec les hôtels et leur volonté d’accepter ces marques. D’une certaine manière, ils ont une influence négative sur nos ventes, bien que nous leur permettons de faire du profit ! Nous devons donc trouver des solutions ensemble. D’autre part, nous avons constaté cette année certains cas d’hôtels qui ont accueilli des marques qui auraient présenté des versions contrefaites de montres appartenant à des exposants de Baselworld ! Nous avons une base juridique en vigueur pour lutter contre cela au sein de Baselworld, mais si une marque expose en dehors du Salon et que nous en avons connaissance, nous sommes tenus d’en informer la police. Dans de tels cas de figure, l’hôtel encourt le risque de devenir une plateforme pour le commerce illégal. Malheureusement, les hôtels ne disposent pas des connaissances nécessaires pour déterminer si les clients sont légitimes ou non. 

Qu’en est-il des différences de prix entre les hôtels et un stand à Baselworld ?
Évidemment, il y a une différence de prix considérable, mais il y a aussi des hôtels qui louent leurs espaces à des prix qui vont bien au-delà de l’accord-cadre que nous avions conclu l’an dernier avec nos partenaires hôteliers. Là encore, nous devons trouver des solutions pour attirer ces marques. Avec l’incubateur que nous avons lancé cette année, de nombreuses marques ont constaté que nous pouvions proposer des formules intéressantes aux petites marques pour qu’elles puissent faire leurs premiers pas à Baselworld.

L’incubateur semble avoir rencontré un succès retentissant. Envisagez-vous de l’agrandir l’an prochain ?        
Oui, bien sûr. Mais nous ne voulons pas non plus des milliers d’exposants dans l’incubateur ! Nous avons prévu de l’étendre également à la joaillerie et aux pierres précieuses.

Quelles seront pour vous les prochaines étapes majeures en dehors de votre tour du monde ?   
Nous allons débuter nos ventes beaucoup plus tôt cette année, car l’an dernier nous les avions ouvertes seulement après mon arrivée, à savoir début juillet, et nous avons amorcé nos négociations avec les exposants en septembre et octobre. J’ai désormais un directeur des ventes, alors nous pouvons nous répartir les tâches et je peux me concentrer sur d’autres missions, telles que le secteur des pierres précieuses.

Avez-vous un objectif concernant le nombre d’exposants l’an prochain ?    
Plus que cette année ! [Rires] Plus sérieusement, mon objectif se situe entre 600 et 700 exposants. Je pense que c’est une prévision raisonnable.

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