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Laurent Lecamp - C’était comment dans mille ans

Laurent Lecamp C’était comment dans mille ans

Quels liens entre un ryokan japonais, le joaillier indien Surana et le calibre El Primero de Zenith ? Les valeurs transgénérationnelles d’un ADN durable.

Prendre le temps d’écrire un livre entre deux courses à pied et trois avions pour visiter les détaillants du monde entier, voilà qui n’est pas habituel dans l’horlogerie. Vice-Président Exécutif Ventes de Carl F. Bucherer, Laurent Lecamp n’en est pourtant pas à son coup d’essai. Si cet ouvrage a nécessité 18 mois d’enquête et réflexion, et s’impose comme le premier qu’il rédige en solo, son palmarès littéraire comprend déjà plusieurs livres en tant que co-auteur et publications académiques, notamment The Independent Luxury en 2015 sélectionné par The New York Times International Edition parmi les trois ouvrages de référence sur la stratégie dans le luxe. Quelle fut sa motivation pour ce traité aussi captivant qu’original et illustré de manière ludique et pertinente ? « De nombreux voyages en Europe, au Japon, en Inde, ..., la visite de nombreuses entreprises, la volonté de comprendre les secrets de leur durabilité ainsi que les enjeux, les défis auxquels elles sont confrontées… » lâche Laurent en se remémorant ses déplacements,  au cours desquels il a pu recueillir des informations le plus souvent transmises d’une génération à l’autre et peu accessibles aux lecteurs, même à ceux de la presse spécialisée. Paru en anglais et français, « How Was It in a Thousand Years? A Concise guide to the Art of Enduring in Business with illustrations » peut être commandé ici.

 

C’était comment dans mille ans

© Laurent Lecamp

Jeune de 1300 ans

L’idée de cet ouvrage germe avec la découverte, au Japon, d’un ryokan (auberge traditionnelle) vieux de plus de 1300 ans, qui aujourd’hui est toujours dans le giron familial, fidèle à son activité d’antan. Une telle durabilité ne peut que surprendre à une époque qui, comme la nôtre, privilégie vitesse et changement. Encore plus étonnant : le monde du digital est complètement étranger à cette entreprise millénaire…Comme quoi il est possible de durer sans être hyper connecté. Fort de cette première découverte, l’auteur s’est alors mis en quête d’autres entreprises qui sont parvenues à durer dans le temps tout en conservant leur cœur de métier, restant fidèles à leurs valeurs. Il a pu ainsi rencontrer l’un des plus anciens joailliers d’Inde, Surana, une entreprise familiale qui exerce la même activité depuis 1735 en appliquant des préceptes tout aussi étonnants qu’efficaces. La génération actuelle croit en la nécessité de faire des erreurs pour progresser. Aucune décision n’est prise sans évoquer au préalable si celle-ci sera porteuse ou non pour les générations futures. Pas de vision trimestrielle pour plaire aux actionnaires…Ici chaque pierre de l’édifice est soupesée à partir d’une vision prospective de l’édifice final. 

Le sauveur de Zenith ?

L’auteur s’est également intéressé plus particulièrement aux personnes qui portent ces sociétés, à ces chefs d’entreprise, à ces bâtisseurs ambitieux, audacieux qui veulent aller au bout de leur projet. Charles Vermot en est un exemple éloquent : ancien chef de production chez Zenith (horlogerie), en Suisse, il a cru au mouvement mécanique de la marque créé en 1969, le El Primero, alors même que le management le vouait aux gémonies du fait du développement fulgurant des montres à quartz dans les années 70. Charles Vermot a dissimulé plans et outils de production pendant près de dix années, convaincu que le mouvement mécanique El Primero reviendrait au goût du jour…et bien lui en a pris. C’est grâce à lui que ce mouvement est devenu aujourd’hui l’une des grandes références mécaniques de l’horlogerie suisse. 

La clé de la durabilité

Cet ouvrage propose par ailleurs à ses lecteurs de nombreux exemples atypiques et méconnus du grand public, alternant réussites et échecs, dûs essentiellement au manque de vision à long terme et à des raisonnements privilégiant le profit à court terme. 

L’auteur termine son ouvrage par la philosophie RYOAN-JI, une approche métaphorique magique qui nous aide à nous situer dans le monde qui nous entoure. En dépit de ses efforts pour embrasser la totalité, l’homme se heurterait constamment au manque, renvoyé sans fin à son incomplétude, au défaut de son entreprise : mais ne serait-ce pas précisément ce manque qui nous rendrait disponible et capable d’imaginer, de concevoir des solutions, des constructions nouvelles, des relectures ou des prolongements de l’architecture existante ? Et si ce manque était la clé de la durabilité ?